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Gate Gourmet: Une grève du XXIe siècle

Déposé par dans 19 septembre 2013 – 09:09Pas de commentaire

Rassemblement de soutien aux grévistes de Gate Gourmet

Mercredi 25 septembre à 18h

Place du Molard à Genève

Samedi, 3 h 30 du matin. C’est par deux douzaines de militant·e·s du Syndicat des services publics (SSP) qu’est accueillie l’employée de Gate Gourmet arrivée la première sur son lieu de travail. Après elle, les autres travailleurs et travailleuses de la nuit arrivent, les yeux bouffis de sommeil, mais au courant de la décision prise la veille par six assemblées de salarié·e·s: celle de faire grève.

C’est que, avec des profits en augmentation constante depuis trois ans, l’entreprise, spécialisée dans l’approvisionnement des avions en plateaux-repas, vient de licencier ses employé·e·s du site de Cointrin (GE) tout en leur proposant une réembauche sur la base d’un nouveau contrat individuel. Concrètement, le personnel doit choisir: ou accepter des réductions de salaire comprises entre 11 et 637 francs par mois, un départ à la retraite retardé, la diminution – d’un tiers – des indemnités pour travail irrégulier, la suppression des majorations pour heures supplémentaires ou… le chômage!

Et les sbires du patron…

Ainsi, 70% des 86 membres du personnel ont reçu leur lettre de licenciement au 31 décembre et la proposition d’un réengagement aux nouvelles conditions. Ce n’est même pas «ou vous acceptez les nouvelles conditions ou c’est la porte»: c’est «la porte d’abord, on te reprendra ensuite si tu veux bien te plier à nos conditions»!

Décidé à lutter, le personnel doit toutefois faire face à une difficulté majeure: la peur. Cette peur de perdre son emploi qui prend au ventre même les plus déterminé·e·s. Car le patron a beau jeu: avec la quantité de sans-emploi actuellement sur le marché, il dispose d’un moyen de pression énorme. Et il s’en sert.

Ses sbires – une escouade de contremaîtres, de gardes-chiourme – étaient aussi là, à côté des gens du SSP, pour accueillir chaque nouvelle per- sonne arrivant. Et lui signifier, sans périphrase, les termes de l’alternative: tu plies l’échine ou c’est le chômedu. Un rappel qui n’est pas resté sans effet pour la grande part de temporaires, de précaires, travaillant pour Gate Gourmet. Et c’est d’ailleurs aux temporaires, chômeurs et chômeuses entre deux jobs, que l’entreprise a eu recours pour remplacer les grévistes. Des temporaires dont certain·e·s ne remplissent pas les conditions de sécurité requises pour une entreprise qui a accès au tarmac…

Menace de licenciement, recours aux précaires, individualisation des contrats: la grève en cours chez Gate Gourmet réunit à elle seule tous les ingrédients d’une grève du XXIe siècle. Elle a besoin de soutien.

Paolo Gilardi

Article paru dans L’Anticapitaliste n°96, 20 septembre 2013

Infos et messages de soutien: Site du SSP – Trafic aérien