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L’Autre Davos – Les 29 et 30 janvier 2010 à Bâle

Déposé par Aurélien dans 21 janvier 2010 – 14:35Pas de commentaire

 L’Autre Davos 2010

- 10ème édition -

Dans les résistances s’ébauche un autre monde

Vendredi-samedi 29 et 30 janvier 2010
Université de Bâle, Petersplatz 1, Bâle

 

Dans les résistances s’ébauche un autre monde

En 2007 éclatait la première grande crise du capitalisme mondialisé. En 2008 et au début 2009, les grands médias officiels et les institutions internationales des dominants n’hésitaient pas à faire référence à la Grande Dépression de 1930. Les Etats des dominants consacrent des centaines de milliards de dollars pour assister des banques, des assurances et des grandes firmes. Cette vaste opération de socialisation des pertes privées qui sera payée, en dernière instance, par les salarié·e·s contribuables. Et demain, les dépenses sociales seront encore plus restreintes, au nom de la lutte contre les « déficits publics ».

Fin 2009, la presse parle d’une relance, tout en ajoutant qu’elle est fragile. Et pour cause. Le chômage atteint déjà des records historiques. Et 2010 s’annonce encore plus sombre. Or, les données officielles ne tiennent pas compte de celles et ceux qui ont « renoncé » à chercher un emploi ou qui se voient imposer des emplois précaires avec des salaires de misère.

Gouvernements et institutions internationales (OCDE, Banque mondiale, FMI) vantent les mérites de « l’éducation » pour lutter contre la pauvreté, le chômage et assurer la «compétitivité» des pays. Résultat : les systèmes de formation et d’éducation sont de plus en plus socialement sélectifs et conformes aux besoins étriqués des «maîtres» de l’économie.

La véritable physionomie de cette crise du système se révèle avec plus de force lorsque sont prises en compte la dévastation environnementale, dont les populations les plus fragilisées sont les premières victimes, ainsi que la détresse alimentaire et sanitaire frappant plus de 2 milliards d’êtres humains, A ces calamités s’ajoutent les guerres impérialistes (Irak, Afghanistan, Pakistan) ou instrumentalisées par diverses puissances (Afrique).

Or, à Davos, en janvier 2010, les authentiques responsables de cette crise multiface se proposent de débattre, de « l’état du monde », pour « le repenser, le redessiner et le reconstruire ». Voilà, tout d’abord, un aveu sur l’état de leur monde. Ensuite, est exposée de la sorte l’arrogance de ceux qui, l’ayant conduit à la catastrophe, prétendent le «relooker» selon leurs intérêts morbides. Ce qu’ils démontrent, dès aujourd’hui.
En effet, leur «réponse» à la crise n’est autre que l’accentuation des diverses formes d’exploitation et d’oppression. Car ce capitalisme mondialisé – reposant sur l’appropriation privatisée de la richesse, sur la tyrannie mondialisée de la marchandisation et sur la concurrence entre firmes géantes – ne peut pas être séparé d’un système articulé de domination et d’atteintes aux droits fondamentaux des êtres humains et de peuples entiers.

Or, aujourd’hui, un autre monde se pense, se dessine, se construit au travers des résistances, des luttes, des refus et des contre-propositions qui débouchent, même de manière embryonnaire, sur la question d’un autre gouvernement du monde, radicalement et effectivement démocratique. Donc mettant en question l’usurpation oligarchique de la planète.
C’est à celles et ceux qui en sont les acteurs que l’Autre Davos veut donner la parole. Et, ainsi, bâtir un véritable forum, un lieu de réunion et de débats où puissent se rejoindre : des hommes et des femmes inventant un nouveau syndicalisme apte à prendre en charge les diverses facettes de l’exploitation et de l’oppression ; des immigré·e·s d’Europe ou des Etats-Unis luttant pour leurs droits et contre les Etats policiers ; des femmes qui par leurs propres initiatives s’affirment comme les sujets d’une mise en question des systèmes patriarcaux; des porte-parole des populations du Sud qui s’affrontent à la fois aux puissances impérialistes et aux forces leur déniant le statut d’acteurs collectifs de leur propre avenir dans leur pays ; les animateurs et animatrices de mouvements contre les guerres, comme celles menées aujourd’hui en Irak, en Afghanistan et au Pakistan ou encore contre le peuple palestinien.

 

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- PROGRAMME -

Vendredi 29 janvier, 16 h-18 h
Université critique – Université d’en bas
 
L’Autre Davos se déroule dans l’Université : dans un espace public qui permet des échanges, un dialogue portant sur la critique d’un système et les mobilisations contre les rapports sociaux de domination et d’exploitation. Dans ce cadre, il s’impose de mettre en relation la pensée critique dite académique et les expériences d’auto-formation de salarié·e·s, de femmes, de migrant·e·s.

Participeront à cet échange : Franz Schultheis (professeur), « Quels liens entre les sciences sociales critiques et les luttes sociales ? » ; Ueli Mäder (professeur), « Quel sens donner à la tenue de L’Autre Davos dans l’Université de Bâle » ; Claudia Nogueira (professeure à l’Université fédérale de Santa Catarina, Brésil) , « Expériences d’autoéducation » ; Avji Sirmoglu de Planet 13, Bâle, « La formation de celles et ceux frappés par la précarité » ; Felipe Polania, association Formation pour tou·te·s de l’école autonome de Zurich, « L’école, une action politique dans le mouvement de défense des réfugié·e·s » ; participation de migrant·e·s, etc.
 

Conférences

Vendredi 29 janvier, 19 h 30, conférence d’ouverture – Aula
Du refus de la barbarie à l’exigence d’un autre monde

• Noam Chomsky, un message en vidéo-direct (après celui envoyé il y a 10 ans).
• Tariq Ali, écrivain et animateur de la New Left Review, « L’impérialisme à l’heure d’Obama ».
• Silvia Lazarte, ex-présidente de l’Assemblée constituante de Bolivie, « La rébellion indienne en Bolivie ».
• Franco Cavalli, ex-conseiller national PS, Membre de l’exécutif de l’Union internationale contre le cancer, « La mondialisation capitaliste contre un bien commun : le droit à la santé pour tous et toutes ».
• Christa Wichterich, auteure de la « Femme mondialisée » et de « Gleich, gleicher, ungleich », Allemagne : « Les luttes des femmes dans le contexte de la mondialisation capitaliste ».
• N.A. Batchu Siddique, président du Dhuumcatu (association des travailleuses et travailleurs bengalis, indiens et pakistanais en Italie) : « La mobilisation des migrant·e·s et l’unité des salarié·e·s ».
• Dirceu Travesso, secrétaire national de Conlutas (Brésil) : « Unifier les salarié·e·s des secteurs “formels” et “informels” ».
 
Samedi 30 janvier 17 h-19 h 30, conférence de clôture – Aula
Les luttes d’avenir l’avenir des luttes

 
• Gianni Frizzo, animateur de la grève des Officine (Tessin), « Un syndicalisme nouveau à construire en Suisse ».
• Lee Sustar, rédacteur de Socialist Worker, Etats-Unis, « Chômage et crise sociale sous Obama : quels axes d’une lutte sociale ? »
• Ricardo Antunes, professeur d’UNICAMP (Brésil), collaborateur du MST, membre de la rédaction de Brasil do Fato, « La précarisation structurelle du travail et les luttes sociales au Brésil ».
• Giorgio Cremaschi, secrétaire de la FIOM (Italie), « Quelle relance de la lutte sociale en Italie ? »
• Cristina Hernandez, du syndicat Service Employees International Union, Los Angeles, « Quelles suites donner à la lutte des migrant·e·s ».
• Gilbert Achcar, professeur au SOAS, Londres, « Combattre l’islamophobie, principale forme contemporaine du racisme en Occident ».
• Ueli Mäder, sociologue, professeur à l’Université de Bâle, « La crise sociale en Suisse : quelques pistes pour une résistance ».
 

Ateliers

 

Samedi 30 janvier 9 h 30-12 h 30, ateliers

Les politiques migratoires et les atteintes aux droits des salarié·e·s

• Pietro Basso, professeur à l’Université Ca’Foscari de Venise, auteur de plusieurs ouvrages sur les migrants : « L’islamophobie : une arme contre les migrant·e·s ».
• Dario Lopreno, membre du SSP-VPOD : « Les nouvelles mesures contre les migrants en Suisse ».
• Alain Bihr, professeur à l’Université de Besançon : « Le débat sur l’identité nationale et les attaques contre les droits des migrants ».
 
Pour un nouveau syndicalisme (1)
• Christian Mahieux, secrétaire de SUD-Rail, France : « Pourquoi Solidaires, unitaires et démocratiques ? »
• Gianni Frizzo, animateur du Comité de grève des Officine, Bellinzone : « Les principaux traits d’un nouveau syndicalisme dans la lutte des Officine ».
• Matteo Beretta, délégué FIOM de Fincantieri (Porto Marghera – Italie) : « Le nouveau syndicalisme face à la politique de sous-traitance ».
• Tom Adler, IG-Metall, Mercedes, « Face à la crise de l’automobile, quel nouveau syndicalisme serait nécessaire ? »
Les luttes des femmes salariées
• Lidia Cirillo, animatrice des Quaderni Viola, Italie, « Les femmes salariées face à la crise actuelle du capitalisme ».
• Cristina Hernandez, du syndicat Service Employees International Union, Los Angeles, « Organiser les femmes employées dans les écoles ».
• « Kita Streik », « La grève dans les crèches en Allemagne au début 2009, une expérience unique » (intervenante à préciser).
• Claudia Nogueira, professeure (Brésil) : « Faire face à la double exploitation des femmes au Brésil, quelques exemples ».
• Marisa Pralong, membre d’Unia, travailleuse de Manor (Genève) : « Organiser les vendeuses face à la répression patronale ».
La privatisation des transports publics
• Christian Zeller, professeur à l’Université de Salzburg, « La privatisation des chemins de fer en Allemagne et ses conséquences ».
• Urs Zuppinger, urbaniste, « La politique des transports en Suisse : dernières nouvelles ».
• Dante de Angelis, syndicaliste des Chemins de fer italiens, Viaregio, « La privatisation et la mise en péril de la sécurité dans les transports ferroviaires ».
• SUD-Rail : « Face à la contre-réforme dans le transport du fret » (intervenant à préciser).


Samedi 30 janvier 14 h-16 h 30, ateliers

Les résistances et la parole des migrant·e·s

• N.A. Batchu Siddique, président du Dhuumcatu (association des travailleuses et travailleurs bengalis, indiens et pakistanais en Italie) : « Sur quels objectifs et comment Dhuumcatu s’est constitué ? »
• Anzoumane Sissoko (Mali), porte-parole de la Coordination des sans-papiers de Paris, « Le mouvement des sans-papiers en France : la question de son unité et des rapports avec les syndicats et organisations politiques ».
• Cristina Hernandez, du syndicat Service Employees International Union, Los Angeles, « Le mouvement des Latinos et leurs revendications en Californie ».
• Bleiberecht, Zurich, « Résistance d’en bas contre la politique répressive en matière d’asile ».
• CAFri, « L’auto-organisation des migrant·e·s et leurs revendications : l’exemple de Fribourg ».
 
Pour un nouveau syndicalisme (2)
• Dirceu Travesso, secrétaire national de Conlutas (Brésil), « Quel est le sens du combat de Conlutas ? »
• Gilbert Achcar, professeur au SOAS, Londres, « La montée des luttes ouvrières et la lutte pour un syndicalisme indépendant en Egypte ».
• Christa Wichterich, auteure de la « Femme mondialisée » et de « Gleich, gleicher, ungleich », Allemagne, « Les luttes des ouvrières en Chine et la bataille pour un syndicalisme indépendant ».
• Lee Sustar, rédacteur de Socialist Worker (EtatsUnis) : « Eléments d’une riposte ouvrière aux Etats-Unis face à la crise ».

La crise alimentaire et le « modèle agricole dominant »
• Ricardo Antunes, professeur d’UNICAMP (Brésil), collaborateur du MST, membre de la rédaction de Brasil do Fato, « La logique destructive du capitalisme au Brésil : le modèle agro-exportateur, la faim et l’exploitation ».
(Cet atelier verra la participation, entre autres, de représentant·e·s d’Uniterre et de la Confédération paysanne de France. Les confirmations sont encore attendues.)
La privatisation des services postaux
• Patricio Paris, membre du NPA et du Comité unitaire du 13e arrondissement de Paris : « Les usagers et les syndiqués dans la lutte contre la privatisation de La Poste en France ».
• Un·e représentant·e de Sud-PTT, « La lutte directe et l’instrument du référendum contre la privatisation de La Poste en France » (nom à préciser).
• Un postier de Suisse : « La “privatisation” du postier ».
• Martin Smith, du Socialist Workers Party, GrandeBretagne, « La lutte des postiers anglais de Royal Mail ».

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