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Paroles d’indigné-e-s à Lausanne. Les raisons de s’indigner.

Déposé par Aurélien dans 9 juin 2011 – 21:20Pas de commentaire

Une émission radio laissait la parole aux personnes du 1er rassemblement des Indigné-e-s à Lausanne, place de la Riponne, ce samedi 4 juin 2011.

L’émission est à écouter ici :

Les indignés se rassembleront les prochains samedis et dimanche sur cette même place de la Riponne dès 14h.

Le week-end des 4-5 juin dernier, un premier rassemblement de solidarité avec les espagnols a eu lieu à Lausanne. Même si les situations de l’Espagne et de la Suisse ne sont pas comparables, il y a aussi largement de quoi s’indigner ici aussi! Le capitalisme n’a pas de frontières et prospère ici sur le dos du milliard de personnes sous-nutries de la planète, en pillant les ressources des pays pauvres (matières premières avec toutes les sociétés de négoce basées à Genève, bénéfices rapatriés par les entreprises mères pour soustraire leurs filiales à l’impôt des pays pour lesquels cet argent est vital…), en accueillant à bras ouverts les comptes en banque des pires crapules au niveau international, en aidant les nantis de ce monde à se soustraire à leurs fiscs (forfaits fiscaux, imposition des entreprises à taux spécial pour les sociétés dites auxiliaires, voir ici, etc), en armant le Bahreïn qui peut envoyer les chars « Made in Switzerland » mâter le peuple qui ose faire entendre sa voix… par le rognement continu des assurances sociales : chômage (20’000 chômeurs à la rue le 1er avril dernier en pleine crise, tout ça pour satisfaire encore plus le patrronat en quête de désengagment social pour plus de profits), AVS, AI… par l’explosion des primes d’assurance maladie gérées par des caisses privées qui n’ont que le profit en tête et qui ne regardent pas à la dépense publicitaire dont elles nous adressent la note par la suite (et défendent becs et ongles leurs positions via un lobbying incroyable dans les parlements cantonaux ou fédéral), l’explosion des prix des logements - l’immobilier est un marché qu’il faut laisser « libre », c’est-à-dire qu’il faut laisser les gérances faire leurs profits et les nantis et mafias se payer des maisons pour des fortunes (75 millions dans le canton de Genève pour la fille du « président » kazakh, mais ce pays comme d’autres  »démocraties » font partie du groupe de vote de l’ »Helvétistan » au FMI… donc on ferme les yeux sur les forts soupçons de blanchiment d’argent. 75 millions la villa… elle en valait 19 moins de 5 ans auparavant), les inégalités qui explosent, voir ici ou , le système scolaire le plus injuste d’Europe avec une sélection précoce qui reproduit les ingégalités sociales…

En Suisse on n’aurait pas le droit de se plaindre. Répondons à ces défenseurs (involontaires?) d’un système pourri, que ne rien faire c’est accepter. Accepter que le travail soit toujours plus rogné pour satisfaire le capital, d’où la stagnation des salaires… accepter de dire non au progrès : car dans ce pays où vivent 10% des milliardaires de la planète on n’aurait pas les moyens d’accorder un peu plus de vacances comme c’est le cas chez nos pays voisins, un départ en retraite à un âge pas démesuré, une semaine de 40 heures pour se rapprocher là encore de la moyenne européenne.

S’indigner ici c’est être solidaire, et c’est lutter ensemble. Une victoire ici c’est une victoire là-bas, et vice versa. Une victoire du peuple contre son oppresseur : le système capitaliste, et ses dirigeants qui nous exploitent sur toute la planète.

Pour le Pr. Mader, auteur d’une étude sur les riches en Suisse, on assiste en ce moment à « monopolisation de richesse jamais vue dans l’histoire », et qui s’accentue toujours fortement. Il y voit un potentiel de conflit si les classes populaires continuent à être mises sous pression. Espérons que les mouvements d’indignation du Maghreb, du Moyen-Orient et d’Espagne feront naître un début de prise de conscience. Le premier pas vers l’indignation, le refus des injustices, la revendication. Nous ne paieront pas pour votre crise, nous ne voulons plus être plumés pour vos profits et la destruction de la planète! Repartons de la base, réapproprions nous le débat, les revendications : la politique! Refusons la représentation politique traditionnelle, et engageons nous résolument vers une refondation politique partant de la base! Et non une politique au service des puissants mise en place par une clique de valets dévoués prêts à tout pour assouvir leur soif de pouvoir, de reconnaissance et d’argent!

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