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Ouverture des commerces à Neuchâtel: tous d’accord… sauf les concernés !

Déposé par dans 25 avril 2013 – 21:43Pas de commentaire

A Neuchâtel, des vendeuses et vendeurs ont lancé un référendum contre la nouvelle Loi sur les ouvertures des commerces du canton (voir Unia cède, les vendeuses et vendeurs non!). Une opposition qui vient de loin, mais que Thierry Grosjean, le conseiller d’Etat en charge de ce domaine, a feint d’ignorer jusqu’ici. Car lorsqu’Unia et les patrons ont signé cette CCT en juin dernier, une pétition a été lancée pour la contester. Mais le Conseil d’Etat, le syndicat et les patrons – ces derniers sans doute ravis de trouver, au Conseil d’Etat et dans le syndicat, de tels appuis – ont passé outre ce mécontentement. Et en décembre dernier, le projet de loi est flanqué de son volet CCT, qui comprend donc une extension drastique des horaires d’ouverture. Et des salaires minimaux qui débutent à 3250 francs mensuels. Grosjean jubile: «un vrai exemple de partenariat social», «les partenaires tirent tous à le même corde» (communiqué du Conseil d’Etat du 13 décembre 2012) et on en passe. Sauf que c’est plutôt sur la corde que les partenaires tirent un peu trop. Sur celle des vendeuses et des vendeurs, qui ne s’avouent pas vaincus par cette belle unité patrons-syndicat-Conseil d’Etat et qui décident de mener la bataille.

Le parti des luttes

Reste, et ce n’est pas le plus simple, à faire aboutir ce référendum. Car si une campagne de vote devait s’ouvrir, elle donnerait l’occasion à Thierry Grosjean de répondre à quelques questions simples. Comme celle-ci: Neuchâtel est le canton qui possède le taux le plus élevé de personnes bénéficiant de l’aide sociale. Or, parmi ces personnes, un tiers ont un emploi à 100% (Le Temps, 22 avril 2013). Evidemment, il est de bon ton de s’offusquer de ce recours indécent à l’Etat-providence, de ces profiteurs qui abusent, etc. Mais la question devrait au moins interpeller la «gauche» et les syndicats: des salaires aussi bas que ceux de l’horlogerie ou de la vente, pourtant acceptés par convention collective, ne constituent-ils pas de fait des subsides cantonaux aux profits des entreprises qui paient ces salaires? Poser la question, ce n’est pas résoudre le problème. Mais c’est au moins envisager de mener la bataille avec les salariés. Ce que l’on peut attendre d’un syndicat. Ou d’un parti de gauche, qu’il se dise socialiste, anticapitaliste ou membre de n’import quelle «gauche plurielle».

Au lieu de ça, les référendaires ont vu les forces politiques du canton déserter leur camp: du PS aux Verts, du POP (sauf une section locale) à solidaritéS, tout le monde s’est rangé derrière le front Grosjean-Unia-employeurs. Ce qui laisse les référendaires seuls, ou presque – la Gauche anticapitaliste s’engage aux côtés des salariés mobilisés.

De là, une conclusion politique simple s’impose. Prenons acte des choix des uns et des autres d’abandonner les salariés qui résistent. Et construisons ensemble – celles et ceux qui se battent – le parti des luttes.

Le référendum peut être téléchargé sur: www.lrocn.sitew.ch