Menu

L’UDC râle, le PSN censure

29 mars 2016 • Antiracisme, Migration, Suisse

Share Button

Même s’il n’est plus Conseiller d’Etat, le nouveau président de l’UDC neuchâteloise Yvan Perrin garde un fort pouvoir d’influence.

Sa curiosité toute policière l’avait amené à s’intéresser à une exposition itinérante à l’occasion de la semaine contre le racisme et destinée à servir de support pédagogique dans les écoles du canton. Débarquant dans le collège de la Longereuse à Fleurier, alors que manifestement sa présence n’y est pas justifiée et qu’il n’a pas été spécialement invité, notre ancien inspecteur de police est choqué par quelques dessins de presse qui égratignent son grand parti. Alors Perrin n’hésite pas. Comme un bon vieux temps, il envoie un SMS à la conseillère d’Etat en charge de l’instruction publique, en l’occurrence la socialiste Mme Maire-Hefti. Touchée par l’argumentation de notre consultant en sécurité, Mme Maire-Hefti ordonne le retrait immédiat des dessins incriminés, soit 8 croquis sur la cinquantaine de planches, tous signés de plumes illustres, qui sévissent aussi dans d’autres médias comme le très gauchiste quotidien «Le Temps».

La «sensibilité» neuchâteloise, aussi bien à droite qu’à gauche a donc censuré allégrement et gaillardement des dessins et des caricatures. Tous des «Charlie»? S’exprimant dans les médias, les commentaires de nos deux acteurs ne laissent place à aucun remords ni à aucun doute. Pour paraphraser Georges Orwell, «La liberté, c’est la censure» pour nos deux politiciens.

L’exposition intitulée «La Suisse, terre d’accueil, el dorado ou paradis perdu?» est née à Sion en 2014 dans le cadre d’actions de la ville contre le racisme, à l’initiative de Pro Juventute, association qui n’est connue pour ses penchants anarchistes. Cette exposition avait pourtant tourné déjà dans plusieurs cantons (Valais, Vaud, Fribourg) sans provoquer de remous publics et des appels à la censure. Et pourtant ce sont des terres où l’UDC maintient de solides bastions.

Cette censure a passé comme une lettre à la poste ou comme un SMS chez Swisscom. Le plus naturellement du monde.

La susceptibilité de M. Perrin n’a d’égal que la faiblesse de Mme Maire-Hefti. Elle n’a pas voulu «donner complètement tort» à Yvan Perrin. Par la même, elle a complètement désavoué les responsables des services cantonaux des migrations et de la cohésion multiculturelle, qui avaient mis à disposition l’exposition, et aussi désavoué les autorités scolaires du Val-de-Travers. Le directeur du Cercle scolaire se déclare «surpris» par cette décision. Visiblement Mme Maire-Hefti dans son empressement n’a pas consulté beaucoup de monde.

Il faut dire que le passage de cette exposition en terre neuchâteloise avait irrité d’autres autorités scolaires. A Colombier, au Centre professionnel des métiers du bâtiment, le directeur de cette école publique avait retiré de son propre chef les dessins visant les partis politiques. Cela n’a rien à voir avec de la censure, il s’agit certainement d’éducation civique.

José Sanchez

Share Button

Publications similaires

Les commentaires sont fermés.

« »