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Changer le système, pas le climat!

2 décembre 2015 • Ecosocialisme

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Le scandale de la multinationale Volkswagen vient confirmer une nouvelle fois deux arguments déterminants en faveur d’une écologie radicale et conséquente:

- Il n’y a pas de solution purement technologique aux nuisances environnementales. Les capitalistes sont prêts à utiliser tous les moyens en leur possession, y compris la tricherie à l’échelle mondiale, pour réduire leurs coûts et augmenter leurs profits. Le fait qu’une compagnie comme VW pratique ces fraudes et ces mensonges est révélateur.

- Aucun groupe capitaliste n’est digne de confiance. Les capitalistes veulent gagner des marchés existants ou en créer de nouveaux à tout prix.

Ce système est basé sur la fabrication sans cesse croissante de marchandises pour des marchés solvables dans un contexte de concurrence sauvage. Cela engendre une augmentation des capacités de production et une exploitation accrue des ressources naturelles. Dans le but de combattre la faim et la misère dans le monde? Nullement. Les pauvres ne sont pas du tout «intéressant·e·s» d’un point de vue capitaliste.

Alors pourquoi produire toujours plus? Pour répondre à l’inépuisable soif de bénéfices des actionnaires et des patrons. Les milliards accumulés ne suffiront jamais à mettre un frein au pillage des matières premières et à l’exploitation de la force de travail. La faim, la misère, la précarité et le chômage ne cessent de s’étendre. Cette contradiction montre à quel point cette société a failli à respecter la majorité de ses habitant·e·s et à préserver l’environnement végétal et animal.

Les changements climatiques sont intrinsèquement liés au capitalisme

A part quelques «climato-sceptiques» rétribués par les multinationales, plus personne, dans le monde scientifique, ne conteste l’origine humaine du réchauffement planétaire. Plus précisément, nous pouvons dire qu’il est le résultat des nombreuses aberrations écologiques engendrées par le productivisme et la course aux profits:

- Plutôt que de développer les transports publics, les compagnies automobiles avancent la voiture «verte» (diesel ou électrique).

- Au lieu de favoriser une agriculture de proximité, les groupes multinationaux importent massivement depuis d’autres pays.

- Plutôt que de soutenir une production d’énergie décentralisée, les grandes compagnies investissent dans des projets de méga-centrales, y compris nucléaires.

- Le matraquage publicitaire conditionne massivement les comportements et pousse à la surconsommation.

Le problème n’est pas technique, mais politique!

Les précédents sommets du type COP21 ont accumulé les promesses non-tenues, les objectifs irréalistes et les absurdités écologiques, comme la bourse des émissions de carbone. Cette situation est d’autant plus révoltante que des technologies alternatives sont déjà connues et disponibles! Dans le domaine énergétique, les sources solaires, éoliennes, hydrauliques et marémotrices sont largement suffisantes pour se passer des centrales thermiques et nucléaires. Mais développer ces techniques au point de les voir substituer entièrement les énergies fossiles implique un choix politique: donner la priorité à la satisfaction des besoins humains, sur celle des profits capitalistes. Actuellement, les compagnies privées, la centralisation des décisions dans les mains d’une minorité, et les structures étatiques en place sont les principaux obstacles à un changement d’économie et de consommation.

Pour une société éco-socialiste

Les solutions alternatives de production écologiques et de rapports non marchands déjà existantes ne peuvent rester des niches: elles doivent être généralisées à l’échelle des pays, puis de la planète. Pour atteindre cet objectif, il s’agit de sortir du cadre capitaliste, qui ne peut être adapté ni régulé. Nous devons donc viser un système de propriété collective des principaux moyens de production et d’échange, la décentralisation des prises de décision, et la multiplicité des sources d’énergie. L’abolition des relations marchandes signifie aussi favoriser la durabilité, le temps libre, la socialisation des biens et des connaissances.

Par une démocratie étendue, l’économie doit être réorientée pour répondre besoins vitaux de l’humanité: logement, santé, éducation, alimentation, culture. C’est le seul moyen d’assurer une production socialement utile et durable, accompagnée de bonnes conditions de travail et d’un respect des ressources naturelles. Pour abolir l’oppression et l’exploitation, pour abolir le profit comme moteur de la société et le remplacer par une cohabitation harmonieuse et respectueuse de l’environnement et de la diversité naturelle et humaine.

Ce texte figure dans notre tract en lien avec le Sommet sur le climat (COP21) ayant début décembre à Paris.

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