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«Ils arriveront quand même», Compagnie Jolie Môme

3 octobre 2015 • Migration, Vidéos

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Un cri d’espoir de la Compagnie Jolie Môme afin de remettre les choses à leur place: «Ils arriveront quand même». Un cri du cœur qui évoque les réalités des migrant·e·s, dans leur pays d’origine, sur leur route vers l’Europe et dans le pays d’arrivée. Des réalités dures mais un seul constat: quoi qu’il advienne, quoi qu’il en coûte, ils arriveront quand même.

Depuis de nombreuses années, la Compagnie Jolie Môme (association et compagnie théâtro-musicale engagée) s’est illustrée par ses textes dénonçant les politiques impérialistes et défendant l’accueil des migrant·e·s. La chanson «Ils arriveront quand même» fait partie de l’album «Ya Basta», sorti en 2007 à la chaleur de l’arrivée de 31 700 migrants sur l’île de Lampedusa. Elle reste tristement d’actualité huit ans plus tard. Alors que la crise migratoire ne fait que s’aggraver, la compagnie a souhaité marquer un nouveau coup par un clip saisissant, illustré par une compilation d’images qui ont marqué l’actualité ces derniers mois.

La chanson commence par dresser le portrait des migrant·e·s: des jeunes qui n’ont rien: «Pas même l’espoir que demain soit différent de ce matin» et pour qui la survie signifie l’exil. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus, quand aux paroles se calquent les images désolantes d’un homme, d’un enfant au beau milieu des ruines dans une Syrie fraîchement bombardée. Comment pourrait-on pousser ses propres enfants sur un bateau de fortune surchargé et tenter de traverser la Méditerranée, si l’on n’est pas directement en danger de mort?

«Ils arriveront quand même
Dans les citernes ou les avions
Entre les essieux des camions
Par-dessus nos barbelés
Nos frontières électrifiées
Ils arriveront quand même»

Le clip montre alors ces nuées de migrants qui accourent, escaladent les murs érigés aux frontières, nagent à en perdre haleine, s’agrippent à un camion… jusqu’à l’image choc d’un homme sortant d’un carton de déménagement.

La chanson dénonce le «Rêve Européen»: «Les enfants rêvant de pactoles, devant nos télés qui racolent, mirages en boucles et paraboles», qu’elle oppose à la cruelle réalité: des frontières de barbelés, des barrières et de multiples obstacles. Et quand bien même ils sont franchis…on ne peut parler d’accueil.

Avec son humanisme de façade, la France est loin d’être une terre d’asile accueillante: politiques de quotas et conditions d’hébergement ignobles: voilà ce qui attend les migrant·e·s. Le clip le démontre sans ambiguïté, avec les images du campement de la Chapelle et d’opérations policières menées contre les réfugiés cet été à Paris.

Enfin, la compagnie Jolie Môme rappelle avec pertinence qu’ «Ils arriveront quand même, Car nos experts savent y faire, Le travail au noir ça nous sert (…) Cueillir nos fruits monter nos tours, Sans rechigner jour après jour» … et n’obtenir aucune reconnaissance en retour. Et pour finir sur une touche d’espoir, le clip reprend les vidéos d’impressionnantes manifestations ayant eu lieu en 2014 à Melilla et cette année à Calais. Fidèle à elle-même, Jolie Môme nous livre son analyse de classe, pour rappeler que les migrant·e·s sont aussi celles et ceux que le capitalisme exploite et qui se battent à nos côtés.

Le clip s’achève sur la formule «Les prolétaires n’ont pas de patrie. Vive l’Internationale!». Une vision de classe internationaliste qu’il faut plus que jamais défendre: Nos frontières n’empêcheront rien, réfugié·e·s, bienvenue!

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