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Même à Zurich les temps changent / Grève des transports

Déposé par Aurélien dans 6 juin 2011 – 09:31Pas de commentaire

Le personnel des tramways de Zurich (VBZ) a débrayé le vendredi 20 mai. Les grévistes, organisés au sein du Syndicat des services publics (SSPVPOD), ont bloqué 27 véhicules dans un dépôt. Le trafic a été réduit sur plusieurs lignes. Les VBZ ont interdit aux chauffeuses et aux chauffeurs de s’exprimer dans la presse ou ont changé leurs lieux de travail.
Le personnel veut «sécurité, qualité, respect». Il refuse la suppression par VBZ de la pause payée de 14 minutes par jour, ce qui reviendrait à une augmentation du temps de travail annuel d’une semaine. De plus, il exige des mesures contre le dumping salarial suite à la libéralisation du secteur des transports publics. Après la grève, la ville de Zurich a fait savoir qu’elle était prête à entrer en discussion sur ces revendications. Le mouvement de grève ne sera donc pas reconduit pour le moment.

Sous-traitance dès 2012

Ce débrayage fait suite à dix ans de demandes infructueuses des syndicats, qui exigent une convention collective de travail (CCT) cadre au plan cantonal, contraignante pour tous les fournisseurs de services de transport public. Suite à la Réforme des chemins de fer 2, les lignes de bus devront désormais être sous-traitées dès 2012. Il n’est pas nécessaire de posséder une boule de cristal pour prévoir qu’avec la politique bourgeoise d’austérité pratiquée par les pouvoirs publics, ce sont les entreprises avec les salaires les plus bas, les temps de travail les plus longs et les vacances les plus courtes qui recevront ces contrats publics bien profitables.
La Municipalité à majorité «rouge-verte» de la ville de Zurich et les VBZ ont signalé leur disponibilité à négocier une CCT cadre, mais à condition que soit abolie la loi communale sur le personnel. Cela ouvrirait la voie à l’élimination de la pause payée et à bon nombre d’autres droits du personnel.

Médias déchaînés contre les grévistes

Les employés se battent contre la péjoration de leurs conditions de vie et de travail. Un chauffeur s’est exprimé ainsi: «S’il y a un métier où le stress sur le travail est constant, c’est celui de chauffeur de tram. Nous ne sommes pas assis sur notre fauteuil pour nous balader et pour regarder par la fenêtre. Nous n’encaissons pas de bonus, mais nous sauvons tous les jours la vie et la santé de gens dans un trafic insensé». Le directeur bien payé des VBZ, Guido Schoch, refuse même à ses employés la pause pour aller aux toilettes…
Il s’agissait de la première grève dans les transports publics zurichois depuis des décennies. La «bonne société» zurichoise ne s’y est pas trompée. Les médias bourgeois (Tages-Anzeiger, NZZ, télévision, etc.) se sont déchaînés contre les chauffeurs de tram. Andres Türler (PLR), le Municipal zurichois et chef des entreprises industrielles de la ville de Zurich (il siège dans neuf conseils d’administration d’entreprises du secteur de l’énergie) a mis en garde contre le caractère «anticonstitutionnel» de la grève – aucune négociation sur une CCT cadre n’étant en cours: «La grève touche non seulement les VBZ et ses passagers, mais un grand nombre d’entreprises et une partie de l’administration publique».

Décidément, même à Zurich les temps changent!

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