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Assemblée publique – Les peuples arabes au carrefour des possibles? – Lausanne 14 février 20h15

Déposé par Aurélien dans 8 février 2011 – 09:46Pas de commentaire

Soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte - Les peuples arabes au carrefour des possibles ?

avec

Anis Mansouri et Patrick Haenni*

ASSEMBLEE PUBLIQUE

Lundi 14 février 2011, 20h15

Salle des Vignerons, Buffet de la gare, Lausanne

Gauche Anticapitaliste (GA) – L’Autre Syndicat – Mouvement Pour le Socialisme (MPS) -
Organisation Socialiste Libertaire (OSL) – Parti Ouvrier et Populaire & Gauche en Mouvement
(POP & GM) – solidaritéS – Fédération syndicale SUD – Syndicat des Services Publics (SSP Vaud)
– Unia Vaud – Union Syndicale Vaudoise (USV).

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, jeune vendeur de légume, s’immolait sur la place publique de Sidi Bouzid pour protester contre la confiscation de sa marchandise par les autorités tunisiennes. Aussi symbolique que dramatique, cette action a été le point de départ du soulèvement du peuple tunisien. Un peuple dont la colère s’est accumulée depuis des décennies contre le pouvoir dictatorial, contre l’augmentation des prix et le chômage. Et cette colère fait aujourd’hui tache d’huile: l’Algérie, la Jordanie puis l’Égypte. Manifestations, appels à la grève, répression sanglantes se succèdent; la révolte des peuples du Maghreb et du Proche-Orient prend de l’ampleur.

En Tunisie, la population – les jeunes en particulier – ont exigé la destitution de Ben Ali et l’installation d’une démocratie sociale et politique effective, la restitution des richesses confisquées par la classe dirigeante et de celles planquées à l’étranger. La révolution tunisienne est en marche. Le pouvoir en place a tenté en vain de rétablir l’ordre: de déclarations publiques apaisantes en répressions policières, le gouvernement annonçait le matin des créations d’emploi et des élections législatives anticipées; l’après-midi, il tirait sur les foules de manifestants.

La «communauté internationale» – pays européens et Suisse en particulier – a soutenu pendant des années le régime dictatorial de Ben Ali et ce jusqu’au dernier jour. Le prétexte: il était le dernier rempart contre l’islamisation! Il a fallu attendre la fuite du dictateur pour que l’ONU et les gouvernements occidentaux condamnent timidement la répression. Complices de pouvoirs dictatoriaux qui appliquent docilement les recettes néolibérales du FMI et de la Banque mondiale, ces gouvernements occidentaux – la classe politique française et les banques helvétiques en tête – tirent des avantages certains de leurs «bonnes relations» avec ces régimes: capitaux déposés dans leurs banques, commerces et transactions financières avantageuses, coopération militaire…

Aujourd’hui, le peuple tunisien est encore en lutte et de multiples hypothèses peuvent être émises quant à l’avenir qu’il cherche à se construire. Car il serait naïf de croire que le départ de son président-dictateur ait réglé tous les problèmes. Le gouvernement provisoire est constitué en large partie de fidèles de Ben Ali, le projet d’une démocratie sociale et politique est encore à son balbutiement: la police, l’armée et les restes du gouvernement de Ben Ali font tout pour contenir la dynamique révolutionnaire, non sans difficultés.

En Egypte les mobilisations prennent chaque jour plus d’ampleur, malgré la violente répression des autorités. Dans un pays où près de 40% de la population vit avec moins de deux dollars par jours et où 90% des chômeurs sont des jeunes, des revendications similaires à celles du peuple tunisien sont à l’origine de cette lame de fond: départ du dictateur Moubarak, installation d’une véritable démocratie, satisfaction des besoins sociaux. Même si le régime bénéficie de plus de marges de manœuvre pour faire quelques concessions, la révolte égyptienne pourrait bien, elle aussi, prendre son envol. Preuve en est le million de personnes mobilisées dans les rues du Caire le 1er février dernier, malgré le discours d’apaisement de Moubarak et ses pseudo-concessions.

Les peuples du Maghreb et du Moyen-Orient sont au carrefour des possibilités. Ils définissent aujourd’hui et dans leurs luttes leur projet d’émancipation.

Comment expliquer les dynamiques révolutionnaires actuelles, après des décennies de régimes dictatoriaux dans les pays du Maghreb? Quels espoirs pouvons-nous placer dans l’émergence d’une démocratie sociale et politique, en Tunisie, en Égypte et ailleurs dans les pays arabes? Que pouvons-nous faire, en Suisse, pour restituer les biens pillés par les classes dirigeantes et cachés dans les coffres-forts des banques? Comment poursuivre notre solidarité internationale?

* Avec Anis Mansouri, engagé depuis plusieurs années dans le mouvement démocratique tunisien et très actif dans l’organisation de la solidarité en Suisse ces deux derniers mois, et Patrick Haenni chargé de recherche à la Fondation Religioscope à Fribourg, observateur averti de la réalité égyptienne, nous reviendrons sur les événements qui bouleversent l’ordre établi en Tunisie et en Égypte. Nous réfléchirons ensemble sur les perspectives d’avenir pour les peuples du Maghreb et du Moyen Orient.

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