« Agir contre le racisme et pour les droits des migrant·e·s », samedi 3 décembre 2011, Lausanne 9h30-16h
Nous relayons la journée de formation/débat organisée par le Mouvement de lutte contre le racisme-MLCR
Un an après le vote sur le «renvoi des criminels étrangers», deux ans après le vote sur l’interdiction des minarets
Agir contre le racisme et pour les droits des migrant·e·s: état des lieux – que faire ?
Journée de formation et de débats organisée par le Mouvement de lutte contre le racisme-MLCR
Samedi 3 décembre 2011 de 9h30 à 17h00
La Fraternité-CSP, Place Arlaud 2, Lausanne
(à côté du théâtre Boulimie)
L’Europe est plongée dans une crise sociale et économique multiforme. Cette situation, qui va durer, confronte celles et ceux qui combattent la xénophobie et le racisme, celles et ceux qui luttent pour les droits des migrant·e·s à des questions décisives.
Crise & migrations
Sous les coups des plans d’austérité et des privatisations, appliquées dans pratiquement tous les pays de l’Union européenne (UE), les conditions d’existence et de travail de millions de personnes se détériorent. Le chômage et le
sous-emploi s’étendent et deviennent une réalité durable en parallèle à la destruction ou à la réduction drastique de divers dispositifs de protection sociale. Cette crise a un impact sur les migrations au sein de l’UE. Cela, dans un contexte où la rhétorique sordide visant à défendre la «forteresse Europe» contre l’imaginaire «invasion de
migrant·e·s» est un leitmotiv reprit bien au-delà de la seule extrême-droite. Ces discours encouragent des pratiques étatiques de plus en plus autoritaires en matière de ladite «gestion des flux migratoires» extra-européens. Ils favorisent également la fabrication d’un «ennemi extérieur » dont l’une des figures est celle du «musulman inintégrable» ou celle du «Rom». Dans la foulée s’ajoute un «ennemi intérieur» à expulser: le «mouton noir»! L’objectif visé est de forger une unité nationale fictive – en détournant des questions sociales, politiques et économiques centrales – en chargeant des boucs émissaires de l’ensemble des maux de cette société.
Dans le même temps, au sein de l’UE, le chômage de masse facilite des politiques étatiques et patronales mettant en concurrence les travailleurs·euses.
Une politique migratoire à deux cercles
Bien qu’elle ne fasse pas partie de l’UE, la Suisse est pleinement insérée économiquement dans l’Europe. Elle participe pleinement à la construction de «deux cercles» en matière migratoire, donnant lieu à des traitements et des droits différents: les ressortissant·e·s de l’UE et associés (avec une libre-circulation généralisée des riches) d’un côté et, de l’autre, le «reste du monde». La droite hégémonise les discussions sur ces questions.
Pour ce qui touche à ce second cercle, la Suisse fait partie, depuis fin 2008, de l’espace Schengen et est signataire de la Convention de Dublin. A ce titre, d’une part, elle collabore et finance les polices militarisées aux frontières extérieures» (Frontex) et, d’autre part, elle procède à des renvois – pilotés par la «socialiste» Simonetta Sommaruga – de migrant·e·s vers le premier Etat traversé qui est signataire de la Convention de Dublin (940 entre fin 2008 et 2010, déjà 1349 entre janvier et juin 2011).
Pour ce qui touche au premier cercle, le débat se divise en deux grandes tendances:
- La première est dominée par les propositions de l’UDC, dont la nouvelle initiative contre la «surpopulation étrangère» constitue le résumé: l’introduction de contingents strictes conformes aux besoins de l’économie nationale et la «préférence nationale ». Il s’agit là d’une réactualisation de vieilles pratiques étatiques appliquées depuis la Première guerre mondiale. En parallèle, elle lance une nouvelle initiative pour le «renvoi des criminels étrangers».
- La seconde est conduite, entre autres, par l’organisation faîtière du patronat helvétique (economiesuisse) qui combat l’initiative de l’UDC. Elle affirme que les instruments de contrôle des migrations existent et craint que l’acceptation de celle-ci entraîne l’abandon des accords de libre-circulation avec l’Union européenne. Elle se félicite que les accords de libre-circulation favorisent l’arrivée d’une main d’oeuvre formée et «moins coûteuse», fluctuante au gré de la conjoncture. Sur le registre de la criminalité, economiesuisse abonde dans les argumentations
nauséabondes et fallacieuses de l’UDC. Elle remarque que la politique des deux cercles a conduit à une réduction importante des ressortissant·e·s extra-européens, ayant un «taux de criminalité jusqu’à six fois plus élevé que les suisses», alors que les ressortissants de l’UE, en particulier les allemands, sont «jusqu’à deux fois moins criminels que les suisses»!
La gauche gouvernementale s’inscrit, de fait, dans le sillage d’economiesuisse, se contentant de proposer mollement quelques adaptations, soutenant que «ce qui est bon pour l’économie est bon pour les emplois.»
Dans ce contexte, il est urgent pour l’ensemble des personnes et des associations actives dans la défense des migrant·e·s de faire un état des lieux des politiques migratoires à l’oeuvre en Suisse et en Europe afin d’être à même de s’y opposer.
Pour combattre la xénophobie et le racisme, il importe de:
• réaffirmer le principe d’une libre-circulation des personnes adossée à des droits sociaux et syndicaux égaux ainsi qu’à «travail égal-salaire égal» afin de s’opposer aux pratiques patronales de dumping salarial et social, mettant à profit la mise en concurrence des salarié·e·s;
• proposer la constitution d’un large front de défense des droits fondamentaux tels que le droit au mariage, le regroupement familial, le droit à l’accès aux soins et à l’éducation; l’opposition aux renvois;
• revendiquer les droits politiques pour tous les étrangers/ères qui vivent et travaillent en Suisse, le droit à la double nationalité automatique pour celles et ceux qui naissent en Suisse et la régularisation collective des sans-papiers.
Le forum se tiendra de 9h30 à 16h, ateliers, conférences, débats…
INFOS :
www.mlcr.ch
L\'Anticapitaliste, le bimensuel de la Gauche anticapitaliste