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Cherchez l’erreur!

Déposé par dans 14 août 2013 – 12:16Pas de commentaire

437 000: C’est le nombre de salariés qui, actuellement en Suisse, gagnent moins de 4000 francs bruts par mois pour un travail à plein temps. Cela représente 11,8% des salariés, soit environ une personne sur neuf. Sans surprise, c’est dans le secteur tertiaire qu’on les retrouve: 50 000 dans les soins aux personnes et plus de 92 000 dans le commerce de gros et de détail.

Parmi les salariés sans formation 32,4% ont un bas salaire, soit environ un sur trois. Mais une formation ne protège pas forcément: 10% des personnes avec un CFC ont un bas salaire.

Ces chiffres montrent l’urgence d’un salaire minimum unifié en Suisse. La concurrence entre travailleurs s’en verrait limitée et cela réduirait aussi l’arrogance patronale. Car malgré toutes les déclarations sur le partenariat social, les associations patronales n’ont pas fait progresser les salaires minimums dans les conventions collectives de travail (CCT).

Deux exemples tout récents illustrent cette situation. Dans l’horlogerie, l’accord entre la Convention patronale de l’industrie horlogère (CP) et le syndicat Unia prévoit un salaire d’embauche différencié selon les régions. Tous sont bien en dessous des 4000 francs demandés par l’Union syndicale suisse (USS), dont Unia est pourtant le membre le plus important. Cherchez l’erreur.

L’échelonnement des salaires va de 3300 francs dans le Jura à 3580 francs dans le canton de Neuchâtel, en passant par 3430 francs dans la Vallée de Joux. Le porte-parole d’Unia reconnaît que «les salaires minimums restent encore trop bas» (L’Impartial, 22 mai 2013). Dans l’horlogerie, 2012 avait été une année record pour la marche des affaires. Mais la répartition des bénéfices n’a pas été très équitable. Les salaires minimums n’ont été aug- mentés que de 0,85% à 2%. Illustration de cette générosité, la plus faible aug- mentation concerne Neuchâtel, qui a le salaire de base le «plus haut».

Autre exemple, les salaires minimums prévus dans la CCT de la vente du canton de Neuchâtel: ils sont au nombre de six, selon la formation et la taille du commerce. Quatre d’entre eux sont inférieurs à 4000 francs.

Que les patrons ne soient pas très généreux, ce n’est pas un scoop. Il est en revanche plus curieux que le syndicat Unia revendique 4000 francs au niveau national et signe des CCT de branche avec des salaires beaucoup plus bas.

José Sanchez

Article paru dans L’Anticapitaliste n°93, 6 juin 2013