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Un souffle permanent, sans pause et sans répit

Déposé par Aurélien dans 7 mars 2011 – 08:07Pas de commentaire

Un souffle permanent, sans pause et sans répit. C’est la dynamique, depuis vingt ans, qu’imposent les grands patrons et actionnaires en Suisse sur le terrain des assurances sociales, entre autres. Les révisions se poursuivent, se bousculent même, et les représentants du patronat surfent sur des victoires apparemment sans fin. Tout au plus
parvient-on, parfois, à freiner la vitesse des attaques par une victoire référendaire qui, bien souvent, reste sans lendemain. Ainsi la victoire contre la baisse du taux de conversion dans le 2e pilier, il y a exactement un an, est aujourd’hui politiquement presque oubliée. Ces temps-ci, l’assurance maladie, l’assurance invalidité, et l’assurance chômage sont sur le devant de la scène. La révision de la LAMal (voir L’Anticapitaliste n°41), qui vise à instaurer les réseaux de soins comme le nouveau modèle de base, a avancé au point d’être, peut-être, bientôt soumise au vote final des Chambres. La révision de l’assurance chômage, acceptée en votation l’automne dernier, va envoyer ces prochaines semaines, des milliers de sans-emploi à l’aide sociale. Et lors de la session de printemps des Chambres fédérales, il va être question de la première des deux révisions – presque conjointes – de l’AI, la 6a et la 6b, qui viendront compléter l’arsenal de mise au travail forcé déjà contenu dans la 5e révision, acceptée en juin 2007.

Aujourd’hui, tous les partis s’entendent pour «résorber la dette de l’AI». Parti socialiste (PS) et Union syndicale suisse (USS) ont même soutenu la hausse de la TVA, l’impôt antisocial par définition, pour financer l’AI. Personne n’a proposé que les employeurs, qui ont usé, brisé, rendu malades et invalides de milliers de salariés en intensifiant le travail, prennent en charge les coûts supplémentaires. Personne n’a proposé que ces mêmes employeurs, qui ont empoché les gains de productivité issus de cette intensification, participent au «nécessaire redressement financier de l’AI». Au contraire, pour remercier les patrons, le Conseil fédéral et les Chambres vont leur faire un nouveau cadeau: le «placement à l’essai» prévu par la révision 6a de l’AI. A savoir l’obligation, pour un rentier, de travailler gratuitement, six mois, pour un employeur qui ne lui devrait rien à l’issue de cette période. En cas de refus, on connaît la chanson: suppression des droits. Des droits qui, de fait, n’en ont plus que le nom.

Et pourtant: le PS et l’USS nous avaient expliqué qu’en acceptant la hausse de la TVA, on se prémunissait contre des attaques trop dures dans les futures révisions de l’AI. Et puis, surtout, cela leur permettait de justifier leurs renoncements à toute bataille. On voit le résultat: le Conseil fédéral veut instaurer le travail gratuit dans la 6a et couper les rentes des invalides dans la 6b. Dans le marché de dupes passé à l’époque par la gauche, pas besoin d’un dessin pour connaître les dupés.

Il est plus que temps que les salariés se dotent d’instruments et d’organisations qui défendent leurs intérêts avec la même détermination et la même obstination que les patrons défendent les leurs. Pour sûr, on n’en serait pas là!

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