Gaz de schiste : le gaz pillage!
Le gaz de schiste. Piégé en profondeur dans des roches aux pores trop petits pour être extrait «facilement». Une technique récente fait baisser les coûts d’extraction et c’est la ruée, profits rapides à la clé. Il faut forer un puits vertical puis horizontal, injecter d’énormes quantités d’eau à haute pression avec bactéricides, décapants, lubrifiants, détergents… pour fracturer la roche et récupérer le gaz.
Les risques sont légion. La contamination des eaux, par l’hydrocarbure pouvant se charger en arsenic, plomb, éléments radioactifs; par les produits chimiques injectés – le secret industriel règne – et les fuites du stockage des eaux contaminées. La consommation d’eau est phénoménale – des millions de litres par fracturation – comme la dégradation du sol – derricks, stockage, bassins, puits, pistes, routes, gazoducs – ou la pollution de l’air – fuites de gaz sulfurés, méthane, CO2, passage intensif de camions. Des mini-séismes ont même été enregistrés. 500 000 puits exploités aux Etats-Unis, ça instruit! Dans certaines villes, une douche est un risque d’explosion tant l’eau est saturée en gaz et produits chimiques.
L’appétit capitaliste
Tout ça pour une énergie non renouvelable. Mais le capitalisme boulimique a besoin de carburant. Le pétrole c’est la voie de garage. Les projets de renaissance atomique sont actuellement plombés. Reste 60 ans de gaz. Donc le schiste. Qui s’impose aussi au Conseil fédéral (Le Temps, 31 mars 2011). Il permettrait l’indépendance énergétique, court-circuiterait la Russie, gazier de l’Europe conforté par Fukushima. Et en faisant baisser les prix, rendrait moins compétitives les énergies renouvelables pour maintenir la position du lobby des hydrocarbures (se rattrapant sur la quantité et sur les passe-droits accordés par les politiques).
Les compagnies prospectent sur des millions d’hectares en Europe. Schuepbach Energy a une concession sur un
quart des cantons de Fribourg (Ouest et Veveyse) et de Vaud (La Côte, Broye). Merci les cantons!
En Suisse, l’opposition est rare et molle: pour le conseiller national vert Christian van Singer «l’exploitation du gaz de schiste n’est pas forcément à abolir» mais il faut «l’encadrer» et prévoir des amendes en cas de pollution.
C’est par des manifs, qu’en France, les opposants ont fini par faire reculer un gouvernement pro-schiste, qui après un moratoire, soutient maintenant un projet d’interdiction de ce gaz. A suivre…
La question de la consommation énergétique dispendieuse du capitalisme ne sera jamais posée par ses agents dont l’objectif est de pousser à la consommation, ni par les politiques à leurs bottes. Il faut refuser ce gaz-pillage, nous mobiliser et imposer un service public de l’énergie géré démocratiquement par les citoyens.
L\'Anticapitaliste, le bimensuel de la Gauche anticapitaliste