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Asile, migration… Pour que les capitalistes continuent à se gaver, il faut des boucs-émissaires!

Déposé par dans 21 mai 2013 – 13:50Pas de commentaire

NON le 9 juin à la révision de la Loi sur l’asile !

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Dans les débats sur l’asile et sur l’immigration, une perspective mettant en lumière les intérêts des capitalistes fait souvent défaut. Et pourtant, ces derniers sont passés maîtres dans l’art de «diviser celles et celles ceux qui devraient être uni·e·s» (salarié·e·s suisses et immigré·e·s) pour «unir celles et ceux qui devraient être divisé·e·s» (le 1% et l’immense majorité).

Depuis le début des années 1990, le patronat – aidé de ses complices politiques de tous bords – a déclenché une offensive permanente afin de sauvegarder et renforcer ses profits. La politique ainsi menée vise, entre autres, la précarisation de tous ceux qui pour vivre doivent vendre leur force de travail. Et cela en augmentant le taux d’exploitation: blocage – voire baisse – des salaires, augmentation des heures et des rythmes de travail, accroissement du travail temporaire, du soir, de nuit et du week-end, libéralisation du marché du travail (bilatérales), etc. En même temps, la sécurité sociale a été sabrée: remise en cause des garanties et des indemnités, en cas de chômage, d’invalidité, de maladie ou deretraite. A tout cela s’ajoutent les politiques de restructuration appliquées par des centaines d’entreprises et sociétés diverses qui se soldent par des charrettes de licenciements (Merck Serono, UBS, Credit Suisse, Lonza…). Bref, les grands patrons ont suivi leur objectif: augmenter leurs profits en accentuant la mise en concurrence des salariés par le biais de la précarisation de leurs statuts, par l’assignation au travail à n’importe quelles conditions, par l’allongement de la durée de la vie active, par la diminution des salaires, etc.

Cette politique patronale peut être mesurée de manière très concrète. Alors qu’en 1991, 0,2% des contribuables les plus riches possédait 19,2% de la fortune totale accumulée en Suisse, en 2009, ce même 0,2% en détenait 25,6%: une hausse de 33%! A l’autre bout de l’échelle, 30% des contribuables possédaient 4,2% de la fortune totale en 1991… mais plus que 1,8% en 2009!

Selon une étude du Crédit Suisse (Research Alert, 21 décembre 2012), 66 sociétés suisses vont verser 90 milliards de francs sous forme de dividendes pour l’année 2012. Ainsi, UBS versera à ses actionnaires 42,2 milliards de dividendes couverts par la réserve d’«apport en capital» – donc nets d’impôt –, ABB 3,8 milliards (elle vient de supprimer 145 postes de travail), Lonza 730 millions (400 emplois biffés fin 2012), Holcim 6,5 milliards, Julius Bär 2,2 milliards, Swiss Re 7,8 milliards, Zurich Insurance Groupe 10,5 milliards, Transocean 10,9 milliards…

Le festin sans fin des 1% des possédants se fait au détriment des 99% de la population. Cette réalité provoque désarroi et insécurité sociale; elle stimule un mécontentement diffus. Dans ce contexte, l’orientation de l’UDC et de ses complices, répondant aux intérêts des capitalistes, est claire: désigner des boucs-émissaires (les «étrangers criminels», les «faux réfugiés», etc.) vers lesquels canaliser ce mécontentement diffus. Ils détournent ainsi l’attention des vrais problèmes; ils «divisent ceux qui devraient être unis» (salariés suisses et immigrés) pour «unir ceux qui devraient être divisés» (le 1% et l’immense majorité). Ce ne sont ni les immigrés ni les requérants d’asile qui licencient, font du dumping salarial et attaquent nos retraites!

A lire aussi sur notre site:
* Durcissement du droit d’asile et de la politique migratoire : c’est rentable! (mai 2013)
* NON le 9 juin à la révision de la Loi sur l’asile (mai 2013)

* UBS, Swisscom & Co.A nous les licenciements, à eux les dividendes… (novembre 2012)
* « Compétitivité » suisse : citius, altius, fortius! (juin 2012)