Accueil » Suisse

« Compétitivité » suisse : citius, altius, fortius!

Déposé par Aurélien dans 8 juin 2012 – 13:05Pas de commentaire

D’après le Rapport de la compétitivité 2012, publié le 31 mai dernier par l’institut de management IMD, la Suisse a décroché le troisième rang au hitparade mondial de la compétitivité. Elle se trouve juste derrière les Etats-Unis et Hong-Kong. Sur le plan européen, la Suisse est championne, devant la Suède, la Norvège et l’Allemagne.
C’est une première: de toute l’histoire du classement de l’IMD des pays les plus compétitifs, établi chaque année depuis 1989, la Suisse n’était jamais montée sur le podium.
Ce rapport de l’IMD repose, pour deux tiers, sur des faits statistiques et, pour le reste, sur les perceptions des «leaders d’opinion» dans le monde.
Ce n’est pas le seul rapport sur la compétitivité où le Standort Schweiz s’en sort très bien. Celui du World Economic Forum (WEF) place carrément la Suisse à la première place au plan mondial. Bref, la devise olympique, manifestement, s’impose…

Nirvana patronal

C’est incontestable: du côté patronal, la Suisse, c’est le paradis sur terre. Ils ont tout ce qu’il faut pour s’en mettre plein les poches: les dirigeants de la «gauche» sont parfaitement domestiqués; la paix du travail est l’évangile de la très grande majorité desdits «syndicalistes»; la durée du travail bat tous les records (on bosse six semaines de plus par année qu’en France!); les employeurs peuvent licencier à leur guise, sous n’importe quel prétexte; le régime fiscal leur est ultrafavorable; etc. Bref, comme l’écrivait il y a quelque temps l’éditorialiste de Bilan, «les riches trouvent en Suisse un sanctuaire sans équivalent dans le monde» (3 décembre 2010). C’est loin d’être le même tableau du côté des salariés, de la très grande majorité de la population. Tous gagnants? Près de 500 000 personnes sont à la recherche d’un emploi ou en situation de sous-emploi (travail à temps partiel, faute de mieux) à l’heure actuelle en Suisse. Les charges et le stress supportés par celles et ceux qui ont un boulot s sont partout accrus. De plus en plus de salariés doivent accepter des postes précaires, trimer la nuit et/ou le week-end. Quant à la durée annuelle effective du travail, elle a encore augmenté de 15 heures entre 2007 et 2010 (La Vie économique, 4-2012). L’âge moyen à la sortie du marché du travail, déjà très élevé par rapport aux pays qui nous entourent, a suivi la même courbe: chez les personnes de 58 à 75 ans, en 2011, il était de 64,9 ans, contre 64,5 ans en 2001-2002 (OFS, «Participation au marché du travail élevée, mais beaucoup de temps partiel », 15 mai 2012). Pour ce qui est du pouvoir d’achat, c’est l’inverse: les salaires stagnent, tandis que les primes maladie explosent, tout comme les taxes en tout genre – TVA, redevance radio-TV, cigarettes, etc. – et les loyers. Idem pour les retraites: le niveau des rentes du 2e pilier va diminuer en moyenne de 20%, à l’image de ce que prévoit la Municipalité de la Ville de Lausanne. Ce n’est guère mieux du côté de l’assurance chômage et de l’AI: leurs prestations sont constamment rabotées. Même les normes de l’aide sociale ont été révisées à la baisse!
Bref, c’est toujours la même histoire: les 1% de possédants triomphent au détriment des 99%. Il est temps que ça change!

Les commentaires sont fermés.