Lutte des classes ou lutte des places?
La raison d’être de la Gauche Anticapitaliste (GA) est le refus du capitalisme, où une poignée de multinationales font la loi, au détriment des besoins de la grande majorité de l’humanité. Bilan: famine, guerres, catastrophes climatiques, etc. Un autre monde est plus que jamais nécessaire! En Suisse aussi, les raisons d’être anticapitalistes ne manquent pas. Les multinationales et autres sociétés de négoce d’ici pillent le Tiers-Monde. C’est aussi le pays où les dictateurs et les crapules du monde entier (y compris Jean-Marie Le Pen!) planquent leur argent. Au plan intérieur, le tableau est le même: pour les grands patrons et actionnaires, c’est jamais assez (les dividendes atteignent des sommets inégalés!); pour les salarié·e·s, c’est toujours trop…
Mais pourquoi un nouveau mouvement politique alors qu’il y a déjà solidaritéS et le Parti du travail (PdT/POP)?
1. Les dirigeants de ces organisations ont beau critiquer le Parti socialiste et Les Verts, ils font alliance avec eux à chaque élection. A quoi bon décrier la politique migratoire du Conseil fédéral tout en étant les alliés du parti de Simonetta Sommaruga, qui l’incarne? A quoi bon dénoncer le «compromis» du Conseil des Etats sur le «Paquet Berset» (avec à la clé la hausse de l’âge de la retraite des femmes!), tout en appelant à réélire, comme déjà annoncé par Jean Batou (solidaritéS), Liliane Maury Pasquier et Robert Cramer, qui ont voté pour ce «compromis»?
2. Ils ont aussi fait le choix de participer à des exécutifs bourgeois, à Genève – l’une des principales places financières du monde! – et ailleurs. Leurs qualités de «bons gestionnaires» sont d’ailleurs louées par les milieux patronaux. La seule ville dirigée par une majorité de représentants du PdT/POP-solidaritéS, celle du Locle, a ainsi été classée par le magazine Bilan au premier rang pour l’accueil des entreprises!
Bref, pour les dirigeants de solidaritéS et du PdT/POP, la lutte des places a remplacé depuis belle lurette la lutte des classes… L’avenir est donc ailleurs: il nous faut une nouvelle gauche, loin des combines politiciennes et dont l’horizon ne soit pas la conquête de strapontins ministériels. Pour en finir avec l’exploitation, pour qu’autre monde devienne possible, sa feuille de route doit être la reconstruction, d’en bas, de réseaux militants et la stimulation de luttes. En ligne de mire: un nouveau mouvement d’auto-émancipation, de transformation radicale de la société. C’est dans cette voie que s’engage la GA. Rejoignez-nous!
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