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D’Occupy les places publiques à Occupy les usines?

Déposé par dans 19 mars 2012 – 17:54Pas de commentaire

L’usine de Chicago qui a fait la une il y a trois ans en raison de son occupation par les salariés est à nouveau occupée.

En 2008, 200 des 240 salariés de Republic Windows and Doors ont occupé leur usine pour protester contre la décision de la direction de fermer l’entreprise sans leur verser les indemnités prévues par leurs contrats. Après six jours d’occupation, la direction a accordé des sommes importantes aux salariés. Une victoire inhabituelle! Cette lutte, qui s’est passée dans l’année terrible de la crise des subprime, a été extraordinaire tant par l’audace de sa tactique de lutte  – l’occupation d’un lieu de production privée – que par son issue – une victoire pour les grévistes dans un contexte social difficile.

En 2009 la société ta acheté l’usine. Le 23 février dernier, la direction a convoqué les ouvriers pour les informer que la boîte fermerait ses portes le lendemain. Evidemment, la direction n’a pas rappelé l’occupation de 2008, mais les salariés, dont beaucoup avaient participé à la grève contre Republic, ne l’ont pas oubliée. Comme en 2008, au lieu de jeter l’éponge face à la déclaration patronale, 65 ouvriers ont occupé l’entreprise. Après seulement douze heures d’occupation, la direction a accepté d’attendre 90 jours avant la fermeture. La victoire est en fait un sursis de quelques mois, mais qui donne un peu d’air aux salariés. En tout cas, la leçon est claire: la lutte paie.

Soutien d’Occupy Chicago

Les grévistes ont immédiatement sollicité le soutien de la commission de travail d’Occupy Chicago. Des militants liés à Occupy se sont aussitôt rendus sur place. Leur réponse rapide démontre la capacité du mouvement Occupy à s’orienter en direction des mouvements en faveur des 99% qui se développent en dehors de sa propre initiative. Au moment où le mouvement s’interroge sur son avenir, l’occupation d’une usine suggère certainement des voies très intéressantes de lutte. Armando Robles, président du syndicat United Electrical, architecte et meneur de cette occupation et de celle de 2008, a même évoqué la possibilité que les salariés puissent prendre en main et faire fonctionner eux-mêmes la boîte.

Le mouvement Occupy tire une grande partie de sa force de sa présence symbolique sur la place publique. Dans notre âge hypermédiatisé, les images d’occupation des «99%» contre le «1%» ne pouvait que stimuler un débat de grande envergure sur les inégalités galopantes. Occuper des lieux de production capitaliste, avec la possibilité que les ouvriers tentent de les faire fonctionner eux-mêmes, ouvrira certainement un débat sur la possibilité d’organiser l’économie – et toute la société – sur une base vraiment démocratique.