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COP 21: Le réchauffement climatique laisse les pollueurs froids!

4 novembre 2015 • Ecosocialisme

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«Sommet sur le climat. Impasse assurée» annoncions-nous au début de cette année dans un article (à lire ici). Dans le dernier rapport des Nations Unies dressant le bilan des engagements nationaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) que 155 pays ont déposé en vue du sommet COP 21 à Paris, le pronostic est sans équivoque: ces engagements ne permettent pas de respecter l’objectif de maintenir le réchauffement planétaire dans une marge de +2°C. Au contraire, en l’état actuel des engagements les prévisions conduisent vers un réchauffement proche de +3°C.

Ce diagnostic est partagé par la fondation Nicolas Hulot, qui tient un tableau de bord des engagements promis par les pays. L’écart avec l’objectif de +2°C est donc manifeste et illustre parfaitement l’incapacité dans laquelle se trouvent les plus grands pollueurs de la terre de modifier substantiellement leur comportement.

Les profits avant toute autre considération

Cette incapacité ne résulte pas pour l’essentiel d’une incompétence ou de mauvaises connaissances. Ce résultat est le fruit des mécanismes économiques et marchands du système capitaliste fonctionnant dans tous les pays, et plus particulièrement dans les grandes puissances économiques du G20, qui sont responsables des trois quarts des émissions de GES. Ce résultat révèle aussi le fossé entre les grandes déclarations écologiques et l’effort réellement consacré.

Dans ces pays, les puissances des groupes économiques et des multinationales ne sont pas prêtes à sacrifier les profits pour leurs actionnaires pour les bienfaits de l’humanité. La recherche de la croissance de la production marchande et de la consommation de masse est une absolue nécessité dans les économies capitalistes, dominées par les rapports marchands et la concurrence. Les mises en garde, les rapports d’experts sur les effets de cette surconsommation sur le climat et les conséquences prévisibles pour les populations humaines n’ont pas l’air d’affecter les adeptes du dogme de la croissance et des profits à tout prix. L’extraction des matières premières et leur transformation en marchandises continuent d’obéir principalement aux règles du marché et du profit.

Catastrophe écologique et sociale

Pourquoi s’alarmer pour une différence de seulement 1°C? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord l’objectif d’une limite du réchauffement de +2°C était déjà perçu par une majorité de scientifiques comme une limite dangereuse, le principe de précaution justifiait plutôt une limite de 1.5°C. Avec le doublement de cette limite, nous entrons dans une zone où des phénomènes irréversibles pourraient se produire et se transformer en catastrophes écologiques et sociales. La montée du niveau des océans, la fonte des glaciers et des calottes polaires, la désertification, voilà quelques une des conséquences qui pourraient modifier les conditions climatiques et les conditions de vie de centaines de millions de personnes. Car à partir d’un certain niveau de réchauffement, les prévisions deviennent plus hasardeuses.

A celles et ceux qui doutaient encore du réchauffement climatique global, les statistiques de l’Organisation météorologique mondiale apportent des faits indiscutables. «Quatorze des quinze années les plus chaudes jamais mesurées appartiennent au XXIème siècle… Il n’y pas de pause dans le réchauffement». Ce phénomène est global, mais les effets locaux peuvent être totalement opposés.

Le réchauffement global modifie le régime des vents, des courants marins et des précipitations, et la fonte des glaces. Ce ne sont pas des phénomènes contradictoires, mais les effets multiples d’un même mécanisme général. La moyenne de 2014 est un demi degré plus élevée que la moyenne entre 1961 et 1990. La tendance est donc indiscutable.

L’escroquerie du nucléaire

La réduction des émissions de GES peut justifier la construction de nouvelles centrales nucléaires et rallonger l’exploitation des existantes. C’est un des projets de l’Inde, gros consommateur de charbon. Ce choix pourrait aussi être celui de la Chine, qui s’est publiquement engagée à réduire ses GES à partir de 2025. C’est une escroquerie! Cette issue augmente le danger d’un grave accident et surtout elle continue à produire de grandes quantités de déchets nucléaires hautement radioactifs. Cette option constitue donc une erreur lourde de conséquences. L’héritage actuel des déchets hautement radioactifs représente déjà une gageure irrésoluble, puisque leur toxicité mortelle peut s’étendre sur des centaines, voire des milliers d’années. Quel cadeau pour les futures générations!

Mettre fin à la gabegie capitaliste!

Les appels à la raison ont été jusqu’ici totalement ignorés. Les tentatives de régulation se voient toujours limitées par le pouvoir des compagnies capitalistes, qui favorisent encore et toujours le profit à court terme.

Cette contradiction ne peut se résoudre que par une appropriation complète des principaux moyens de production afin d’introduire trois éléments essentiels dans les décisions: la démocratie, la planification et la décentralisation.

Une issue ecosocialiste est nécessaire

Il apparaît plus clairement qu’une puissante action publique et citoyenne doit s’exercer sur les rapports de production. Laisser entre les mains de quelques conseils d’administration les leviers de la production industrielle et énergétique n’est pas pensable. Un·e habitant·e, une voix: tel doit être le principe à mettre en œuvre pour mettre fin à la toute puissance des conseils d’administration et permettre de maîtriser notre futur.

L’avis d’experts et expertes n’est pas suffisant. La planification doit permettre d’avoir une vue d’ensemble des besoins et des ressources à disposition. Une planification démocratique est nécessaire simplement à cause des inégalités naturelles. Le degré et l’étendue de cette planification dépend évidement du type de décision. Elle est inutile pour la création de jardins potagers. Elle devient indispensable pour la gestion de l’eau naturelle. Des régions, voire des pays ne peuvent décider seuls de sa consommation et de son utilisation.

La décentralisation devrait permettre de réaliser aux plus près des conditions concrètes et avec le meilleur contrôle les projets décidés, voire de les corriger et de les adapter rapidement.

Ces trois composantes ne sont pas concevables comme une immense machine administrative et bureaucratique, mais comme l’implication et la participation active d’une majorité de la population aux différentes étapes des projets énergétiques.

La problématique des effets climatiques doit être posée autrement qu’avec un chiffre global limitant le réchauffement, en s’interrogeant sur la finalité et le sens de la production marchande et de la consommation énergétique, afin de construire une nouvelle société.

José Sanchez

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