Pour défendre le service public, s’attaquer aux vrais privilégiés: les super-riches!
Une nouvelle journée de grève a commencé pour la fonction publique genevoise, ce mercredi 2 décembre 2015. Dès 10 heures, une manifestation réunira les grévistes sur l’Esplanade de l’hôpital. Le cortège se rendra ensuite sous les fenêtres du Conseil d’Etat genevois. Jusqu’à aujourd’hui, le Conseil d’Etat a insisté sur la «nécessité» de réduire de 5% les dépenses en personnel de l’Etat, alors que la population genevoise augmente. Dans les assemblées générales du personnel, les salarié·e·s témoignent des impacts dramatiques que ces coupes auraient sur le social, l’éducation, la santé, et d’autres secteurs indispensables au vivre-ensemble dans une société.
Alors que certaines personnes journalistes et dessinatrices obséquieuses se défoulent – à l’image de celles de La Liberté d’aujourd’hui qui titre en Une: «Ils s’accrochent à leurs acquis», tentant de jouer à nouveau sur le mythe du «fonctionnaire privilégié» –, il est intéressant de se pencher sur la situation des vrais privilégiés en Suisse. Les grandes familles super-riches qui peuplent ce paradis fiscal. En 2015, les 300 plus riches sélectionné·e·s par Bilan cumulaient une fortune totale de près de 600 milliards de francs. Et si le magazine comptabilise au moins 10 départ de super-riches (la porte d’entrée au classement se situe à 100 millions de francs), elle comptabilise aussi 17 entrées dans son classement.
Chez les grandes fortunes accumulées en Suisse, le panorama général est donc plutôt – contraste avec un monde en crise – celui d’une stabilité dans l’opulence. Une part non négligeable de ces super-riches sont établi·e·s dans le canton de Genève – si certain·e·s y profitent du système d’imposition à la dépense, toutes et tous ont été largement favorisé·e·s par les cadeaux fiscaux qui se sont succédé dans le canton ces dernières années – au point de créer un manque à gagner de 1,2 milliard de francs annuels dans les caisses du canton. Les super-riches, dont la majorité sont des actionnaires, attendent aussi beaucoup du troisième volet de la réforme de l’imposition des entreprises (RIE3), qui leur permettra de toucher des dividendes encore plus élevés.
Un constat s’impose donc: pour financer une nécessaire extension du service public, ce sont les vrai·e·s privilégié·e·s, qui ont nom et adresse, qu’il faut taxer. Pas les salarié·e·s et la population! Nos gouvernant·e·s ont une toute autre vision des choses: ceinture sur les services publics et leurs prestations, et pourquoi pas hausse des impôts sur la population (les super-riches étant protégé·e·s par leurs forfaits fiscaux ou leurs boucliers fiscaux); voilà à quoi risque d’aboutir cette RIE3!
Guy Zurkinden
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