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Ministre express

12 septembre 2014 • Europe

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La crise et l’implosion dans les bureaux de l’Elysée du gouvernement Hollande a été maquillée par la déclaration d’amour de Manuel Valls aux patrons français. Un nouveau look pour l’amour ? Deux nouveaux épisodes viennent jeter une lumière plus crue sur ce « nouveau » gouvernement.

Hollande peut remercier son ancienne compagne Valérie Trierweiler pour la sortie de son livre cette semaine. Cela a couvert les errements de deux ministres et a créé une diversion inespérée.

Comptant un demi-million de chômeurs supplémentaires, le ministre du travail, François Rebsamen, se devait de prendre des mesures. L’influence du nouveau ministre de l’économie Emmanuel Macron s’est tout de suite fait sentir. « Je pense qu’il faut renforcer les contrôles… je souhaite qu’on vérifie que les chômeurs cherchent du travail » a déclaré Rebsamen. Tollé chez les syndicats. La CGT ironise : « la seule solution que trouve le gouvernement pour faire baisser la courbe du chômage est de sanctionner les demandeursd’emploi ». Même le premier secrétaire du PS Cambadélis a du se distancer, disant que ces annonces n’étaient pas pertinentes. Après les travailleurs du spectacle pas assez flexibles, des travailleurs trop chers et qui s’accrochent aux 35 heures, des chômeurs fainéants. Le PS sait choisir ses cibles.

Autre belle performance d’un nouveau ex-ministre. Le jeune Thomas Thévenoud (40 ans), un des nouveaux visages du gouvernement et nommé secrétaire d’Etat au commerce extérieur, s’est fait épingler comme mauvais contribuable. Le comble pour un proche de l’ex ministre Arnaud Montebourg. En conséquence, il a du présenter sa démission le 4 septembre. Sa ligne de défense est aussi courte que sa période ministérielle, ses nombreuses charges politiques l’empêchaient de s’occuper d’une vulgaire déclaration fiscale. Pourquoi s’embêter à remplir sa feuille d’impôts, alors que de millions d’imbéciles « sans-dents » y consentent ?

Pourtant notre négligeant était prévenu. Suite à l’affaire Cahuzac, un mécanisme de contrôle fiscal pour tous les nouveaux membres du gouvernement avait été mis en place, la confiance dans les déclarations et la parole ayant montrés leurs limites.
Selon Meadiapart, l’élu était considéré comme « défaillant » par l’administration fiscale, au vu de son retard de plusieurs années dans l’établissement de ses déclarations d’impôts

La veulerie de notre ministre stagiaire est exemplaire du double langage dans le PS et du comportement de ses élus. Thomas Thévenoud était membre de plusieurs institutions touchant aux questions fiscales. En tant que membre de la commission des finances et de la commission d’enquête mise sur pied en avril 2013 pour examiner le cas Cahuzac, il avait qualifié le comportement de ce dernier de « trahison » à l’époque, et ajoutait : « J’ai une question toute simple à lui poser : pourquoi a-t-il menti à la représentation nationale ? Pourquoi s’est-t-il menti à lui-même ? » (« Le Monde, 6.9.2026). Désormais, il aura tout loisir de se les poser à lui-même.

Comble de l’ironie, notre député et conseiller général de Saône-et-Loire, porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, était aussi membre de la mission d’information sur la fraude fiscale des personnes physique. Est-ce cette activité qui lui a inspiré ce comportement « exemplaire », tant réclamé par Hollande pour lui-même et pour ses ministres ?

José Sanchez

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