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En matière d’asile aussi, la gauche institutionnelle se fait complice…

Déposé par dans 29 mai 2013 – 14:57Pas de commentaire

NON le 9 juin à la révision de la Loi sur l’asile !

Télécharger le tract de la Gauche anticapitaliste

La prise en charge des intérêts patronaux trouve un allié précieux et toujours plus «solidaire» dans les directions – nationale et cantonales – du Parti socialiste suisse (PS). En effet, les sociaux-libéraux – on ne peut plus parler de sociaux-démocrates – ont abandonné toute réticence et assument aujourd’hui dans les faits leur rôle historique d’agents actifs de la soumission de toutes les facettes de la vie sociale aux exigences de rentabilisation du Capital. Fortement ancré au système par sa participation aux gouvernements de «concordance», le PS et ses satellites syndicaux jouent à fond le mandat que la bourgeoisie helvétique leur a donné. A savoir: contribuer activement à la réalisation des divers projets de contre-réforme néo-conservatrice, en faisant, sans heurts majeurs, avaler la pilule aux secteurs de la population potentielle- ment opposés aux politiques de régression sociale. C’est ainsi que la «gauche institutionnelle et la bureaucratie syndicale» ont contribué à l’augmentation à 64 ans de l’âge de la retraite des femmes – Alain Berset, conseiller fédéral PS, se prépare à la porter à 65 ans! Ce sont elles qui ont démantelé les régies fédérales et qui imposent depuis une logique de rentabilité financière au détriment du personnel et des usagers. Ce sont elles qui ont favorisé l’introduction, en matière d’assurances sociales, de la logique du workfare (principe des «contre-prestations»). Elles qui ont per- mis de faire passer la libéralisation du marché du travail. Elles encore qui ont fortement contribué à l’introduction de la TVA, clé de voûte d’une contre- réforme antisociale en matière fiscale.

Malheureusement, le dossier du droit d’asile n’échappe pas à cette politique. Conseillère fédérale du PS, Simonetta Sommaruga a imposé, depuis son entrée en fonction, la révision de la LAsi avec une fermeté qui dépasse celle des ténors de l’UDC. Ce qui lui a valu les commentaires élogieux d’Yvan Perrin, ex vice-président de l’UDC: «Cela fait trois ans que l’on n’a rien vu dans le domaine de l’asile, Simonetta Sommaruga a eu le courage de s’exposer avec des solutions concrètes» (Le Temps, 20 mai 2011). Le même journaliste ne pouvait que constater que, contrairement au projet de Sommaruga de réduire la durée de la procédure d’asile de 1400 à 120 jours, Christoph Blocher n’avait rien «entrepris pour accélérer une procédure qui s’enlise dans les sables administratifs» (idem), alors qu’il était conseiller fédéral. Selon Christian Levrat, président du PS, la politique de sa conseillère fédérale «démontre que, loin du populisme discriminatoire, il y a en matière d’asile des solutions pragmatiques qui respectent les droits des personnes» (idem). Aujourd’hui nous pouvons mesurer où ont mené le pragmatisme de Simonetta Sommaruga et du PS. Après avoir essayé de saborder la mobilisation contre la révision de la LAsi en votation le 9 juin prochain, en ne soutenant pas le référendum, la direction nationale du PS est obligée d’annoncer son opposition à cette révision. Evidemment, il aurait été difficile de justifier à sa base une position de consentement silencieux… vu que Simonetta fait campagne avec l’UDC et les patrons!

Il nous faut une nouvelle gauche, une gauche de gauche!

Dans le domaine de l’asile, comme dans celui des conditions et des droits du travail, des services publics, de la formation… il faut rompre avec la politique du compromis, du «moindre mal», du partenariat social et politique, de la collaboration de classe. Les résultats de cette politique est sous nous yeux: la Suisse est de plus en plus un paradis pour les riches, les capitalistes et les profiteurs de tout genre. Pour des centaines de milliers de salariés, d’immigrés, pour les requérants d’asile, ce pays devient un lieu où s’accroissent la souffrance, l’exploitation et la fin des espoirs.

Pour renverser la vapeur, il n’y a pas de miracle: il faut s’engager dans un combat résolu, s’appuyant sur l’auto-organisation et la mobilisation des salariés et des jeunes en formation, contre les milieux patronaux et la droite. Soit le contraire de ce que font les dirigeants de la «gauche», dont l’horizon est déterminé par leur soumission aux intérêts patronaux. Bref, «une autre gauche est nécessaire. Pas une gauche light, comme le beurre sans matière grasse, le vin sans alcool et le café sans caféine, mais une gauche de combat, à la mesure d’une droite de combat» (Daniel Bensaïd, Une lente impatience, éd. Stock, 2004).