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2x NON le 28 novembre!

Déposé par Aurélien dans 19 novembre 2010 – 15:56Pas de commentaire

Initiative UDC / contre-projet du Conseil fédéral :

2 x NON le 28 novembre !

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Les sondages annoncent que l’initiative de l’UDC «pour le renvoi des étrangers criminels» sera acceptée. Malheureusement, c’est loin d’être exclu… Mais l’affaire n’est pas encore jouée! Nous pouvons encore l’empêcher! Pour cela, il faut toutefois aller voter et convaincre nos collègues et amis d’enfaire de même. C’est un 2 x NON qu’il faut infliger à l’initiative de l’UDC et au contre-projet du Conseil fédéral!


L’initiative, comme le contre-projet, prévoit de graver la double peine dans la Constitution, c’est-à-dire le fait d’infliger une peine supplémentaire à une personne étrangère – en l’occurrence lui retirer son droit de séjour – après qu’elle a déjà été condamnée pour le crime commis.

A double peine… double NON!

La double peine appliquée à des «criminels étrangers» revient à nier le principe proclamé d’égalité de tous et toutes devant la justice. C’est ce qu’applique déjà de manière infâme le conseiller d’Etat vaudois Philippe Leuba, qui se vante d’avoir eu «le courage» d’expulser des délinquants titulaires de permis C – nés en Suisse ou établis ici depuis près de trente ans! – au terme de leur peine de prison. L’initiative de l’UDC exige en plus l’automaticité du renvoi quelle que soit la gravité du délit. Ainsi, un jeune étranger ayant grandi en Suisse devrait être renvoyé automatiquement pour un vol insignifiant et unique commis avec effraction. Pire, une personne étrangère n’ayant pas signalé un gain intermédiaire à l’assurance-chômage serait expulsée pour «abus d’assurances sociales».

Refuser de choisir entre la peste et le choléra!

Loin de contrer l’initiative de l’UDC, le contre-projet du Parlement la légitime au contraire, dans la mesure où il fait siens ses principaux présupposés. S’il se base pour un renvoi sur la gravité de la peine plutôt que sur l’infraction, le contre-projet recouvre quasiment les mêmes motifs d’expulsion et en ajoute même d’autres… Le seul argument avancé par les partisans du contre-projet – dont la nouvelle conseillère fédérale «socialiste» Simonetta Sommaruga – est que ce texte est «compatible» avec la Constitution et les accords du droit international. Autrement dit, le contre-projet permet de renvoyer en toute quiétude… En amalgamant systématiquement «étrangers» et «insécurité», les partis bourgeois, avec la caution d’une partie des socialistes, ne font qu’alimenter la xénophobie et les thèses de l’UDC.
Avec une déferlante d’affiches racistes, Blocher, Freysinger et consorts parviennent une nouvelle fois à stigmatiser et criminaliser les immigré-e-s vivant et travaillant en Suisse. En jouant sur la corde xénophobe et sécuritaire, ils instrumentalisent un mécontentement social très large qui se renforce dans le cadre de la crise économique actuelle. Car c’est dans la dérégulation galopante de nos vies, dans la fragilisation et la précarisation de larges couches de la population, dans la pauvreté qui, dans la riche Suisse, frappe 10% de la population, dans le manque de perspectives pour les jeunes, dans les inégalités qui s’approfondissent que l’immonde propagande raciste et xénophobe de ce parti trouve un terreau favorable et prend racine.

C’est pas les immigré-e-s, c’est le capitalisme qui ruine la société!

L’initiative de l’UDC et le contre-projet détournent l’attention des véritables causes et des vrais responsables de l’insécurité sociale. Car ce sont les patrons, les banquiers, les milieux fortunés et leurs alliés politiques qui ne cessent de précariser les conditions de vie et de travail de la population: licenciements, baisses de salaires, démantèlement de l’assurance-chômage et de l’assurance invalidité, hausse des primes maladies… Ce sont eux les «criminels du quotidien», bien plus que l’infime minorité de délinquants étrangers qu’il faudrait à tout prix expulser… C’est
donc en s’attaquant à ceux qui le propagent et en s’en prenant au système qui le génère – le capitalisme – qu’on combattra le racisme.

Le 28 novembre, et quels que soient les résultats du vote, poursuivons la mobilisation en descendant dans la rue : contre le racisme, ceux qui le propagent et le système qui le génère!


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