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Walmart : Un grand pas en avant pour la dignité ouvrière !

Déposé par dans 28 novembre 2012 – 01:31Pas de commentaire

Le 23 novembre, des grèves contre le géant de la grande surface Walmart ont eu lieu dans une centaine de villes, accompagnées d’un millier d’actions de solidarité à travers le pays.

Les salariés de Walmart ont de quoi protester, ne serait-ce que parce leur salaire moyen est de 8,81 dollars de l’heure. Un tiers d’entre eux ne travaillent que 28 heures par semaine, ce qui est une astuce de la direction pour limiter le nombre des salariés ayant droit aux prestations sociales comme l’assurance maladie. Mais ce qui apparemment est le plus ressenti par le personnel, c’est le climat oppressif entretenu par la direction, qui pratique la rétorsion contre tout salarié qui ose ne serait-ce que se plaindre de ce régime. Aucun syndicat n’a jamais réussi à s’implanter chez Walmart.

L’exploitation brutale chez Walmart n’est pas limitée aux magasins, qu’ils soient aux Etats-Unis ou dans d’autres pays. Les conditions dans les usines et ateliers où sont fabriqués les produits vendus dans les magasins sont atroces. A preuve, l’incendie qui a coûté la vie d’un moins 117 salariés le 25 novembre dans une usine au Bangladesh fabriquant des vêtements pour des sociétés occidentales, dont Walmart.

Les grévistes et leur organisation, OUR Walmart, ont choisi le Black Friday – le jour après Thanksgiving qui est traditionnellement le jour au cours duquel les magasins réalisent, dans la perspective de Noël, le plus gros chiffre d’affaires de l’année (la bourse varie d’ailleurs en fonction du volume des ventes).

Harcèlement et intimidation

Dans les jours qui ont précédé la grève, la direction de Walmart a lancé une campagne de pression et propagande pour dissuader les salariés de participer à la grève. La mobilisation a été très inégale selon les villes et les magasins. Dans certains, des dizaines d’ouvriers ont participé tandis que dans d’autres aucun travailleur n’a fait la grève ni même manifesté. Dans certaines villes la police a encadré les manifestants d’une manière menaçante. Ailleurs, les manifestants armés de pancartes ont pu investir les magasins pour y diffuser des tracts. A Chicago, 400 manifestants, dont quelques salariés de Walmart, ont circulé en autocar d’un magasin à l’autre dans une sorte de manifestation mobile.

L’organisation OUR Walmart est soutenue par le syndicat UFCW qui depuis longtemps déploie des efforts d’implantation chez Walmart. La confédération syndicale AFL-CIO semble aussi s’investir dans cette lutte malgré l’échec de ses tentatives antérieures d’implantation. Le mouvement Occupy s’est aussi mobilisé en solidarité avec les grévistes.

Dans la lutte actuelle les ouvriers revendiquent la fin du harcèlement et des intimidations contre ceux qui demandent de meilleures conditions de travail et un salaire au-dessus du seuil de pauvreté. La question de la reconnaissance du syndicat n’est pas à l’ordre de jour pour l’instant, ce qui relève d’un choix tactique à ce stade de la lutte.

Début d’une lutte prolongée?

La grande presse a beaucoup parlé de la grève. On a cité les plaintes et les revendications des salariés. Des millions de gens ont été informés des conditions de travail chez Walmart et savent que c’est pour la dignité au travail et pour des salaires suffisants pour vivre que les salariés du géant de la distribution se révoltent .

Même si la campagne d’intimidation a rendu la participation aux grèves assez modeste, les actions du Black Friday revêtent une importance certaine pour la lutte dans des secteurs aux traditions antisyndicales et aux bas salaires, qui sont une réalité du capitalisme actuel.

Article paru dans l’Anticapitaliste n°81, 30 novembre 2012