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Mobilisations à Neuchâtel : ce n’est qu’un début

14 décembre 2014 • Suisse

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A Neuchâtel, le personnel des services publics se mobilise et n’entend pas se laisser mener en bateau par le gouvernement, fût-il à majorité de « gauche ». Le 2 décembre dernier, plus de 500 de manifestants ont conflué vers le Château de Neuchâtel pour faire entendre leur colère au gouvernement. A cette occasion, notre camarade José Sanchez, a prononcé le discours que nous reproduisons ci-dessous.

La liste des péjorations que nous avons vécu dans les services de l’Etat est déjà très longue. Outre les différentes baisses de salaires (appelées « contributions de solidarité ») et les blocages salariaux des échelons, qui sont tout sauf automatiques, nous avons subi d’autres mesures : réduction de 10% de la masse salariale durant la législature de M. Studer, délais de carence et non remplacement automatique des départs, restructuration de services.

L’Etat de Neuchâtel fait aussi un usage intensif des personnes au chômage, pour les utiliser comme bouche-trous dans le fonctionnement courant de services. Cela permet de masquer les conséquences des mesures d’économies, cette « flexibilité » est porteuse de précarité et elle participe au mouvement général de péjoration des conditions de travail.

Ainsi pour le seul mois de décembre 2014, une trentaine de nouvelles personnes ont été engagées. Pourquoi ? Parce qu’un nombre équivalent de « stagiaires» (c’est ainsi qu’il sont désignés) ont vu leur contrat à durée déterminée prendre fin. Et ce ne sont pas des circonstances exceptionnelles qui justifient ces pratiques, comme la décoration des sapins de Noël dans les salles de pause. C’est le fonctionnement permanent. Voilà où nous conduisent les dogmes des économies à tout prix. Car nous touchons là le cœur du problème.

Pourquoi d’autres cantons autrement plus riches et plus forts que le canton de Neuchâtel pratiquent aussi le « massacre à la tronçonneuse » ? Pourquoi des cantons comme Berne et Genève alignent aussi les plans d’économies et de licenciements dans l’éducation et la santé ? La réponse est toujours la même, comme à Neuchâtel d’ailleurs. Les réformes fiscales pour les entreprises et pour les hauts revenus ont creusé les sillons des déficits aujourd’hui présentés comme « structurels ». Baisser les impôts n’est en rien structurel, mais cela justifie ensuite les recherches d’économies. Par dogme, pour affaiblir le service public et réduire les prestations sociales et éducatives, toujours présentées comme des coûts. Quels sont les fondements pour demander 160 millions d’économies supplémentaires à Neuchâtel, sinon le dogme libéral du « moins d’Etat » ? Nous devons garder ces repères pour construire et continuer notre mouvement de protestation.

Tout comme nos camarades des TPG à Genève, qui ont su déclencher bien à l’avance une grève pour s’opposer aux licenciements et aux péjorations des conditions de travail. Cette action courageuse a donné un avantage inespéré aux employés des TPG. Alors qu’il semblait que tout était joué, leur mouvement massif de grève totale le 19 novembre a complètement modifié la donne en leur faveur. Ce mouvement a aussi permis de réveiller le reste de la fonction publique et montrer que la lutte reste une issue possible et une solution d’espoir.

A Genève encore, nos collègues du service cantonal de l’emploi ont réussi par une lutte très serrée et intransigeante à réduire le nombre de cas à traiter par employé et à forcer les chefs à s’y mettre aussi et à réduire les contrôles internes.

C’est aussi une des conclusions que voudrions partager avec vous. Les concessions appellent d’autres concessions. Les concessions d’aujourd’hui préparent les concessions de demain. Le passé récent de nos discussions avec le CE nous l’a montré. Il n’y a pas de concession « raisonnable » Les concessions ne sont pas une preuve de force mais de faiblesse. Il est temps d’y mettre un frein. Et de préparer un calendrier de mobilisations pour 2015. Afin de dire haut et fort:

Ensemble défendons nos droits, nos salaires, nos conditions de travail !

Ensemble pour défendre la qualité des prestations publiques !

Ensemble nous sommes forts !

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