Le droit de manifester bafoué à Strasbourg
Nous reproduisons ci-dessous deux communiqués du NPA (France) et d’ATTAC - France sur l’atteinte au droit de manifester lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg et contre la répression policière à cette occasion.
Communiqué du NPA
Le NPA et Olivier Besancenot dénoncent les agissements scandaleux du préfet et de la police qui ont tout fait pour provoquer des affrontements. Ils portent l’entière responsabilité des violences.
Depuis des semaines, les autorités font tout fait pour faire échouer la mobilisation contre le sommet de l’OTAN : refus de négocier un parcours acceptable, les « anti-guerre » étant obligés de manifester dans une zone industrielle désertique à la limite de Strasbourg, hébergement des manifestant-es sur un terrain vague à 7, 5 km du départ de la manifestation, interdiction de tout cortège pour s’y rendre.
Les intimidations, provocations policières se sont multipliées avant et surtout lors de la manifestation du 4 avril. Au mépris de leur propre engagement, les autorités ont rendu l’accès au point de départ de la manifestation quasi-impossible. Le rassemblement qui devait permettre le départ de la manifestation a été bombardé de gaz lacrymogènes puis les multiples charges, durant le parcours, les tirs de flash-ball contre les manifestant-es ont blessé 150 personnes dont plusieurs militant-es du NPA.
Le NPA et Olivier Besancenot exigent la libération immédiate de tou-te-s les interpellé-es. Le pouvoir instrumentalise les violences qu’il a lui-même orchestrées pour tenter d’occulter le caractère massif de la protestation contre le sommet de l’OTAN qu’il n’a pu qu’entraver mais pas empêcher.
Ces provocations et manœuvres ne pourront tromper la population sur la nature de la politique que les grands de ce monde ont mis en place tant à Londres au G20 qu’à Strasbourg au sommet de l’OTAN.
Leur hypocrisie et leurs mensonges ne peuvent masquer le fait, que, loin de protéger les populations des conséquences dramatiques de la crise du capitalisme, ils n’ont qu’une volonté : sauver leur système en faillite, faire payer la crise aux travailleurs et aux peuples.
Le 6 avril 2009.
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Communiqué Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord concernant la manifestation anti-OTAN du 4 avril 2009.
En préambule, il doit être rappelé qu’après de très longues négociations menées avec la Préfecture par un comité, dont des représentants Attac VDN et Strasbourg faisaient partie, la préfecture avait autorisé la manifestation (sur un trajet différent de celui que nous aurions souhaité) ainsi que la jonction des militants allemands et français sur le pont de Kehl.
Pour avoir participé à la manifestation du 4/3/09, nous dénonçons vivement à travers les points suivants la violence qui a été faite aux manifestants par les forces de l’ordre et qui montre que les autorités françaises représentées par le Préfet, n’ont pas respecté leurs engagements et ont tout fait pour que la manifestation ne puisse avoir lieu.
1) la route, indiquée par la préfecture, pour permettre aux bus, voitures et piétons d’accéder au site de rassemblement de la manifestation a été bloquée par les forces de l’ordre, obligeant les manifestants pacifiques à, soit attendre pendant des heures, soit emprunter d’autres itinéraires, avec le risque de se retrouver à nouveau bloqués ou pris dans des affrontements ;
2) une fois le lieu de rassemblement atteint après un véritable « parcours du combattant », des hélicoptères ont survolé à très basse altitude le rassemblement pourtant pacifique et bon enfant, empêchant les manifestants d’entendre les prises de parole des représentants de groupes politiques, d’associations internationales… et créant une atmosphère plus qu’oppressante ;
3) des grenades lacrymogènes ont été tirées pendant les prises de parole sans la moindre justification, contraignant la manifestation à se former dans la confusion et l’urgence, permettant à des groupes violents de s’infiltrer dans le cortège ;
4) ces éléments violents ont pu passer les frontières alors que le dispositif Schengen avait été levé, soi-disant pour empêcher cela et que, par contre, des manifestants n’ont pu accéder à Strasbourg le 3 avril (conférence au Liexenbuhl sur l’OTAN) et le 4 avril, à cause des dispositifs de blocage mis en place ;
5) les forces de l’ordre ont laissé ces mêmes éléments violents, au demeurant peu nombreux, (dont le Ministère de l’Intérieur se targue pourtant de connaître les identités) détruire l’ancien poste de douane sans intervenir et ont, par contre, empêché 7000 manifestants allemands de rejoindre le rassemblement, comme convenu avec les autorités françaises et allemandes ; comment interpréter les autres destructions que les forces de l’ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n’ont pas su ( ?) empêcher ? Incompétence ou volonté de laisser faire ?
6) les forces de l’ordre, comme c’est leur mission lors d’une manifestation autorisée, n’ont pas assuré la sécurité des manifestants, mais l’ont, au contraire délibérément compromise en laissant les éléments violents agir à leur guise, en déviant la manifestation du trajet initialement prévu, l’amenant de fait dans une souricière pendant que les forces de l’ordre envoyaient sur les manifestants bloqués des grenades lacrymogènes et des flash-balls créant ainsi des mouvements de panique (qui auraient pu avoir de graves conséquences) et une dislocation prématurée de la manifestation.
Il nous apparaît, au vu de tous ces éléments, que non seulement les autorités françaises n’ont pas tenu leurs engagements ni joué leur rôle de sécurisation, mais, au contraire ont tout fait pour que cette manifestation ne puisse se dérouler, quitte à jouer avec la vie des manifestants. Du reste, Beaucoup de manifestants ont eu très peur et ont subi un choc psychologique devant ce qui est une première : une agression par les forces de l’ordre d’une manifestation autorisée, ce qui revient à dénier le droit démocratique à manifester.
Les Dernières Nouvelles d’Asace du 5 avril, journal qu’on ne peut qualifier d’opposition, conclut de même : « Le droit de manifester a pris une sacrée claque ».
Attac France, Montreuil, le 6 avril 2009

L\'Anticapitaliste, le bimensuel de la Gauche anticapitaliste