C’est à ceux qui nous divisent et nous exploitent qu’il faut infliger une vraie gauche! 2x NON le 28 novembre!
Le 28 novembre, l’initiative de l’UDC « des moutons noirs » et la copie du Parlement seront soumises en votation populaire. Sur fond de crise économique, l’UDC, et l’ensemble des partis gouvernementaux dans son sillage, alimentent le racisme et la division au sein des salarié-e-s. Contre le racisme, contre ceux qui le propagent et contre le système qui le génère, nous continuerons de nous battre dans la rue avant et après le vote!
Après la déferlante islamophobe de son initiative contre les minarets, l’UDC en remet une couche, contre les délinquant-e-s étranger-ère-s cette fois, martelant le terrain avec une nouvelle campagne raciste financée à coups de
millions. Une fois encore, le premier parti de suisse parvient à créer de toutes pièces un «enjeu de société» à partir d’un non-problème. Ça vous rappelle les minarets? Tout juste! Et la recette est la même: jouer sur la corde sécuritaire
et exacerber les sentiments xénophobes. Les autres partis et les médias s’engouffrent systématiquement dans le faux-débat imposé par l’UDC, qui mène la danse répressive. De la gauche à la droite, on se gargarise alors de délinquance étrangère… Pire, on montre au maître de classe qu’on n’est pas le mauvais élève qu’il prétend. Le ministre vaudois Philippe Leuba se glorifie ainsi d’avoir fait du canton le champion des renvois. Une chose est sûre: la propagande
de l’UDC a déjà atteint une partie de son but puisqu’elle a poussé les cantons à multiplier les décisions de renvois. Comme c’est le cas en matière d’asile, l’UDC dicte le ton de la politique à mener et les autres partis, en faisant mine de s’en distancier, suivent comme des moutons les recettes de Blocher et consorts. Il faut dire qu’en période pré-électorale, il n’y a pas que l’UDC qui surfe sur la vague xénophobe…
Entre la peste et le choléra? C’est 2x NON!
L’initiative de l’UDC «pour le renvoi des étrangers criminels» doit absolument être combattue. Elle prévoit de graver la double peine dans la Constitution, c’est-à-dire le fait d’infliger une peine supplémentaire à une personne étrangère – lui retirer son droit de séjour – après qu’elle a déjà été condamnée pour le crime commis. L’initiative exige l’automaticité du renvoi quelle que soit la gravité du délit. Ainsi, un jeune étranger ayant grandi en Suisse devrait être
renvoyé automatiquement pour un vol insignifiant et unique commis avec infraction. Le contre-projet concocté par le Parlement et le Conseil fédéral, présenté pour soi-disant «contrer» l’initiative UDC, est tout aussi infâme que l’initiative. Ce contre-projet n’est qu’une autre version, pas vraiment édulcorée, du texte de l’UDC puisqu’il prévoit également la double peine avec l’automaticité des renvois. La différence se résume à l’ajout d’un article sur l’intégration des étranger-ère-s – en réalité, une assimilation des étranger-ère-s à coup de mesures contraignantes (apprentissage d’une langue nationale par exemple) et de leur adhésion au «conformisme hélvétique»…! – et une «compatibilité» avec la Constitution et les accords du droit international: ouf, on peut renvoyer en toute quiétude… En amalgamant systématiquement étranger-ère-s et criminalité, en répétant qu’il y a un vrai problème, que la répression est laxiste, qu’il faut accélérer les renvois, les partis bourgeois, avec la caution des socialistes, ne font que
légitimer les thèses de l’UDC et alimenter la xénophobie. De même, lors du vote sur les minarets, les partis gouvernementaux ont alimenté un débat islamophobe sur le port du voile et de la burqa. La classe dirigeante suisse a une longue histoire et une grande pratique de la discrimination et de l’utilisation, en période de crise, de boucs émissaires. Aujourd’hui comme hier, il s’agit de s’armer pour y résister. Or que fait la «gauche officielle»?
Mais c’est quoi cette «gauche»?
Lors de son récent Congrès à Lausanne, le Parti socialiste suisse (PSS) a décidé de s’opposer au contre-projet du Parlement à l’initiative UDC. Or, c’est le PSS lui-même «qui l’a forgé», comme l’a rappelé son ancien président, Hans-Jürg Fehr (socialistes.ch, octobre 2010), et c’est grâce aux voix d’une majorité de ses parlementaires qu’il a été
accepté par le Conseil national! Le PSS appelle ainsi à rejeter un projet qui n’aurait jamais été soumis au vote sans son appui! Ce contre-projet qui légitime le discours haineux des xénophobes sera soutenu publiquement par sa conseillère fédérale en charge du département concerné, Simonetta Sommaruga, qui le «défend avec conviction»
(24 Heures, 1er novembre 2010)! Dix sections cantonales du PSS ainsi qu’un tiers du groupe parlementaire soutiennent actuellement le contre-projet et un comité socialiste fera bel et bien campagne pour ce dernier avec plusieurs poids lourds du parti. C’est ça le net «coup de barre à gauche» du Parti socialiste issu du dernier Congrès? En vérité, ce parti n’a plus de gauche que le nom…
Cible détournée
L’initiative de l’UDC et le contre-projet des chambres fédérales détournent l’attention des véritables problèmes. Les partis de droite – l’UDC en tête – instrumentalisent un sentiment réel de désarroi et d’insécurité sociale lié à la crise économique et sociale pour criminaliser les étranger-ère-s, des boucs émissaires tout trouvés (alors même qu’ils/elles sont parmi les principales victimes par cette crise). Et quand ce ne sont pas les criminels étrangers, ce sont les Roms ou les travailleurs frontaliers. Cette instrumentalisation répond aux intérêts de partis qui font du racisme un fonds de commerce électoral fructueux et elle permet de détourner la cible du mécontentement des salarié-e-s, des chômeurs-euses et des retraité-e-s. Les patrons, les banquiers, les milieux fortunés et leurs alliés politiques ne cessent de précariser les conditions de vie et de travail de la population: licenciements, baisses de salaires, démantèlement de l’assurance-chômage et de l’assurance invalidité, hausse des primes maladies… Les milieux dirigeants ont ainsi tout intérêt à ce que la population exprime sa rancune et sa colère contre son voisin immigré ou son collègue étranger plutôt que contre les mesures qu’ils nous assènent. En braquant les projecteurs sur les étranger-ère-s et en divisant les salarié-e-s, le discours anti-étranger parvient ainsi à faire courber la tête à l’ensemble des salarié-e-s, suisses comme immigré-e-s, pour s’attaquer à leurs droits fondamentaux et aux acquis sociaux. La stigmatisation et la criminalisation ne s’arrêtent en effet pas aux étranger-ère-s puisque l’escalade répressive touche également les «abuseurs» de toutes sortes, chômeurs, toxicomanes, invalides…
C’est pas les immigré-e-s, c’est le capitalisme qui ruine la société!
Le désarroi qui s’est exprimé dans le vote sur les minarets, qui risque de se renouveler le 28 novembre, ne se combattra pas à coups de bons sentiments mais socialement… C’est dans les luttes que les divisions créées artificiellement par les classes dirigeantes tombent au profit d’intérêts communs face aux dirigeants économiques et à
leurs serviteurs politiques. Pour nous, la mobilisation contre le racisme est inséparable de la lutte contre un système capitaliste qui divise les salarié-e-s pour mieux les exploiter.
Gauche Anticapitaliste
L\'Anticapitaliste, le bimensuel de la Gauche anticapitaliste