La position des femmes dans notre société revêt une particularité: elles sont victimes de deux systèmes d’oppression qui se conjuguent, le patriarcat et le capitalisme. Si les droits des femmes ont évolué ces dernières années grâce à la mobilisation de ces dernières, soutenues par des hommes solidaires, l’égalité entre hommes et femmes est surtout formelle et peine à se concrétiser.
Aujourd’hui encore, les femmes doivent faire face à une inégalité sur le plan salarial et dans le partage des tâches domestiques et éducatives. En Suisse, d’après les statistiques de l’OFS, 60% des femmes travaillent à temps partiel, contre 10% des hommes, et gagnent moins de 4000.– par mois. Et 30% des femmes à temps plein gagnent moins de 4000.– par mois, contre 9% des hommes.
Après une vie de labeur, si tout va bien vient la retraite. Souvent elle rime avec précarité vu le niveau des rentes; 38% des femmes retraitées ne vivent qu’avec l’AVS, deux tiers des femmes touchent le deuxième pilier avec de petites rentes et un cinquième ont un troisième pilier. La liste des inégalités est encore longue!

Où est passé notre fric?
Ceux qui détiennent les moyens de production, et celles et ceux au pouvoir qui les défendent, développent des réformes qui ne vise pas à répondre à ces nombreux besoins mais qui, au contraire, péjorent la situation non seulement des femmes mais de toutes et tous.
Si vous pensez que les seins sont des armes, comme les FEMEN, tombez le haut car le conseiller fédéral socialiste Alain Berset prépare un plan qui vise à augmenter l’âge de la retraite des femmes à 65 ans, à baisser les rentes de toutes et tous ainsi qu’à augmenter la TVA, une taxe antisociale. Comment cela est-il justifié? Le financement de l’AVS et du deuxième pilier serait en difficulté en raison, notamment, du vieillissement de la population. Mais pourquoi nous parle-t-on toujours du rapport actifs et retraités du point de vue du nombre et non pas de la capacité productive? A-t-on pris en compte l’apport des femmes, dont le taux d’activité a doublé entre 1970 et 2000, passant de 40% à 78%? Et celui de la population immigrée? Pendant ce temps, les dividendes des actionnaires augmentent: «43% des entreprises suisses proposaient d’augmenter leurs dividendes à la suite de leurs résultats 2012 (…).» (Le Temps, 22 février 2012) Au lieu de baisser les rentes de toutes et tous et d’augmenter l’âge de la retraite des femmes, nous proposons de réduire les dividendes pour augmenter les salaires des femmes et, dès lors, améliorer le financement de l’AVS.
Bientôt toutes nues?
Nous pourrions aussi tomber le bas contre la remise en cause du droit à l’avortement. L’initiative «Financer l’avortement est une affaire privée» vise à supprimer le remboursement de l’IVG par l’assurance de base. Or, l’argument du coût ne tient pas la route: l’IVG représente 0,02% des coûts de la santé. Nous ne voulons pas d’un retour en arrière avec des IVG pratiquées clandestinement. Le remboursement garantit l’accès à toutes et implique, de fait, les hommes dans le financement.
Les droits des femmes sont menacés par la gauche comme la droite, unis par le pouvoir et l’appât du gain. Participez aux activités prévues dans différentes villes. A vos banderoles pour défendre nos droits!
Article paru dans L’Anticapitaliste n°86, 28 février 2013