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Flop à la COP: encore un sommet pour rien!

15 décembre 2015 • Ecosocialisme

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Les engagements initialement déposés par les États au début de la COP21 ne permettaient pas de limiter le réchauffement planétaire à +2 degrés (décision prise à Copenhague en 2009) d’ici la fin du siècle. Les estimations étaient plutôt proches de +3 degrés (Le Monde, 31.10.2025). Par quel miracle sémantique l’accord final mentionne l’objectif de limiter cet effet à +1.5 degrés? Et cela en gommant des mots comme «énergies fossiles», «pétrole», «charbon»! (Le Courrier, 14.12.2025)

Cela ressemble plutôt à une décision politique visant à rassurer les opinions publiques et à laisser aux plus grands pollueurs de la planète la liberté de respecter ce critère si leurs intérêts financiers et économiques le permettent. Car en face des belles déclarations d’intention, les chiffres sont imparables.

«Pétrole, gaz et charbon sont responsables de 80% des émissions mondiales de CO2 et de 67% des émissions de gaz à effet de serre (GES)». Pour respecter la limitation à +1.5 degrés, la réduction de GES devrait se situer d’ici 2050 entre 80% et 90%. Avec la limitation de +2 degrés, cette réduction se situerait entre 40% et 70%.

Acop21-lobby l’évidence, la réduction de la consommation d’ici 2050 devrait être massive et commencer immédiatement. Ainsi qu’une réduction de l’extraction, évidemment! Quelles compagnies pétrolières sont prêtes à réduire dans de telles proportions leur production de pétrole et de gaz?

Autre contradiction non résolue par COP21: les énergies fossiles, très largement subventionnées par les pouvoirs publics un peu partout dans le monde. Dans un rapport rendu public le 21 septembre, l’OCDE estime ce montant à 500 milliards US$ par an. Des sommes consacrés à encourager la production et la consommation, 82% vont aux produits pétroliers, 10% au gaz et 8% au charbon. L’étendue de ces aides est vaste et très poussée dans les pays producteurs. Défiscalisation, financements et crédits à la recherche et à l’exploration, etc.: l’OCDE en a dénombré environ 800!

Ces sommes gigantesques sont à rapprocher du montant de 100 milliards promis par la COP21 à partir de 2050 pour les Etats à faible capacité financière et technologique. Cette somme semblait introuvable. La suppression de ces subventions publiques aux pollueurs réglerait ce problème.

«Les scientifiques estiment que quatre-vingts multinationales contribuent aux deux-tiers du réchauffement climatiques. Nous devons les empêcher de contaminer notre environnement et de polluer notre eau, notre air et nos sols.» déclarait la journaliste d’enquête Marie-Monique Robin (Le Courrier, 9.12.2025).

Nous ne croyons pas possible que les grands groupes capitalistes qui gouvernent l’économie mondiale inversent leurs priorités et renoncent aux gigantesques profits qu’ils réalisent avec l’actuel appareil de production. D’ailleurs, s’ils étaient sincères dans leurs déclarations sur l’intérêt d’une économie «verte», ils n’attendraient pas la tribune de la COP21 pour leurs grandes déclarations de principes. Il est vrai que leur soif de profits et d’enrichissements permanents motive la recherche de nouveaux marchés. Dans l’automobile, dans le bâtiment, dans la consommation de masse, de nouvelles technologies peuvent laisser croire aux maîtres du monde que de nouveaux marchés de masse pourront s’ouvrir: l’automobile électrique, les parcs éoliens, l’Internet dans les zones éloignées.

En ouverture de la COP21, la présentation d’une «mission innovation» réunissant quelques dizaines de milliardaires (dont Gates, Zuckenberg, Tata, Branson, Bezos, Na) est claire: «… attirer des investisseurs qui peuvent faire preuve de patience et dont l’intérêt est tout autant d’accélerer l’innovation que de la transformer en bénéfices..» (Le Monde, 2.12.2025). Le mot magique est lâché: «bénéfices». Sans ce terme, l’innovation technologique n’a pas de sens pour les dirigeants de Facebook, de Virgin, de Tata, d’Amazon et d’Alibaba. C’est pourquoi d’ailleurs, les montants de leurs investissements restent limités. Un à deux milliards de US $ pour Gates pour l’instant. Car les secteurs traditionnels, gros consommateurs d’énergie, rapportent toujours beaucoup d’argent. Cette annonce était couverte par des prestigieux/ses parrains et marraines: Obama, Hollande, Modi, Cameron, Abe, Rousseff.

Nous ne croyons pas aux solutions juridiques, comme un tribunal international, proposé par Marie-Monique Robin, pour poursuivre les multinationales. Une telle démarche est intéressante pour dénoncer sur la place publique les pratiques réelles de ces industries. Nous ne pensons pas que les capitalistes vont réguler et accompagner une transition énergétique pour limiter le réchauffement planétaire et réduire la destruction de l’environnement. Pour que les solutions alternatives puissent être mises en œuvre, la capacité de nuisance des grands groupes (pétroliers, gaziers et nucléaires) doit être irréversiblement neutralisée, aussi bien sur le plan énergétique que politique.

Seule une expropriation de ces grands groupes, leur mise sous contrôle public et démocratique, leur reconversion planifiée et autogérée, conformément aux impératifs sociaux et écologiques, peut être le point de départ d’une transformation radicale et en profondeur du type de production et de consommation sur notre planète. Un point de départ pour une nouvelle société, sans aliénation et sans exploitation, avec pour horizon l’épanouissement des individus libérés de leurs rapports de classe, de sexe et de race. Une perspective éco-socialiste.

José Sanchez

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