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Le 1er Mai 1886 et les martyrs de Chicago

Déposé par admin dans 27 avril 2012 – 21:37Pas de commentaire

126 ans ont passé depuis l’affaire dite Haymarket, qui s’est terminée par l’assassinat de cinq ouvriers révolutionnaires, tous dirigeants reconnus du mouvement ouvrier à Chicago.

L’affaire s’est déroulée dans un contexte très chargé de luttes sociales. Nous sommes au printemps 1886. Chicago est en plein essor après l’incendie de 1871. Une poignée des capitalistes ont amassé des fortunes énormes en construisant de luxueux hôtels particuliers près du lac Michigan. Leur fortune est réalisée grâce aux milliers des travailleurs, surtout immigrés, qui travaillent des longues heures pour des salaires de misères dans les usines et les dépôts. Ils vivent dans des petites maisons avec peu de confort. Des gros industriels à Chicago, comme Robert McCormick, tsar d’une grande entreprise de machines agricoles, profitent d’une crise économique pour lancer une campagne visant à réduire les salaires. Les syndicats et des groupes militants inspirés par les idées de Karl Marx et Mikhaïl Bakounine sont à l’avant-garde des mouvements de grève lancés en riposte à l’offensive patronale. En même temps, la campagne pour la journée de huit heures, lancée au niveau international et qui avait fait du 1er Mai son point de départ, est en plein essor.

Depuis la fin des années 1860, Chicago avait connu un mouvement ouvrier militant. Plusieurs tentatives d’organiser des partis ouvriers avaient rencontré un certain succès électoral, mais chaque fois, ces victoires avaient été volées par des combines des classes possédantes. De même, la journée de huit heures, votée au niveau de l’Etat d’Illinois en 1868, n’avait jamais été appliquée.

Auguste Spies et Albert Parsons

Ce sont des militants révolutionnaires, souvent des immigrés allemands, qui dirigeaient le mouvement ouvrier. August Spies, immigré allemand, est un brillant journaliste et militant ouvrier. Il est éditeur du journal local l’Arbeiter Zeitung.

Albert Parsons a participé à la guerre civile, côté sudiste. Mais après la guerre, il se range aux côtés des Noirs et se bat pour leurs droits politiques et sociaux. Chassé de son Texas natal avec sa femme Lucy, une femme de couleur, par le Ku Klux Klan, Parsons devient un dirigeant du mouvement ouvrier radical à Chicago. Lucy est dirigeante du mouvement ouvrier féminin.

Violence patronale, violence juridique

Le 2 mai 1886, Spies prend la parole à la porte de l’usine McCormick. Les gardes tirent sur les grévistes, tuant quatre d’entre eux. L’Arbeiter Zeitung lance un appel pour une manifestation contre le massacre pour le lendemain à 19 h 30 au marché du foin, le Haymarket. La manifestation est presque finie quand une colonne de policiers descend sur la place. Une bombe est lancée vers la police, et elle tue sept policiers. La police riposte en interpellant les orateurs du meeting. Spies, Parsons et six autres sont inculpés pour conspiration. Cependant, le juge – un homme particulièrement réactionnaire – et le jury, composé d’employés des grands industriels, les condamne pour meurtre. C’est une farce juridique gigantesque. Spies et Parsons sont parmi les quatre pendus (un autre condamné à mort se suicide la veille de l’exécution): des martyrs de la cause du prolétariat.

L’affaire de Haymarket nous rappelle que les acquis sociaux comme la journée de huit heures sont souvent gagnés au prix de sang.

(article paru dans L’Anticapitaliste n° 47, à l’occasion des 125 ans de l’affaire de Haymarket)

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