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	<title>Gauche anticapitaliste</title>
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		<title>Pérou : l’égalité dans la différence, pas l’élimination des différences sous prétexte d’égalité</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 21:22:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Luttes & mouvements]]></category>
		<category><![CDATA[Premier plan]]></category>
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		<category><![CDATA[Terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Publié sur Internet en 2007, ce texte de Hugo Blanco, dirigeant historique de la Conferacion campesina del Perù (CCP),  jadis condamné à mort aussi bien par les paramilitaires que par la guérilla du «Sentier lumineux», apporte un éclairage original. Il permet de comprendre la nature objectivement et radicalement anticapitaliste des luttes des peuples autochtones qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="color: #cc0000;"><strong>Publié sur Internet en 2007, ce texte de Hugo Blanco, dirigeant historique de la Conferacion campesina del Perù (CCP),  jadis condamné à mort aussi bien par les paramilitaires que par la guérilla du «Sentier lumineux», apporte un éclairage original. Il permet de comprendre la nature objectivement et radicalement anticapitaliste des luttes des peuples autochtones qui se multiplient dans toute l’Amérique latine. Car la critique radicale de la «conquista» pose en soi le problème de l’avènement du capitalisme et, partant, de son dépassement.</strong></span></em></p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/hugoblanco.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-10111" title="hugoblanco" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/hugoblanco-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>La richesse de la biodiversité andino-amazonienne a créé durant une période longue de plus de dix-mille ans une culture profondément compénétrée avec « <em>Pachamama</em> », la <em>Mère Nature</em>, une culture très agricole qui a une grande connaissance de la nature. C’est une des sept zones du monde qui ont vu naître l’agriculture et qui connaît un nombre majeur d’espèces domestiquées. De cela découle une cosmogonie différente de celle « occidentale » qui situe le créateur comme un esprit supérieur, immatériel, qui aurait créé l’Homme à son image et ressemblance avec la nature à son service. Dans la cosmogonie indigène, l’humanité est fille et partie de la Mère Nature et doit vivre en son sein, en harmonie avec elle. Chaque tertre a un esprit, chaque ruisseau, chaque espèce végétale et animale en ont un.</p>
<p>La mentalité collectiviste indigène est si forte qu’elle perdure solidement plus de 500 ans après l’invasion, après plus de 500 ans de dictature de l’individualisme.</p>
<p>« Ayllu » est le terme quechua et aymara de la communauté paysanne aux liens sociaux très forts qui a de multiples manifestations dans le travail (<em>ayni, mink’a, faena</em> [1]) comme dans tous les autres aspects de la vie. La communauté ne se limite pas aux personnes, elle s’étend à l’étroite relation communale avec les espèces cultivées, avec les plantes médicinales, avec les animaux et les plantes qui indiquent au cultivateur les variations des temps agricoles [2], plus en général avec toutes les espèces animales et végétales, avec la pluie, avec la terre.</p>
<p>Le développement de l’agriculture et de l’élevage – qui, sous d’autres latitudes mena à l’esclavagisme et au féodalisme – suscita en <em>Abya Yala</em> (en Amérique) de nouvelles formes de collectivisme. Dans la zone andine, il donna naissance à un Etat qui embrassait le territoire de six pays d’aujourd’hui, le <em>Tawantinsuyo</em> –que les envahisseurs appelèrent « <em>empire</em> » en vertu de la même ignorance qui les amena à appeler le lama « <em>grande brebis</em> ».</p>
<p>S’il est prouvé que les nouvelles formes de collectivisme s’accompagnèrent de l’apparition de castes privilégiées et de guerres de conquête, il est out aussi vrai que, nulle part sur le continent, la production ne s’est basée sur l’esclavage ou le féodalisme.</p>
<p>Durant plus de 10&#8217;000 ans, notre culture a domestiqué 182 espèces de plantes et parmi elles environ 3500 variétés de pommes de terre. Notre peuple connaît 4500 plantes médicinales.</p>
<p>Le <em>Tawantinsuyo</em> planifiait la production de toutes les vallées ; on construisit de longs aqueducs en faisant attention d’éviter l’érosion des terres. On cultiva en terrasses sur les versants, en <em>waru-waru</em> [3] sur les hauts plateaux. On utilisait différentes technologies adaptées aux différentes régions.</p>
<p>Sur tout le territoire <em>tawantisuyonnais</em> on trouvait des dépôts (« <em>qolqa</em> ») qui permettaient d’approvisionner la population si d’aventure des phénomènes climatiques venaient à perturber la production agricole.</p>
<p>Bien qu’il y ait eu des castes privilégiées, il n’y avait pas de famine ni de misère. Les orphelins, les infirmes et les anciens étaient à la charge de la société.</p>
<p><strong><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/blancoper.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-10112" title="blancoper" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/blancoper-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>L’invasion</strong></p>
<p>La colonne vertébrale de cette organisation sociale, de l’infrastructure agricole, de la planification de la production et des réserves alimentaires fut brisée par l’invasion.</p>
<p>L’Europe commençait à transiter du féodalisme au capitalisme. L’invasion fut une action capitaliste: ils vinrent à la recherche d’épices puisqu’ils se croyaient en Inde: ils n’en trouvèrent point, mais mirent les mains sur l’or et l’argent.</p>
<p>L’activité minière qui existait déjà mais avec une importance marginale devint le centre de l’économie. Pour exploiter les mines, ils eurent recours à des méthodes pires que celles de l’esclavage. Le maître tient à la santé de son esclave tout comme il tient à celle de sa mule. Le propriétaire de mines au Pérou recevait chaque année une certaine quantité d’indigènes « <em>à convertir</em> ». Indépendamment du nombre qu’il en mourait, l’année suivante il en recevait la même quantité. Ainsi, les jeunes adultes entraient une fois pour toutes à la mine et n’en sortaient que morts. A cause de cela, il y avait des suicides de jeunes indigènes. Il arrivait aussi que les mères tuent leurs enfants pour qu’ils échappent au tourment de la mine. C’est une pratique qui diminua depuis la rébellion de <em>Tupac Amaru</em>.</p>
<p>Le travail agricole fut calqué sur le modèle féodal. Les meilleures terres furent arrachées par les européens aux communautés et furent converties en latifundia féodaux ; du coup, les «<em>communiers</em> [4]» furent transformés en serfs sur leurs propres terres et obligés de travailler gratuitement pour le seigneur féodal en échange du droit de pouvoir cultiver une petite parcelle pour leurs propres besoins.</p>
<p>L’agriculture connut un recul brutal et cela pour de multiples raisons :<br />
- par ignorance et par négligence furent détruits canaux, terrasses et <em>waru-warus</em> ;<br />
- on abandonna jusqu’à aujourd’hui la planification dans les vallées au profit d’un chaos qui perdure ;<br />
- grâce à l’importation d’animaux domestiques étrangers à la région on détériora le milieu vital dans la mesure où, contrairement aux camélidés qui coupent la nourriture avec leurs dents, vaches, chevaux et moutons arrachent les racines ;<br />
- la superstition des envahisseurs à l’égard de notre culture et de nos cultures agricoles. Ainsi, puisque dans notre culture on rendait un culte aux fruits de notre terre, ces derniers firent l’objet de toutes les attentions des «exterminateurs d’idolâtries». On s’attaqua même au nom de la «<em>papa</em>» qui avait le tort de s’appeler comme le «Saint Père» : on l’appela «<em>patata</em>», comme on l’appelle en Espagne, une dénomination qui est depuis entrée dans d’autres langues, comme l’anglais. Il en fut de même pour la <em>kiwicha</em> ou amarante caudée [5]: elle fut maudite! Tout comme la coca, ce « <em>super-tonique du règne végétal</em>» selon le célèbre médecin Hyppolite Unanue qui est toujours victime parmi les gens « cultivés » de préjugés particulièrement dangereux.</p>
<p>Quant aux entrepôts prévus pour réguler l’approvisionnement en cas de disettes provoquées par les aléas du climat, ils furent tout simplement saccagés par les envahisseurs.</p>
<p>Ce sont ces comportements, bien plus mortels que les massacres qu’ils perpétrèrent et que la variole qu’ils nous amenèrent, qui firent de la faim et de la misère les apports culturels européens.</p>
<p><strong>Rébellions et république</strong></p>
<p>Dès le début, notre peuple s’est révolté contre les envahisseurs ; nombreuses furent les insurrections, à commencer par celle de <em>Tupac Amaru 1<sup>er</sup></em>, le gouverneur originairement mis en place par les espagnols pour l’utiliser, de même que <em>Manco Inca</em>. Les rebelles les plus célèbres par la suite furent <em>Juan Santos Atawalpa</em> et <em>Tupac Amaru 2<sup>ème</sup></em> dont l’insurrection s’étendit à la Bolivie et continua après qu’il fut assassiné sous de cruelles tortures.</p>
<p>Plus tard s’accomplit ce qu’on appelle « <em>la révolution pour l’indépendance</em> » mais qui ne changea pas grand chose pour la population. On récompensa juste les généraux de l’indépendance avec des « <em>haciendas</em> » (le nouveau nom officiel des latifundia) pourvues de tout, y copris de leurs propres «<em>indios</em>».</p>
<p><strong>Les rébellions se poursuivent</strong></p>
<p>Le système de l’hacienda consistait essentiellement dans le travail gratuit du «colon» (le serf) pour l’hacienda. Il y avait d’autres aspects de ce servilisme. Il fallait mettre une partie de son bétail, alimenté de manière naturelle, à disposition du maître. Il fallait organiser le transport des produits agricoles : les voyages duraient plusieurs jours et les paysans étaient forcés de dormir à la belle étoile. Les maîtres les maltraitaient moralement et physiquement : ils avaient le droit de les emprisonner tout comme celui de violer les femmes. Les enfants des serfs n’allaient pas à l’école, parce qu’ils devaient travailler, mais aussi par manque d’écoles et à cause de l’interdiction qui leur était faite par les maîtres d’aller à l’école.</p>
<p>Le système féodal des haciendas dura jusqu’au milieu du siècle passé. Il fut affaibli par l’irruption du capitalisme dans les campagnes, d’une part par le développement de l’industrie minière qui absorbait la main-d’œuvre des haciendas et de l’autre par la  mécanisation des latifundia qui se traduisait par l’expulsion des « colons » et leur remplacement par un prolétariat agricole.</p>
<p>L’introduction de cultures d’exportation aux prix élevés demandait un plus grand temps de travail : les propriétaires exerçaient ainsi une plus grande pression sur les «colons » pour qu’ils augmentent leur temps de travail et les expulsaient des terres pour pouvoir arracher leurs plantations tandis que les colons exigeaient plus de temps et résistaient au vol de leurs terres.</p>
<p>Nous nous sommes ainsi organisés pour lutter contre les nouvelles atrocités et devant la résistance des propriétaires des haciendas, notre lutte se transforma en un combat pour la propriété de la terre. Notre action ne nous confrontait pas seulement aux propriétaires terriens, mais aussi au gouvernement qui défendait le système féodal.</p>
<p>Nous refusâmes de travailler pour les latifundistes dans plus de 100 haciendas tout en continuant à cultiver nos parcelles, ce qui fut, de fait, une forme de réforme agraire. Nous fûmes réprimés par le gouvernement qui eut recours aux armes ; nous y recourûmes à notre tour pour nous défendre.</p>
<p>Le gouvernement militaire de l’époque finit par écraser la résistance armée mais, convaincu de l’impossibilité de réintroduire le régime féodal, il accorda une réforme agraire limitée aux zones de résistance. Cette réforme légalisait la propriété paysanne. Encouragée, la paysannerie indigène des autres régions se révolta prenant possession des haciendas, mais fut violemment réprimée. Malgré la répression, le soulèvement finit par obliger le gouvernement militaire réformiste à décréter la réforme agraire sur le plan national.</p>
<p>Ainsi, l’affaiblissement du système féodal initié par le capitalisme se traduisit, grâce à notre mobilisation, en la conquête des terres par les paysans. A cette même époque, fut écrasé le mouvement paysan brésilien : là-bas, s’imposa le capitalisme dont les victimes luttent aujourd’hui encore dans le Mouvement des travailleurs sans terre (MST).</p>
<p>C’est pour cette raison que le Pérou est, mis à part probablement Cuba, le pays du continent avec le plus grand nombre  de propriétaires de terres, que ce soit sous la forme coopérative ou sous celle de la petite propriété.</p>
<p>Il y a des paysans de cette époque qui ressentent un vrai changement qualitatif, qui disent « maintenant nous sommes libres » parce qu’ils considèrent que une fois brisé le système féodal de servitude, c’est le joug qui les asservissait qui est brisé.</p>
<p>A partir de cette rupture, ils ont travaillé pour l’éducation en construisant des écoles, en payant des enseignants avant de se battre pour que les salaires des maîtres d’école soient payés par l’Etat. Ils fondèrent aussi des dispensaires et se battirent pour que l’Etat paie les services sanitaires.</p>
<p>Ils obtinrent aussi de pouvoir voter et élire des maires issus de leurs communautés. Ils luttent contre la contamination minière ; ils luttent pour pouvoir assumer collectivement les fonctions policières et celles de la justice au lieu des policiers et juges corrompus. Ils luttent aussi pour plein d’autres choses.</p>
<p>La rupture avec le servage féodal leur a donné des ailes pour continuer leurs luttes.</p>
<p><strong>Les luttes d’aujourd’hui</strong></p>
<p>La plupart des combats actuels de la paysannerie indigène porte contre l’assassinat de Pacha Mama, la Mère Nature perpétré par les grandes compagnies, pour une grande partie minières, mais aussi petrolières et gazières. Et puisque les différents gouvernements, comme ceux d’avant qui servaient les seigneurs féodaux, sont au service des multinationales contre la population péruvienne et contre la nature, le combat est aussi contre le gouvernement.</p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/imsco.png"><img class="alignright size-medium wp-image-10113" title="imsco" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/imsco-300x165.png" alt="" width="300" height="165" /></a>Une autre raison des luttes se trouve dans la détérioration quotidienne des conditions de vie avec un chômage croissant et un niveau de vie de la paysannerie qui ne fait que baisser à cause des prix agricoles excessivement bas. Et cela aboutit à lutter contre le traité de libre échange avec les Etats-Unis qui mène notre agriculture au collapse pour favoriser les grandes compagnies impériales qui bénéficient de milliards de subventions agricoles.</p>
<p>Le mouvement indigène et le reste de la population péruvienne se battent contre la corruption des autorités et pour placer ses propres représentants dans les gouvernements locaux ; mais, comme il n’y a pas de contrôle démocratique les déceptions et les trahisons sont, hélas !, fréquentes.</p>
<p><strong>Nos alliés</strong></p>
<p>Le mouvement indigène n’est pas seul ; bien qu’il soit le plus vigoureux et persévérant, il peut compter sur la lutte du reste du peuple.</p>
<p>Une mention particulière est méritée par les intellectuels, indigènes ou pas, qu’on appelle <em>indigénistes</em>. Dès le début de l’oppression des peuples originaires de notre pays, il y a eu des personnes qui l’ont combattue et ont défendu notre culture.</p>
<p>On connaît l’action du père Bartolomé de las Casas [6]. Au Pérou d’autres ont suivi ses pas : des politiciens remarquables comme Gonzales Prada Mariategui, des écrivains comme Clorinda Matto, Ciro Alegria et José Maria Arguedas, des peintres comme José Sabogal, des musiciens comme Alomia Robles, Baltasar Zegarra, Roberto Ojeda, Leandro Alviña etc.</p>
<p><strong>Le sens de notre lutte</strong></p>
<p>Nous défendons notre culture dans tous ses aspects : sa cosmogonie, notre organisation sociale, nos rituels et savoirs agricoles, la médecine, la langue et bien d’autres aspects.</p>
<p>Nous ne considérons pas notre culture comme supérieure aux autres : on lutte pour qu’on ne la considère pas inférieure. On exige qu’on nous respecte comme des égaux.</p>
<p>Nous avons été éduqués dans l’harmonisation de la diversité et de l’égalité. Le Pérou est un pays très varié, tant géographiquement que d’un point de vue démographique. Nous avons 82% des 103 réserves naturelles de la planète et notre population parle 45 langues différentes. La  grande célébration du soleil par les Inca n’était pas exclusive: tous les peuples défilaient lors des cérémonies avec leurs propres divinités et il n’existait as la notion du « Dieu unique ». Nous sommes pour l’égalité dans la différence, pas pour l’élimination des différences sous prétexte d’égalité.</p>
<p>D’un côté, nous respectons les individualités et les particularités de tout un chacun, mais, de l’autre, nous nous opposons à l’individualisme car notre culture est solidaire.</p>
<p>Nous ne voulons pas revenir au passé ; nous savons qu’il faut favoriser les progrs de la culture humaine en général.</p>
<p>Ceci n’est pas contradictoire avec le fait que nous prétendons retourner à nos racines car notre passé sera très fortement présent dans notre futur.</p>
<p>Nous aimons et prenons soin de Pacha Mama. Nous aspirons fortement à ce que la base de l’économie se fonde sur la richesse de la bio diversité en agriculture, en médecine avec l’aide des moyens modernes qui ne sont pas nocifs.</p>
<p>Nous voulons que notre organisation sociale ne soit pas fondée sur le profond individualisme antisocial que nous ont imposé les envahisseurs. Nous prétendons renforcer à tous les niveaux la vigoureuse fraternité collectiviste et solidaire du « ayllu », grâce aussi aux connaissances universelles qui ne sont pas nocives.</p>
<p>Rêvons donc que les 500 ans d’écrasement ne soient qu’une turbulence passagère dans les 10&#8217;000 ans de construction de notre riche culture…</p>
<p><strong>Hugo Blanco</strong></p>
<p>Juillet 2007</p>
<p><em>Traduction Paolo Gilardi </em></p>
<p><em>Voir aussi : </em></p>
<p><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=1246" target="_blank">Pérou : les indigènes font plier le gouvernement et les multinationales</a> </em>par Hugo Blanco (2009)</p>
<p><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=7235" target="_blank">«Pérou: le gouvernement Humala sur la mauvaise voie»</a>, article d’Antonio Moscato publié dans </em>L’Anticapitaliste<em> n° 72, 21 juin 2012</em></p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9384" target="_blank"><em>«CONGA NO VA» – Mobilisation au Pérou pour la défense de l’eau</em></a> (texte du collectif Solidarité Cajamarca à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2013)</p>
<ol>
<li>Ces termes d’une langue collectiviste sont impossibles à traduire dans une langue individualiste : <em>Ayni</em> indique une prestation mutuelle de travail qui fait que le travail destiné au bénéfice individuel sera collectif. <em>Faena</em> est un travail collectif, tandis que <em>minka’a</em> indique une forme de sollicitude pour un service rendu qui s’accompagne d’une profusion de suppliques affectueuses.</li>
<li>Il y a des « signes » qui indiquent au paysan indigène comment sera le climat ou comment sera la production de tel ou tel autre produit agricole : l’abondance de la floraison de certaines plantes, la coloration des couleuvres, la hauteur à laquelle nichent les oiseaux, la plus ou moins grande brillance des constellations etc.</li>
<li>Le <em>waru-waru</em> est une alternance de bandes de terre élevées et de fossés. Ce sont les bandes élevées que l’on cultive. Durant les années pluvieuses on évite ainsi que les terres soient inondées alors que durant les années plus sèches, les fossés retiennent l’eau permettant l’irrigation mais aussi l’atténuation pour les cultures du gap thermique entre la journée très chaude et la nuit très froide et d’éviter les gelées.</li>
<li>«Communier» est un terme qui indique dans ce cas les membres de ces communautés collectivistes. Il ne faut pas le confondre avec le «communier», membre des communautés alpines dans les vallées du Valais suisse et du Gothard qui était membre de la communauté à condition d’être propriétaire individuel de biens (NdT).</li>
<li>Kiwicha ou amarante caudée : plante annuelle qui produit des fleurs rouges en forme de queue de renard et dont les graines étaient utilisées comme céréales par les populations andines depuis plus de 4000 ans. La farine produite avec ces graines est très riche en vitamines et calcium, notamment (NdT).</li>
<li>Bartolomé de Las Casas (Séville, 1484–Madrid, 1566), ecclésiastique, écrivain et voyageur espagnol. E]vêque de Chiapas (Mexique), il a rédigé de nombreux textes en faveur des indiens, notamment une importante relation de la Découverte et de la Colonisation du Nouveau Monde intitulée &laquo;&nbsp;Histoire des Indes&nbsp;&raquo;. Il a fait plusieurs fois le voyage entre l&#8217;Espagne et le Nouveau Monde et a visité de nombreux lieux du Nouveau Continent découvert par Christophe Colomb et nommé Amérique du vivant de las Casas. (NdT)</li>
</ol>
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		<title>«La révolution égyptienne est cruciale pour le printemps arabe»</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 02:24:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Premier plan]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>

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		<description><![CDATA[Entretien avec Gigi Ibrahim, membre des Socialistes Révolutionaires
Certaines personnes disent que la révolution n’a pas obtenu grand-chose, si ce n’est un nouveau dictateur… Cela valait-il la peine de faire la révolution ?
Avant toute chose : la révolution n’est pas finie ! La réponse sera toujours oui, bien entendu, que la révolution vaut la peine, quel soit le résultat. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="color: #c00000;">Entretien avec Gigi Ibrahim, membre des Socialistes Révolutionaires</span></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Certaines personnes disent que la révolution n’a pas obtenu grand-chose, si ce n’est un nouveau dictateur… Cela valait-il la peine de faire la révolution ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avant toute chose : la révolution n’est pas finie ! La réponse sera toujours oui, bien entendu, que la révolution vaut la peine, quel soit le résultat. Aucune révolution ne s’achève en quelques mois, voire en quelques années. Nous pouvons déjà constater quelques petits acquis apportés par cette révolution mais ce sont les « grands » changement qui manquent encore parce que nous sommes tentons tout simplement de défaire plus de 60 années d’attaques. L’acquis le plus important c’est que les gens n’ont plus peur des puissants et ils nous prouvent tous les jours qu’ils ne se rendent pas ni ne se considèrent comme vaincus.</p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/250px-Gigi_Ibrahim_at_the_2011_Egyptian_protests.jpg"><img class=" alignright" title="250px-Gigi_Ibrahim_at_the_2011_Egyptian_protests" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/250px-Gigi_Ibrahim_at_the_2011_Egyptian_protests.jpg" alt="" width="250" height="333" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut d’abord définir ce qu’est le fascisme et comprendre ce qu’il est. Malheureusement, beaucoup de personnes abusent de ce terme en sous estimant sa véritable signification et contexte historique. Dans l’histoire, nous pouvons trouver certaines périodes de montée du fascisme comme dans l’Allemagne nazie, et nous pouvons analyser les conditions qui peuvent transformer un régime dictatorial en régime fasciste. Bien qu’ils soient dictatoriaux, très conservateurs et de droite, les Frères Musulmans ne sont pas des fascistes. On peut les décrire comme un groupe politique violent et organisé, néolibéral, conservateur, dictatorial et réactionnaire qui a soif de pouvoir et d’argent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pendant les protestations sur la Place Tahrir au début de 2011, de nombreuses femmes ont dit qu’elles s’y sentaient libre de toute forme de harcèlement sexuel, très répandu auparavant. En quoi et pourquoi la situation est-elle différente actuellement et quelle a été la riposte ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les 18 jours de Tahrir furent les seuls journées où l’ont peut affirmer avec certitude qu’on n’a enregistré aucun cas de harcèlement sexuel sur la place. Cependant, après le 11 février 2011, quand Moubarak a démissionné, il y a eu de nombreux cas graves de harcèlement sexuel et même de viol.</p>
<p style="text-align: justify;">En général, en Egypte, le harcèlement sexuel est une épidémie en croissance – avant et après la révolution – et il se produit partout, pas seulement sur la place Tahrir. La principale différence est qu’à partir de novembre 2012 nous avons commencé à constater que le harcèlement sexuel et le terrorisme sexuel systématiques étaient utilisés comme arme politique de la part de la contre-révolution. On s’attaque aux femmes de Tahrir dans le but de les effrayer pour qu’elles ne manifestent pas et pour affaiblir ainsi la révolution.</p>
<p style="text-align: justify;">On y a répondu par de fortes campagnes organisées et par des collectifs contre le harcèlement sexuel ; ces derniers se sont transformés en service d’ordre qui assure la protection de toutes les personnes sur la place Tahrir mais plus particulièrement des femmes. On a créé des groupes tels que « Opération harcèlement sexuel » et « Gardes du corps Tahrir » et des milliers de femmes ont manifesté pour protester contre cette nouvelle technique dirigée contre elles. Ces actions ont permis quelques victoires en sauvant au moins quelques victimes et en encourageant les autres à rester fermes et à participer aux actions dans les rues.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelle est la situation des protestations ouvrières et du nouveau mouvement syndical. Les femmes y sont elles également actives ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous, les femmes, avons toujours impulsé partout la révolution et le mouvement ouvrier ne constitue pas une exception. Il y a aujourd’hui plus de 300 syndicats indépendants qui se sont créés après la révolution, et bon nombre d’entre eux comptent des femmes aux postes dirigeants.</p>
<p style="text-align: justify;">Les grèves se poursuivent également dans différentes industries qui font face aux licenciements et coupes des prestations sociales des travailleurs à cause des problèmes économiques de l’Egypte. Nous voyons tous les jours comment les travailleurs et les travailleurs mènent des grèves pour expulser un bureaucrate corrompu, pour l’augmentation des salaires ou pour exiger un contrat. Ils s’affrontent à la répression de l’Etat, qui tente de marginaliser toutes les revendications ouvrières, en disant qu’il « est temps de travailler et de ne pas faire grève » car Morsi tente de privatiser des entreprises et de couper les subsides aux produits de base dans l’espoir d’obtenir un prêt du FMI. Nous prévoyons que les grèves et les luttes ouvrières vont s’accroître sans cesse plus.<br />
<strong><br />
</strong><strong>La gauche semble très divisée en Egypte, pourquoi ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">N’est-ce pas un peu la même chose partout (rires). Je crois que la gauche a une énorme responsabilité à l’heure d’offrir une alternative claire qui réponde à ce que les gens attendent de la révolution, loin de la dichotomie entre ou bien « la droite islamiste des Frères Musulmans » ou bien « la droite d’un gouvernement militaire et une démocratie de style Moubarak ».</p>
<p style="text-align: justify;">La gauche est l’unique force politique qui peut réellement gagner cette révolution et réaliser des changements durables, mais pour arriver à cet objectif un énorme et dur travail sera nécessaire, ainsi que beaucoup de discipline, d’organisation et de temps. Du fait que la révolution égyptienne a été, dans une grande mesure, désorganisée et spontanée, il existe beaucoup de groupes qui sont très engagés avec la révolution et y adhèrent pleinement mais qui sont encore politiquement très jeunes. Ainsi, l’idée de réunir les forces et de construire un parti révolutionnaire qui parvienne à organiser les masses semble de la science-fiction pour beaucoup de jeunes qui ont été aux premières lignes de la révolution.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le dire autrement, il est beaucoup plus facile de participer aux batailles quotidiennes dans la rue avec des centaines ou des milliers de personnes que de mobiliser et d’organiser des millions dans une seule action de masse qui puisse réellement mettre fin à ce régime et obtenir un changement réel. Tel est le défi pour la gauche ; c’est une question d’organisation, de construction d’un puissant bras politique pour le peuple. Il faut reconnaître que les divers groupes ont des idées très différentes par rapport à comment réaliser cela.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon moi, il n’y a que de meux manière d’y parvenir : par le chemin difficile, qui demande du temps, en construisant à partir de la base ; ou par le chemin facile, à partir d’en haut, mais on n’obtiendra qu’un parti sans cohésion. Je crois que nous devons suivre le chemin difficile.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Que peux-tu dire sur la situation du printemps arabe en général et spécialement en Syrie ? As-tu encore de l’espoir ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La révolution égyptienne est cruciale pour le printemps arabe. Je crois en l’effet domino et de ce fait une victoire en Syrie serait une victoire pour la révolution égyptienne et vice-versa. Toute la région est interconnectée à de nombreux niveaux. Je crois que l’Egypte a l’énorme responsabilité de prendre la tête de la lutte, vu qu’elle compte avec la classe ouvrière la plus importante de toute la région. Cela rend d’autant plus urgent que la gauche s’organise afin de renverser ce régime corrompu.</p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-10075" title="Une TEAN 88.preview" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Une-TEAN-88.preview-300x336.jpg" alt="" width="300" height="336" /></p>
<p style="text-align: left;">Article publié sur <a href="http://www.avanti4.be/analyses/article/la-revolution">www.avanti4.be/analyses/article/la-revolution</a></p>
<p style="text-align: left;">Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera</p>
<p style="text-align: left;">Plus d&#8217;information sur <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Gihan_Ibrahim" target="_blank">Gigi Ibrahim sur Wikipédia</a></p>
<p style="text-align: left;"> </p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #0000ff;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>A lire aussi sur notre site:<br />
</strong></span><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9539" target="_blank"><em><span style="color: #0000ff;">* Un article sur le livre de Gilbert Achcar, &laquo;&nbsp;Le peuple veut &#8211; L’onde de choc révolutionnaire dans la région arabe&nbsp;&raquo;</span></em></a><em><span style="color: #0000ff;"> (avril 2013)<br />
</span></em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9475" target="_blank"><em><span style="color: #0000ff;">* Du Forum Social Mondial aux révoltes arabes </span></em></a><em><span style="color: #0000ff;">(mars 2013)<br />
</span></em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=8516"><em><span style="color: #0000ff;">* Egypte : la révolution continue!</span></em></a><em><span style="color: #0000ff;"> (décembre 2012)</span></em></span></p>
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		<title>Deux ans après – « Le Mouvement du 15-M nous a redonné confiance dans le ‘nous’ pour pouvoir changer les choses »</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 15:26:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Phil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Luttes & mouvements]]></category>
		<category><![CDATA[Indignés]]></category>

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		<description><![CDATA[Esther Vivas est une combattante infatigable de la résistance civique, membre du Conseil Scientifique d’ATTAC, activiste et chercheuse en mouvement sociaux et en politiques agricoles et alimentaires. Elle est en outre diplômée en journalisme et fait partie du Centre d’Etudes sur les mouvements sociaux de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone. Elle est auteure de plusieurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #cc0000;">Esther Vivas est une combattante infatigable de la résistance civique, membre du Conseil Scientifique d’ATTAC, activiste et chercheuse en mouvement sociaux et en politiques agricoles et alimentaires. Elle est en outre diplômée en journalisme et fait partie du Centre d’Etudes sur les mouvements sociaux de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone. Elle est auteure de plusieurs livres, dont le plus récent est <em>Planeta Indignado. Ocupando el futuro</em> (Sequitur, 2012). Avec Josep Maria Antentas, elle y explique les caractéristiques du Mouvement du 15-M (15 Mai 2011, NdT), ou mouvement des Indignés qui, au cours du printemps 2011, a occupé les places de plusieurs villes espagnoles. Un mouvement citoyen pacifique qui promeut une démocratie réelle et plus participative.</span></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/arton938-cbef6.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-10060" title="arton938-cbef6" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/arton938-cbef6.jpg" alt="" width="280" height="186" /></a>En tant que chercheuse en mouvements sociaux et comme activiste, comment définirais-tu ces mouvements ?</strong></p>
<p>Un mouvement social est un groupe de personnes qui partagent une certaine identité collective et qui se mobilisent par des canaux non institutionnels pour changer une situation déterminée. Il y a des mouvements sociaux très divers qui cherchent à transformer la société dans des aspects déterminés en considérant que les pratiques menées à bien par le gouvernement dans ces domaines ne sont pas correctes.</p>
<p>Aujourd’hui, on remet en question le système actuel, dans le cadre de la crise aiguë que nous sommes en train de vivre. Et ce contexte favorise l’émergence d’organisations sociales et de mouvements qui posent la question d’autres politiques. Ils défendent et exigent, par exemple, un logement digne, un enseignement et une santé publics et de qualité, etc.</p>
<p><strong>Nous sommes au deuxième anniversaire du mouvement du 15-M ; quel bilan en tires-tu ?</strong></p>
<p>Je pense que l’impact le plus important du 15-M et des Indignés s’est produit dans l’imaginaire collectif, autrement dit dans la manière de percevoir le monde et dans la capacité de mettre en question ce qui nous à conduit à la situation présente de crise. En outre, il nous a redonné confiance dans le « nous » pour pouvoir changer les choses.</p>
<p>Depuis le début de la crise, les différents gouvernements qui se sont succédés dans l’Etat espagnol nous ont répété à satiété que nous « avions vécu au dessus de nos moyens » et ils nous ont fait nous sentir complices, voire coupables, de la situation. Mais le 15-M a rompu avec ce discours hégémonique et a construit un discours contre-hégémonique. Nous ne sommes ni coupables ni complices de cette situation car nous en sommes les victimes. Le mouvement a été capable de créer un discours alternatif, en générant un changement de mentalité dans l’imaginaire des gens.</p>
<p><strong>Qui sont les responsables directs de cette situation ?</strong></p>
<p>Les coupables sont les élites économiques et financières qui, avec le soutien de la caste politique actuelle, nous ont conduits à cette situation de banqueroute. Ce sont eux qui ont « vécu au dessus de leurs moyens » et ont spéculé dans l’immobilier, ont construit des milliers de logements qui sont restés vides.</p>
<p><strong>Quelles sont les « idées-forces » de ce mouvement alternatif et sa nouvelle manière de faire de la politique à la base ?</strong></p>
<p>Les médias disaient que c’était un mouvement apolitique, mais cela était faux parce que le mouvement revendiquait une autre politique, en comprenant la politique comme la lutte quotidienne pour nos droits, une politique à partir d’en bas, de la base.</p>
<p>Après l’émergence du 15-M, le mouvement a défini quelques principes qui le situent dans un axe idéologique de gauche : changer le monde et les politiques en faveur des gens. Et nous l’avons constaté dans les revendications qu’il défend : nationalisation des banques, démocratie réelle, politique au service des personnes, etc. Lors des campements du 15-M, il y avait de la politique. Elle ne se respirait pas seulement dans les déclarations et les discours mais aussi dans la pratique. L’occupation des places et les multiples activités qui s’y organisaient signifiaient la volonté de commencer à changer le monde ici et maintenant.</p>
<p><strong>Dans le livre <em>Planeta indignado. Ocupando el futuro</em>, vous affirmez que changer le monde n’est pas une tâche facile ni immédiate. Qu’il s’agit au contraire d’une course de fond où il y a plus que jamais besoin d’intelligence et d’imagination stratégique. En quoi se concrétise cette imagination indignée ?</strong></p>
<p>Nous parlons de cette imagination parce bien souvent le système nous a inculqué qu’il n’est pas possible de changer les choses. Il nous dit que le système ne fonctionne pas mais qu’il n’y a pas d’autres alternatives. Et cela constitue une grande victoire du capitalisme : l’apathie, la résignation, la peur… Le triomphe du capitalisme, c’est que nous restions chez nous. Et l’émergence du 15-M a justement signifié tout le contraire. Les gens sont sortis massivement dans les rues et ont occupé l’espace public, les places.</p>
<p>Et nous avons vu que si nous nous indignions, nous organisions, luttions et désobéissions, nous pouvions alors changer les choses parce que nous sommes nombreux. Qu’il existe des alternatives au système économique actuel et que, si elles ne sont pas appliquées, c’est parce que ceux qui dirigent ne sont pas intéressés à les appliquer car ils ont des liens étroits avec les élites économiques et financières et qu’ils bénéficient tous de cette situation. De fait, la crise est l’excuse parfaite pour appliquer une série de mesure d’austérité largement planifiées.</p>
<p><strong>Que signifie aujourd’hui être « anticapitaliste » ?</strong></p>
<p>Il y a de plus en plus de gens qui peuvent se sentir anticapitalistes, qu’ils se définissent comme tels ou non. Parce que, actuellement, ce qui est clair aux yeux d’un nombre sans cesse croissant de personnes, c’est que ce système ne fonctionne pas. La crise a démasqué le capitalisme et a mis en évidence l’usure, l’avarice et la concurrence qu’il stimule et comment ce système place les intérêts particuliers d’une minorité au dessus des besoins élémentaires de majorité. Le capitalisme transforme des droits fondamentaux en marchandises.</p>
<p><strong>Par exemple ?</strong></p>
<p>On le voit avec l’accès au logement, le droit à l’enseignement et à une santé publique et de qualité, le droit à nous alimenter de manière saine. Un exemple : chaque jour dans l’Etat espagnol, on procède à 532 expulsions de logement alors qu’il y a 3 millions de logements vides. La loi hypothécaire est au service des banques et les politiques répondent aux intérêts d’une minorité financière. Etre anticapitaliste, c’est être contre ce système et défendre un autre qui soit au service des gens et de la planète. Il semble sans cesse plus logique d’être anticapitaliste et anti-système que d’être pro-capitaliste ou pro-système.</p>
<p><strong><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/im15m.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-10064" title="im15m" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/im15m-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a>Que penses-tu de la lutte menée par la Plateforme des Victimes des Hypothèques (PAH) ?</strong></p>
<p>Il est important d’obtenir des victoires concrètes, de lutter et de ne pas faiblir, et ici le travail de la PAH est exemplaire. Elle a obtenu des victoires qui ont donné de l’oxygène au mouvement ; on a stoppé des expulsions, le PP a du accepter l’Initiative Législative Populaire – même s’il l’a ensuite enterrée &#8211; et la « bataille » de la PAH n’est pas encore terminée. La PAH représente l’espoir pour ceux qui vivent le drame des expulsions et une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent.</p>
<p><strong>Comment voyez-vous le probable « saut dans la politique » de certains mouvements sociaux ou de plateformes civiques ?</strong></p>
<p>Je crois que les mouvements sociaux doivent toujours être indépendants par rapport aux organisations politiques. Mais il faut également souligner les limites de la mobilisation en soi. De mon point de vue, je pense que, pour changer les choses, au-delà de la lutte dans la rue et de la désobéissance qui sont indispensables, il est également fondamental de construire des alternatives politiques, antagonistes à celles d’aujourd’hui, qui défendent une autre pratique politique, loyales aux gens qui luttent et avec un programme de rupture avec le système. Sinon, en restant cantonnés aux mouvements sociaux, on risque de se limiter à être un lobby vis-à-vis de ceux qui dirigent.</p>
<p><strong>Quelques exemples ?</strong></p>
<p>C’est déjà arrivé en Argentine, en 2001, quand les gens sont sortis dans la rue en criant « Qu’ils s’en aillent tous ». Et tel fut le cas. Ils sont tous partis mais les mêmes de toujours sont revenus avec la famille Kirchner au grand complet.</p>
<p>On le voit aussi aujourd’hui en Islande : il y a une grande mobilisation sociale, les élections arrivent et sont remportées par une alliance entre le Parti Social-Démocrate et le Mouvement de la Gauche-Verte, on élabore une nouvelle constitution à partir d’en bas et ces partis finissent pas liquider l’initiative. Aux élections suivantes, la droite qui a mené le pays à la faillite remporte le scrutin. Je crois que tous ces cas doivent nous faire réfléchir sur la nécessité de construire une alternative politique à partir d’en bas.</p>
<p><strong>De quelle manière les nouveaux mouvements sociaux utilisent-ils Internet pour diffuser leurs idéaux et mobiliser les citoyens ?</strong></p>
<p>On ne peut comprendre aujourd’hui la protestation sociale sans analyser le rôle des réseaux sociaux. Ce sont des canaux d’information alternatifs aux médias traditionnels. Des instruments qui ont permis aux activistes d’expliquer à la première personne ce qui se passe, en se transformant en ce qu’on appelle des « journalistes citoyens ».</p>
<p>Ces instruments représentent un pas en avant dans la démocratisation de la communication, pour la rendre accessible à tous. Mais, ce qui est indispensable, c’est de lier l’utilisation de ces instruments et réseaux aux mouvements qui luttent dans la rue. Ils doivent servir, en conséquence, pour amplifier ces luttes.</p>
<p><strong><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/im15m2.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-10065" title="im15m2" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/im15m2-300x189.jpg" alt="" width="300" height="189" /></a>Les revendications et les stratégies du mouvement contre la dette du Sud peuvent-ils s’appliquer en Europe ?</strong></p>
<p>S’il y a plus de 10 ans on se solidarisait avec la lutte contre la dette extérieure des pays du Sud (en 2000 on a organisé ici un référendum populaire qui avait recueilli plus d’un million de votes et qui revendiquait que les pays du Sud n’aient pas à rembourser une dette illégale et illégitime), aujourd’hui, une décennie plus tard, nous voyons comment la problématique de la dette est arrivée en Europe.</p>
<p>Et nous mobilisons pour refuser de payer une dette injuste et illégale que nous réclament et nous imposent les banques et les marchés. En conséquence, nous avons beaucoup de choses à apprendre des luttes en Amérique latine (mais aussi en Asie et en Afrique) contre l’endettement. En Equateur, le gouvernement de Correa, avec le soutien des mouvements sociaux, a réalité un audit pour savoir quelle partie de la dette réclamée par les institutions internationales était légitime ou non. Et on a prouvé qu’une partie de cette dette était illégitime, qu’elle n’avait bénéficié qu’à des élites politiques et économiques et le gouvernement a décidé de ne pas la payer. Il faut démonter le mythe que la dette ne peut qu’être payée. Ce n’est pas le cas. Pourquoi devrions-nous payer une dette qui n’est pas la nôtre ?</p>
<p>Interview réalisée par <strong>Sílvia Cabezas d’Alcalà </strong>pour PiensaEsGratis.com et publiée en français sur <a href="http://www.avanti4.be/analyses/article/etat-espagnol-deux">Avanti4.be</a></p>
<p><strong>Egalement disponible sur le site d&#8217;Esther Vivas, </strong><a style="font-weight: bold;" href="http://esthervivas.com/2013/05/08/el-15m-nos-ha-devuelto-la-confianza-en-el-nosotrs-para-poder-cambiar-las-cosas/ " target="_blank">en espagnol</a><strong> et </strong><a style="font-weight: bold;" href="http://esthervivas.com/francais/etat-espagnol-deux-ans-apres-le-mouvement-du-15-m-nous-a-redonne-confiance-dans-le-nous-pour-pouvoir-changer-les-choses/" target="_blank">en français</a><strong> </strong><br />
Traduction française pour Avanti4.be :<strong> Ataulfo Riera</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong><span style="text-decoration: underline;">A lire aussi sur notre site:</span><br />
</strong><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=7729"><span style="color: #0000ff;">* Etat espagnol – 25S : le sauvetage de la démocratie</span></a><span style="color: #0000ff;"> (octobre 2012)</span></em><br />
<em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=6855" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">*</span></a></em></span><em><span style="color: #0000ff;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=6855" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"> Indignés: « La perspective de la démocratie directe et de l’autogestion »</span></a></span><span style="color: #0000ff;"> </span><span style="color: #0000ff;">(mai 2012)<br />
</span></em><span style="color: #0000ff;"><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=4188"><span style="color: #0000ff;">* </span></a></em></span><span style="color: #0000ff;"><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=4188"><span style="color: #0000ff;">Espagne : « Plus rien ne sera comme avant »</span></a><span style="color: #0000ff;"> (mai 2011)<br />
</span></em></span></p>
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		<title>Les photos de la Flash mob: NON le 9 juin à la révision de la Loi sur l’asile</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 01:33:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Asile]]></category>

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Photos Kevin Seisdedos
Vidéo de la flash mob sur le site du Tagesanzeiger: www.tagesanzeiger.ch/video/?channel_id=62&#38;video_id=156438
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-13.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-10043" title="Flashmob_asile-13" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-13-580x386.jpg" alt="" width="580" height="386" /></a></p>
<p><span id="more-10037"></span><br />
<a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-10.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-10042" title="Flashmob_asile-10" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-10-580x386.jpg" alt="" width="580" height="386" /></a></p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-9.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-10041" title="Flashmob_asile-9" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-9-580x386.jpg" alt="" width="580" height="386" /></a></p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-4.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-10040" title="Flashmob_asile-4" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-4-580x386.jpg" alt="" width="580" height="386" /></a><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-8.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-10050" title="Flashmob_asile-8" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Flashmob_asile-8-580x386.jpg" alt="" width="580" height="386" /></a></p>
<p>Photos Kevin Seisdedos</p>
<p>Vidéo de la flash mob sur le site du <em>Tagesanzeiger: </em><a href="http://www.tagesanzeiger.ch/video/?channel_id=62&amp;video_id=156438">www.tagesanzeiger.ch/video/?channel_id=62&amp;video_id=156438</a></p>
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		<title>Pas de nazis dans les Pâquis! Ni le 25 mai ni un autre jour!</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 07:29:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premier plan]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 25 mai prochain, une organisation fasciste organise une marche sur le thème de &#171;&#160;l&#8217;insécurité&#160;&#187;. Celle-ci aura lieu dans l&#8217;un des quartiers les plus populaires et multiculturelles de la ville de Genève (Les Pâquis). Téléchargez le flyer au format PDF ou l&#8217;image JPEG ci-dessous en haute définition (2480&#215;3508).

A lire aussi sur notre site:
* Non à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 25 mai prochain, une organisation fasciste organise une marche sur le thème de &laquo;&nbsp;l&#8217;insécurité&nbsp;&raquo;. Celle-ci aura lieu dans l&#8217;un des quartiers les plus populaires et multiculturelles de la ville de Genève (Les Pâquis). <a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/flyer-antifa.pdf" target="_blank">Téléchargez le flyer au format PDF</a> ou l&#8217;image JPEG ci-dessous en haute définition (2480&#215;3508).</p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/flyer-antifa.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-10030" title="flyer antifa" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/flyer-antifa-300x424.jpg" alt="" width="300" height="424" /></a></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong><span style="text-decoration: underline;">A lire aussi sur notre site:</span><br />
</strong><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9850"><span style="color: #0000ff;">* Non à la marche des fascistes à Genève le 25 mai!</span></a><span style="color: #0000ff;"> (mai 2013)</span></em><br />
<em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9520"><span style="color: #0000ff;">*</span></a></em></span><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9520"><span style="color: #0000ff;"> Pour que cette fois l’histoire ne se répète pas ! No Pasaran </span></a><span style="color: #0000ff;">! (avril 2013)<br />
</span></em><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=8772"><span style="color: #0000ff;">* L’extrême droite européenne: comprendre la marée brune</span></a></em><em><span style="color: #0000ff;"> (février 2013)<br />
</span></em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Notre-Dame-des-Landes: Notre Dame des Luttes!</title>
		<link>http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9986</link>
		<comments>http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9986#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 10 May 2013 15:12:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilisation]]></category>

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		<description><![CDATA[Documentaire de Jean-François Castell, réalisé en novembre et décembre 2012
Portraits &#38; chronique des luttes des occupant-e-s de la Zone A Défendre (ZAD), le territoire prévu pour la construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Plus d&#8217;informations sur www.facebook.com/NotreDameDesLuttes

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Documentaire de Jean-François Castell, réalisé en novembre et décembre 2012<br />
Portraits &amp; chronique des luttes des occupant-e-s de la <a href="http://zad.nadir.org">Zone A Défendre (ZAD)</a>, le territoire prévu pour la construction du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.<br />
Plus d&#8217;informations sur <a href="https://www.facebook.com/NotreDameDesLuttes">www.facebook.com/NotreDameDesLuttes</a></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/Ipy01M4Bci4" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>&#171;&#160;Vivre pour travailler&#160;&#187;? C&#8217;est NON!</title>
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		<pubDate>Fri, 10 May 2013 15:03:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premier plan]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilisation]]></category>
		<category><![CDATA[Salariat]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicalisme]]></category>
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		<description><![CDATA[
A Neuchâtel, des vendeuses et vendeurs ont lancé un référendum contre la nouvelle Loi sur les heures d’ouverture des commerces (LHOCom) du canton. Totalement solidaires de ces personnes, nous offrons à l’une d’entre elles, Justine Kassibrakis, l’occasion d’en dire plus sur ses motivations.
Bonjour Justine, vous faites partie du groupe de vendeuses et de vendeurs à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #c00000;"><em>A Neuchâtel, des vendeuses et vendeurs ont lancé <a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9445">un référendum contre la nouvelle Loi sur les heures d’ouverture des commerces (LHOCom) du canton.</a> Totalement solidaires de ces personnes, nous offrons à l’une d’entre elles, Justine Kassibrakis, l’occasion d’en dire plus sur ses motivations.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Bonjour Justine, vous faites partie du groupe de vendeuses et de vendeurs à l’origine de ce référendum. Pourquoi refusez-vous cette Convention collective de travail (CCT) et la loi qui va avec?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Justine: Oui, je soutiens activement le comité référendaire mais je ne l’ai pas initié. Je me suis réjouie de sa forma- tion en l’apprenant dans la presse et je m’en suis rapprochée ensuite par le biais de Facebook. Pour l’historique, il faudrait voir avec le comité directe- ment: les «lauriers» lui reviennent. Pour moi, le temps est si précieux qu’il a infiniment plus de valeur que les salaires modestes (NDR: salaires minimaux entre 3200 et 3850 CHF selon la taille du commerce, la forma- tion et l’expérience) qui sont articulés dans la CCT neuchâteloise. D’ailleurs, ces salaires ne sont pas une grande avancée sociale contrairement à ce que prétend Unia, car ils ne permet- tent pas de vivre sans subventions; le risque est de plonger les employés de la vente dans lesdits «effets de seuil». Déjà aujourd&#8217;hui, les ouvertures des crèches ou la fréquence des transports publics ne correspondent pas aux fer<span style="color: #000000;">metures des commerces. Mais les nouveaux horaires rendent la conciliation entre la vie de famille et le travail plus compliquée encore.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C’est pour ces raisons que les Neuchâtelois ont déjà refusé plusieurs fois en votation un tel prolongement des heures d’ouverture. Nous avons le sentiment que le milieu politique ne tient pas compte de ces refus.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">Quelle a été la réaction de votre syndicat (Unia) et des partis de la gauche neuchâteloise lorsque le référendum a été lancé?</span></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-medium wp-image-9982 alignright" title="rubon181" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/rubon181-300x330.jpg" alt="" width="300" height="330" /><span style="color: #000000;">Le syndicat campe sur ses positions: «ils ont raison, nous avons tort»! Un peu de hauteur, beaucoup de silence et une touche de condescendance&#8230; Pourtant en 2008, Unia faisait cam- pagne contre ces extensions d’ouver- ture. Aujourd’hui, le syndicat fait campagne pour cette loi&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Quant aux partis de gauche, ils ont été très embarrassés en pleine période d’élections. Deux députés du PS sont aussi secrétaires syndicaux à Unia et Catherine Laubscher, secrétaire régionale, est membre de solidaritéS. Quelques députés de gauche se sont très discrètement mobilisés et nous avons obtenu quelques signatures. Le POP du Val-de-Travers nous a soutenus. Mais la tendance à «défendre sa peau» avant les intérêts des salariés semble, en période d’élection, la marche à suivre. C’est la principale réponse que nous avons reçue en cherchant du soutien.</span></p>
</div>
<div>
<p><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #000000;">C’est malheureusement loin d’être la première fois que ça arrive&#8230; Mais assez parlé d’eux. Pourquoi vous battez-vous tout de même, «seuls contres tous»? Et quelles valeurs portez-vous en lançant ce référendum?</span></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">De nombreuses personnes nous sou- tiennent, même en l’absence des organisations censées défendre les salariés et les valeurs de gauche. L’errance dans les commerces, la consommation et la croissance ne peuvent pas être un projet de société. D’autres activités bien plus riches humainement nous attendent. Notre mode de vie actuel ne correspond pas au monde dans lequel nous vivons. Il nous faudrait plusieurs planètes de rechange si l’ensemble de la popula- tion mondiale souhaitait consommer autant que dans les pays occidentaux. Nous devons décroître pour conti- nuer à vivre toutes et tous dignement sur cette planète. Mais c’est tout l’in- verse qu’on nous propose! Travailler plus, gagner à peine assez pour vivre, consommer le peu qu’il nous reste et finalement s’endetter: c’est-à-dire vivre pour travailler! Tant que nous laisserons des politiciens tenter de résoudre la crise à leur manière les choses ne changeront pas. Plus de commerces ouverts plus longtemps, c’est le soutien de cette croissance sans fin et sans autre finalité que le profit et l’enrichissement, «l’avoir» de quelques-uns. Dans un monde où les catastrophes écologiques s’accu- mulent, choisir un modèle de société <span style="text-align: justify;">où l’on crée «moins de biens mais plus de liens» me paraît nécessaire. Sinon, nous devrons continuer à subir des valeurs et des lois qui ne sont pas les nôtres. C’est aussi ce qui me conduit à soutenir le référendum.</span></span></p>
<p>Article paru dans <em>L’Anticapitaliste</em> n°91, 10 mai 2013</p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="text-align: justify;"><span style="color: #c00000;">A lire également sur notre site: </span></span></span></p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9763"><em>Ouverture des commerces à Neuchâtel: tous d’accord… sauf les concernés !</em></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9445"><em>Neuchâtel: Unia cède, les vendeuses et les vendeurs non!</em></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #cc0000;">Voir aussi:</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #000000;"><em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/NEUCHATEL-07-05-2013.pdf" target="_blank">Message de soutien du Syndicat des services publics (SSP) &#8211; Genève</a></em></span></em></p>
</div>
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		<title>L’Anticapitaliste n° 91 est sorti</title>
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		<pubDate>Fri, 10 May 2013 00:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[L'Anticapitaliste]]></category>

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		<description><![CDATA[
AU SOMMAIRE:

Page 2 – Coup de poing
/ A l’affiche –  Jacques Pilet
/ Fallait oser!
Page 3 – Premier plan
/ Horaire des commerces – Vivre pour travailler? C&#8217;est NON!
/ L’édito
Page 4 – Champ libre

/ En tricotant ma cagoule – Remplir son frigo
/ Vu d’Amérique – Le massacre de Bay View: l&#8217;autre Haymarket
Page 5 – Au pays du Capital

/ [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><span style="color: #c00000;"><strong>AU SOMMAIRE:<a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Seiten-aus-LA_91-2.png"><img class="alignright size-medium wp-image-9943" title="Seiten aus LA_91-2" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Seiten-aus-LA_91-2-300x361.png" alt="" width="300" height="361" /></a><br />
</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Page 2 – Coup de poing</span></span></p>
<p><span style="color: #000000;">/ A l’affiche –  Jacques Pilet<br />
/ Fallait oser!</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Page 3 – Premier plan</span></span></p>
<p><span style="color: #000000;">/ Horaire des commerces – Vivre pour travailler? C&#8217;est NON!<br />
/ L’édito</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Page 4 – Champ libre</span></span></p>
<div>
<p><span style="color: #000000;">/ En tricotant ma cagoule – Remplir son frigo<br />
/ Vu d’Amérique – Le massacre de Bay View: l&#8217;autre Haymarket</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Page 5 – Au pays du Capital</span></span></p>
</div>
<p><span style="color: #000000;">/ <a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9932">L&#8217;arrogance de Tamedia – 15% de profit au minimum! </a><br />
/ Le fil d’Ariane</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Page 6 – Un monde à changer</span></span></p>
<p><span style="color: #000000;">/ Italie – Une solution illusoire et instable<br />
/ D’un continent à l’autre</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Page 7 – Décodeur</span></span></p>
<p><span style="color: #000000;">/ A lire – Le peuple veut<br />
/ Le chiffre de la quinzaine – 30%<br />
/ L’agenda militant</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">Page 8 – La der</span></span></p>
<p><span style="color: #000000;">/ Asile – <a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9833">Les animateurs de la bataille référendaire exclus au profit de &#8230; ceux qui l&#8217;ont combattue! </a><br />
/ La photo – Sur nos monts, quand le soleil&#8230;</span></p>
<p><span style="color: #000000;">********************************</span></p>
<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?page_id=44" target="_self"><span style="color: #c00000;">ABONNEZ-VOUS OU DEMANDEZ UN NUMÉRO GRATUIT!</span></a></p>
</div>
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		<item>
		<title>L’arrogance de Tamedia : 15% de profit au minimum!</title>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 23:36:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Salariat]]></category>

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		<description><![CDATA[Le groupe Tamedia, éditeur de quelques (!) grands titres (Le Matin, Le Matin Dimanche, 24 heures, 20 minutes, Femina, Le Temps, Tribune de Genève, Bilan, Finanz und Wirtschaft, SonntagsZeitung, Tages Anzeiger) va très bien.
Et ses actionnaires aussi. Pietro Supino, président du conseil d’administration l’a confirmé durant la dernière assemblée générale du groupe qui s’est tenue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #c00000;"><em>Le groupe Tamedia, éditeur de quelques (!) grands titres (</em>Le Matin, Le Matin Dimanche, 24 heures, 20 minutes, Femina, Le Temps, Tribune de Genève, Bilan, Finanz und Wirtschaft, SonntagsZeitung, Tages Anzeiger<em>) va très bien.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et ses actionnaires aussi. Pietro Supino, président du conseil d’administration l’a confirmé durant la dernière assemblée générale du groupe qui s’est tenue en avril dernier. Pour lui, l’exercice 2012 a été très bon. Les actionnaires allaient être justement récompensés par la distribution prévue de 47,7 millions de dividendes. De juteux profits qui s’accompagneraient de mesures d’économies estimées à 34 millions de francs pour les trois prochaines années, au sein des rédactions et des centres d’impression. Pourquoi de telles mesures de restructuration? Pour atteindre une marge bénéficiaire de 15%, dogme bien établi et issu du monde financier. A moins de 15%, les actionnaires et les dirigeants risquent de passer pour des amateurs, ne sachant pas exploiter correctement leur mine d’or. Pas d’hésitation donc dans la course aux profits. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Proposition syndicale balayée</strong><br />
Preuve de cette arrogance patronale, le très net refus de l’assemblée des actionnaires de réduire le dividende annuel à 23,85 millions au lieu des 47,7 millions prévus, afin d’alimenter un fonds pour le maintien des places de travail. Cette demande provenait du syndicat Syndicom, plus exactement d’un de ses dirigeants, Roland Kreuzer, présent à l’assemblée. Son plaidoyer n’a pas réussi à attendrir la famille Coninx qui détient les trois-quarts des actions Tamedia. Certes, effectuer cette démonstration de la cupidité des actionnaires au grand jour pouvait se justifier pour un syndicat. Mais le résultat de la votation ne faisait aucun doute, les capitalistes sont maîtres chez eux! Par contre, cette démonstration aurait pu être le point de départ d’une campagne de mobilisation et d’actions des salariés du groupe, pour opposer à cette logique d’enrichissement à tout prix, une autre logique: celle de la défense des postes de travail. Roland Kreuzer le reconnaît en déclarant que «l’action qui s’est montrée la plus efficace jusqu’à présent c’est d’aller manifester. Les démonstrations qui ont eu lieu en Suisse romande nous ont beaucoup aidé.» (<em>Le Courrier</em>, 27 avril 2013) Face à une telle arrogance, les actions organisées s’avèrent néanmoins insuffisantes. Le syndicat est toujours dans une logique de «négociation» alors que ses propositions très raisonnables sont balayées. La proposition de Syndicom laissait encore 24 millions aux rapaces de la presse: largement insuffisant aux yeux des actionnaires!<a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/images-2.jpeg"><img class="alignright size-full wp-image-9934" title="images-2" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/images-2.jpeg" alt="" width="259" height="194" /></a><br />
<strong></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La paix du travail a montré ses limites</strong><br />
Il faut donc préparer un combat à une autre échelle. Si les patrons de la presse ne comprennent pas les bons sentiments, il faut leur montrer qui fait marcher les machines et qui produit les journaux. Une grève avec occupation des sites, voilà un langage que ces vautours peuvent comprendre, voilà une autre situation qui peut les faire réfléchir. En effet, la concentration d’un tel groupe peut aussi être son point faible, puisqu’elle peut permettre de décupler les conséquences en cas de conflit social. Une grève avec son impact médiatique constitue une caisse de résonance à la revendication du maintien des emplois et à la dénonciation des dividendes de 15% pour les requins financiers. Inversons les rôles. Imaginons un instant qu’un syndicat vienne avec une revendication de hausse des salaires d’au moins 15%, et l’exigence de licenciements de directeurs et de rédacteurs. Les patrons crieraient au scandale et ne manqueraient pas de dénoncer la folie et l’irréalisme d’une telle demande, contraire à la culture helvétique, à l’esprit de concertation et de compromis équitable.<br />
Or c’est exactement la pratique actuelle des dirigeants de Tamedia: hausse de leurs dividendes et licenciements annoncés. Face à «l’obstination» des patrons de la presse, la «détermination» doit aller plus loin que les premières manifestations. Il en est de même pour défendre une pluralité et une diversité de presse, déjà mise à mal par la toute-puissance des résultats financiers. Comment faire respecter des libertés d’opinion, d’enquête et de critique dans des journaux sous la menace permanente de restructurations?<br />
<strong></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>La guerre d’usure</strong><br />
Une modification du rapport de force, aujourd’hui très défavorable aux salariés, nécessite une rupture avec la logique de la «paix du travail» qui en dernier lieu a toujours profité aux patrons. La passivité, l’attente ne contribuent pas à coaliser et affermir un monde du travail qui a déjà subi beaucoup d’attaques, précédées d’autant de promesses. Les concessions sont une preuve de faiblesse et ne constituent en aucune manière une garantie. Au contraire, elle encourage l’agressivité des patrons.<br />
Pour preuve, la répression engagée contre l’organisation syndicale. Le dernier numéro de Services Publics (3 mai 2013) dresse la liste des délégués syndicaux de Syndicom licenciés. Une véritable guerre d’usure est menée ces dernières années, accompagnant les mesures de restructuration. Rupture avec les pratiques de la «paix du travail», présence syndicale sur les lieux de travail, commissions de travailleurs élues par la base, mobilisations et actions déterminées. C’est avec ces moyens-là que l’arrogance patronale pourra être réduite et que les dégâts pourront être limités. Aux salariés de Tamedia de mener ce débat, dont les enjeux dépassent largement le cadre du secteur de la presse et de l’édition.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">José Sanchez</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Article paru dans </em>L’Anticapitaliste<em>n°91, 10 mai 2013</em></span></p>
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		<item>
		<title>Que reste-t-il de la politique ?</title>
		<link>http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9908</link>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 23:19:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Luttes & mouvements]]></category>
		<category><![CDATA[Premier plan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Michael Löwy
Il y a deux sortes de «politique» en France, en Europe, et ailleurs. Non seulement différentes, mais antagoniques, contradictoires, irréconciliables.
La première est la politique officielle, institutionnelle, représentée par les gouvernements, qu’ils soient de centre-droite ou de centre-gauche, ou encore,de plus en plus, d’extrême centre; par les partis majoritaires au Parlement, et leurs diverses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par<a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-lowy/050513/que-reste-t-il-de-la-politique"> Michael Löwy</a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Il y a deux sortes de «politique» en France, en Europe, et ailleurs. Non seulement différentes, mais antagoniques, contradictoires, irréconciliables.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La première est la politique officielle, institutionnelle, représentée par les gouvernements, qu’ils soient de centre-droite ou de centre-gauche, ou encore,de plus en plus, d’<em>extrême centre</em>; par les partis majoritaires au Parlement, et leurs diverses combines et manigances; et par différentes bureaucraties administratives, judiciaires, religieuses ou sportives. Que ces gouvernements et partis soient «honnêtes»(?) ou corrompus, «progressistes» ou conservateurs, intelligents ou stupides, partisans de la «croissance» ou de l’«austérité», social-libéraux ou néo-libéraux, «normaux» ou agités, prétendument «socialistes» ou soi-disant «populaires»,  modernisateurs ou traditionalistes, ils ne représentent que des variantes de la même politique, celle du système, celle du capital financier, celle du capitalisme globalisé, celle qui perpétue et aggrave les inégalités, celle qui perpétue et accélère la destruction de l’environnement, celle qui a conduit à la présente crise économique et qui conduira, dans quelques décennies, à une catastrophe écologique. C’est la politique du <em>statu quo</em>, du <em>business as usual</em>, de la «gouvernance» du système, du maintien de l’ordre, de la <em>police</em> (au sens donné à ce terme par Jacques Rancière), de la gestion des affaires du capital, de la neutralisation et/ou repression des conflits, de la « compétitivité » à mort, des coupes sombres dans les salaires et les retraites, des privatisations à tour de bras, des cadeaux fiscaux aux riches, du démantélement des services publics, de la course aux armements.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Cette politique-là <em>règne</em>, elle gouverne partout, elle est aux commandes, elle exerce le pouvoir d’Etat à l’échelle nationale et continentale. Malgré la crise, malgré les difficultés, la dette, le chômage, la corruption, les scandales à répétition, elle semble promise à un bel avenir; le seul changement semble prendre la forme d’alternance, le centre-gauche remplaçant le centre-droite ou vice-versa,  à moins qu’ils ne forment ensemble, comme en Grèce, un gouvernement d’union nationale. Pourquoi pas? Ne partagent-ils pas les mêmes options fondamentales, le même conformisme, la même soumission sourde et aveugle aux impératifs des marchés financiers? Cette politique continuera donc encore longtemps à exercer sa domination sur les peuples de l’Europe, à moins que…<a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/156860_vignette_AFP-110619-nk0sw-manifestation-valence-espagne-sn635.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-9925" title="156860_vignette_AFP-110619-nk0sw-manifestation-valence-espagne-sn635" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/156860_vignette_AFP-110619-nk0sw-manifestation-valence-espagne-sn635-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A moins qu’une autre conception de la politique s’impose. Celle dont parlait Hannah Arendt: l’action organisée pour engendrer l’égalité, pour construire <em>un monde commun </em>«de concert avec ses égaux et seulement avec ses égaux»<a name="retour au texte"></a>. En d’autres termes, un combat permanent contre l’inégalité, l’injustice, la domination, en vue de créer une communauté politique libre et égalitaire.  Bref,  une politique de l’<em>égaliberté </em>(Etienne Balibar).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le point de départ de cette autre politique est <em>l’indignation. </em>Célébrant la dignité de l’indignation et de l’inconditionnel refus de l’injustice,  Daniel Bensaïd écrivait:  « Le courant brûlant de l’indignation n’est pas soluble dans les eaux tièdes de la résignation consensuelle.  (&#8230;)  L’indignation est un commencement. Une manière de se lever et de se mettre en route. On s’indigne, on s’insurge,  et puis on voit.&nbsp;&raquo; <a name="retour au texte"></a> Sans indignation rien de grand ni de profond ne s’est fait dans l’histoire humaine. Pour donner un exemple récent, le mouvement zapatiste du Chiapas (Mexique) a commencé en 1994 avec un cri<em>: Ya basta!</em> ça suffat comme ci! Mais le même vaut pour le Printemps Arabe, pour la révolte des Indignés en Espagne et en Grèce, pour celle du mouvement Occupy Wall Street. La force de ces mouvements vient tout d’abord de cette négativité radicale, inspirée par une profonde et irréductible indignation. Si le petit pamphlet de Stéphane Hessel,  <em>Indignez-vous!</em>, a eu autant de succès, c’est parce qu’il correspondait au sentiment profond,  immédiat,  de millions  de jeunes,  d’exclus et d’opprimés de par le monde.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La radicalité de ces révoltes  résulte,  dans une large mesure,  de cette capacité  d’insoumission, de cette disposition intraitable à dire: <em>non!</em> Les critiques opportunistes et les médias conformes insistent lourdement sur leur caractère excessivement  «négatif»,  leur nature «purement» protestataire,  l’absence de proposition alternatives «réalistes». Il faut refuser catégoriquement ce chantage: même si les mouvements n’avaient  pas une seule proposition à faire – ils en ont! – leur indignation et leur révolte ne seraient pas moins totalement justifiées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’autre ingrédient de la politique au sens noble – c’est-à-dire, plébéien – du terme, c’est l’<em>utopie</em>. C&#8217;est le sociologue Karl Mannheim qui a donné sa définition &laquo;&nbsp;classique&nbsp;&raquo; – et encore aujourd&#8217;hui la plus pertinente – de l’utopie:  toutes les représentations,  aspirations ou images de désir, qui s&#8217;orientent vers la rupture de l&#8217;ordre établi et exercent une &laquo;&nbsp;fonction subversive&nbsp;&raquo; <a name="retour au texte"></a>. La démarche de Mannheim s’oppose aux conceptions bien-pensantes et conformistes, qui font de l&#8217;utopie un rêve irréaliste ou irréalisable: comment savoir d&#8217;avance quelles aspirations seront ou non &laquo;&nbsp;réalisables&nbsp;&raquo; à l&#8217;avenir? La démocratie n&#8217;apparaissait-elle pas comme une utopie &laquo;&nbsp;irréaliste&nbsp;&raquo; au milieu du XVIIIe siècle? Tout changement social égalitaire ou libertaire, de l’abolition de l’esclavage à la suppression de la monarchie, a commencé comme une utopie. Selon Ernst Bloch, le philosophe du <em>Principe Espérance, </em> l’utopie  est un <em>non-encore-être</em>: elle est l’<em>anticipation</em> d’un monde non-encore-devenu mais ardemment désiré.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sans indignation et sans utopies,  sans  révolte et sans ce qu’Ernst Bloch appelait «paysages de désir», sans images d’un monde autre, d’une nouvelle société, plus juste et plus solidaire, la politique devient mesquine, vide de sens, creuse.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">La guerre entre ces deux formes du politique ne fait que commencer.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Article publié le 5 mai 2013 sur <a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-lowy/050513/que-reste-t-il-de-la-politique">blogs.mediapart.fr/blog/michael-lowy</a></em></span></p>
<hr style="text-align: justify;" />
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="note1"></a> H.Arendt,  <em>Les origines du totalitarisme. L’Impérialisme, </em> Paris,  Fayard, « Points », 1984, p. 290.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><a name="note2"></a> D. Bensaïd, <em>Les irréductibles. Théorèmes de la résistance à l’air du temps</em>, Paris, Textuel,  2001,  p. 106.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"><a name="note3"></a> K.Mannheim, <em> Ideologie und Utopie</em>,  1929,  Francfort, Verlag G.Schulte-Bulmke,  1969,  pp. 36,  170.</span></p>
<p><a href="#&quot;3&quot;"></a></p>
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		<title>NON le 9 juin à la révision de la Loi sur l’asile</title>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 11:41:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premier plan]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Asile]]></category>

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		<description><![CDATA[Télécharger le tract de la Gauche anticapitaliste
Le 9 juin prochain a lieu le vote sur le référendum lancé contre les mesures urgentes contenues dans la révision de la Loi sur l’asile (LAsi). Entrée en vigueur en 1981, cette dernière a été sans cesse révisée. Aujourd’hui, il ne reste presque plus rien du droit d’asile. Si obtenir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Tract_GA_Asile_2013.pdf" target="_blank"><em><strong>Télécharger le tract de la Gauche anticapitaliste</strong></em></a></p>
<p>Le 9 juin prochain a lieu le vote sur le référendum lancé contre les mesures urgentes contenues dans la révision de la Loi sur l’asile (LAsi). Entrée en vigueur en 1981, cette dernière a été sans cesse révisée. Aujourd’hui, il ne reste presque plus rien du droit d’asile. Si obtenir ce droit c’est comme gagner au loto, ceux qui l’obtiennent subissent une politique de marginalisation et de criminalisation croissantes.<a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/toutelarichesse.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-9869" title="toutelarichesse" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/toutelarichesse-300x194.jpg" alt="" width="300" height="194" /></a>En synthèse, cette révision de la LAsi comporte quatre mesures:</p>
<ul>
<li>Le refus de servir dans une armée et la désertion ne seraient plus reconnus comme motifs d’asile. Proposée à l’origine par Christoph Blocher, cette mesure vise en premier lieu les demandeurs d’asile érythréens. Or, en Erythrée, tout déserteur est un homme à abattre!</li>
</ul>
<ul>
<li>La possibilité de déposer une demande d’asile dans les ambassades suisses à l’étranger serait supprimée. Pourtant, des centaines de personnes meurent chaque année par noyade notamment en tentant de pénétrer dans la «Forteresse Europe». De plus, cette mesure renforce le business des réseaux mafieux de passeurs.</li>
</ul>
<ul>
<li>La révision prévoit aussi l’enferme- ment des requérants d’asile dits «récalcitrants» dans des «centres spécifiques». En clair, il s’agit de boucler des gens qui se rendraient coupables d’un retard, d’un tapage nocturne ou d’un simple refus d’obtempérer!</li>
</ul>
<ul>
<li>Enfin, le Conseil fédéral recevrait la compétence de réduire à dix jours, au lieu de trente, le délai de recours dans le domaine de l’asile. Même pour le meilleur avocat du monde, ce serait mission impossible! Cela est d’autant plus grave qu’aujourd’hui déjà, «la manière que la Suisse a de conduire ses procédures d’asile n’est compatible ni avec l’Etat de droit, ni avec les droits de l’homme», d’après l’avocat Philippe Currat (<em>Le Temps</em>, 2 novembre 2012).</li>
</ul>
<p>Une évidence coule de source: attaque, après attaque, le droit d’asile est en voie de disparition. La LAsi est en train de devenir un instrument pour assécher l’exercice d’un droit fondamental, pour le décourager. Défendre le droit d’asile, c’est défendre le principe qu’un pays accueille avec dignité ceux qui fuient la torture et la guerre. Un pays, donc, qui défend et accueille tous ceux qui se battent contre des régimes dictatoriaux pour le respect des droits humains et politiques, les déserteurs qui refusent de tuer au nom de régimes sanguinaires et liberticides. Aujourd’hui plus que jamais, la «démocratie suisse» est un produit vendu aux riches du monde entier, mais nié aux victimes de guerres et de persécutions&#8230; qui, d’ailleurs, sont souvent provoquées pour soutenir les intérêts des multinationales helvétiques et des étrangers nantis admis en Suisse en grande pompe. Une inégalité de traitement inacceptable: bras ouverts pour les «riches réfugiés fiscaux», mais des camps d’internement pour les «réfugiés politiques»!<br />
<strong> </strong></p>
<p><strong>Pour les «faux réfugiés» et les «faux chômeurs» une même solution: le démantèlement des droits!<br />
</strong>La politique en matière d’asile menée depuis des années vise à rendre «moins attrayant et moins accessible» le séjour en Suisse. Les révisions à gogo de la LAsi sont en train de réussir cet objectif: les critères pour obtenir l’asile sont si restrictifs que ce droit est presque inutilisable. De plus, en présentant publiquement (médias, politiciens) les requérants comme des «profiteurs», des «faux réfugiés», une catégorie de personnes où le taux de criminels serait particulièrement élevé, c’est une vraie politique contre les requérants qui est déclenché. Bref, on crée la méfiance à leur égard en justifiant ainsi le démantèlement du droit d’asile et l’adoption de mesures administratives de plus en plus coercitives, liberticides.<br />
Ce stratagème est celui adopté plus généralement par l’offensive patronale à l’œuvre depuis au moins deux décennies contre l’ensemble des acquis sociaux existant en Suisse – pourtant historiquement faibles. En effet, le démantèlement de l’assurance chômage ou de l’assurance invalidité et les péjorations de l’assurance maladie ont été invoqués et appliqués en utilisant les mêmes arguments: trop de «faux chômeurs», de «faux invalides», de «faux malades»&#8230; Dès lors, pour éliminer les abus et les profiteurs, la solution est de démanteler ces acquis sociaux, les rogner continuellement (réduction des indemnités et de la durée de l’aide) et de rendre leur octroi plus difficile (augmentation des périodes de cotisation et soumission à des contraintes croissantes). Sans oublier l’arsenal des mesures «policières» pour démasquer et punir les «faux» demandeurs&#8230;<br />
Refuser aujourd’hui la révision de la LAsi ne signifie pas seulement se battre contre le démantèlement du droit d’asile. Cette bataille s’inscrit dans celle plus vaste pour défendre l’ensemble des acquis sociaux, dans un pays où le patronat et les forces à son service cherchent à refuser à divers secteurs de la population, résidants comme étrangers, un nombre croissant de droits fondamentaux. La lutte contre la précarisation, contre la création de zones toujours plus larges de non-droit passe aussi par le refus de la révision de la LAsi. Les mesures urgentes adoptées contre les requérants d’asile servent les même buts que celles menées contre les salariés actifs en Suisse. La précarité juridico-économique imposée aux réfugiés et aux immigrés en général est partie intégrante d’un processus général visant à rabaisser les droits de l’ensemble des salariés pour faciliter leur exploitation. Il n’y a pas de résistances sectorielles mais des intérêts communs contre ceux d’une poignée d’exploiteurs capitalistes!</p>
<p><em>Voir aussi: <a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9833" target="_blank">Les animateurs de la bataille référendaire exclus au profit… de ceux qui l’ont combattue</a></em></p>
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		<title>Flash mob : NON à la révision de la loi sur l’asile</title>
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		<pubDate>Wed, 08 May 2013 14:51:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Asile]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>

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		<description><![CDATA[[ 13 mai 2013; 17:45 au 18:45. ] 
Flash mob 
 NON à la révision de la loi sur l'asile
Lundi 13 mai, 17h45
Lausanne-Flon
Toutes les infos sur www.facebook.com/events/366676273452154/
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='ec3_iconlet ec3_past'><table><tbody><tr class='ec3_month'><td>mai</td></tr><tr class='ec3_day'><td>13</td></tr><tr class='ec3_time'><td>17:45</td></tr></tbody></table></div>
<p><a href="https://www.facebook.com/events/366676273452154/"></a></p>
<h1 style="text-align: right;"><span style="color: #c00000;"><em>Flash mob </em></span></h1>
<h2 style="text-align: right;"><span style="color: #c00000;"> </span>NON à la révision de la loi sur l&#8217;asile</h2>
<h2 style="text-align: right;">Lundi 13 mai, 17h45</h2>
<h2 style="text-align: right;">Lausanne-Flon</h2>
<p style="text-align: right;">Toutes les infos sur <a href="https://www.facebook.com/events/366676273452154/">www.facebook.com/events/366676273452154/</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/538002_331425503627058_669244182_n.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-9971" title="538002_331425503627058_669244182_n" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/538002_331425503627058_669244182_n-580x386.jpg" alt="" width="580" height="386" /></a></p>
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		<title>Non à la marche des fascistes à Genève le 25 mai!</title>
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		<pubDate>Tue, 07 May 2013 10:47:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[antifasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Genève]]></category>
		<category><![CDATA[RAGE]]></category>

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		<description><![CDATA[[ 25 mai 2013; ] Le 25 mai prochain, une organisation fasciste organise une marche sur le thème de "l'insécurité". Celle-ci aura lieu dans l'un des quartiers les plus populaires et multiculturelles de la ville.
Le RAGE (Réseau d'Agitation Genève) appelle à empêcher cette manifestation. Nous relayons leur appel ci-dessous.

A Genève depuis un peu près deux ans les agressions néo-fascistes se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='ec3_iconlet'><table><tbody><tr class='ec3_month'><td>mai</td></tr><tr class='ec3_day'><td>25</td></tr></tbody></table></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/banderole-unitaire-manifestation-antifasciste-lille-8-octobre-2011-web.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-9852" title="Pas de quartier pour les fachos !" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/banderole-unitaire-manifestation-antifasciste-lille-8-octobre-2011-web-300x164.jpg" alt="" width="300" height="164" /></a>Le 25 mai prochain, une organisation fasciste organise une marche sur le thème de &laquo;&nbsp;l&#8217;insécurité&nbsp;&raquo;. Celle-ci aura lieu dans l&#8217;un des quartiers les plus populaires et multiculturelles de la ville.</p>
<p style="text-align: justify;">Le <a href="http://rage.noblogs.org/" target="_blank">RAGE</a> (Réseau d&#8217;Agitation Genève) appelle à empêcher cette manifestation. Nous relayons leur appel ci-dessous.</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>A Genève depuis un peu près deux ans les agressions néo-fascistes se multiplient.</p>
<p>Il y a moins d’un an Nibor se fait poignarder au Parc des Bastions, il passe plusieurs jours à l’hôpital et il s’en sort de justesse. La Police, après avoir confisqué le couteau de l’agresseur, laisse partir ce dernier sans autre. Début 2013 la libraire anarchiste Fahrenheit 451 et le magasin de contre-culture La Brick se faisaient attaquer lâchement par des néo-nazis. Sous l’œil bienveillant de la police cantonale, les agressions et les intimidations aux jeunes antifascistes se font presque quotidiennes à Genève.</p>
<p>L’action toujours plus agressive des néo-fascistes genevois se voit légitimée par le discours sécuritaire et ouvertement raciste des politiciens. Début avril, le nouveau shérif de Genève, Pierre Maudet, annonçait le projet d’installer 21 caméras à haute définition pour combattre l’insécurité dans le quartier des Pâquis. Quelques jours après, le groupuscule néo-fasciste Genève Non-Conforme – dont deux de ses membres ont été récemment condamnés pour antisémitisme<sup><sup>[1]</sup></sup> – appelait à une manifestation contre l’insécurité à la place de la Navigation le samedi 25 mai à 15h. Dans un texte qui n’a pas peur du ridicule, ils parlent de multiplication de cambriolages, de vols et de trafic de drogue et demandent que l’accès aux armes à feu soit facilité.</p>
<p>Mais cet épisode n’est que l’exemple le plus frappant de comment propagande sécuritaire et  le néo-fascisme marchent bras dessus bras dessous à Genève.</p>
<p>C’est notamment ces mêmes sinistres personnages qui patrouillent la rade avec la milice anti-bonneteau<sup><sup>[2]</sup></sup>.</p>
<p>Alors qu’une certaine gauche<sup><sup>[3]</sup></sup> et les médias mettent dos à dos les fascistes et les antifascistes, le moment est venu de prendre clairement position. Nous appelons toutes les organisations, les associations, les collectifs et les individus combattants les discriminations et le racisme à se mobiliser.</p>
<p><strong>Empêchons cette marche et faisons du 25 mai 2013 une journée de lutte contre l’État raciste et sécuritaire et ses hommes de main.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>LA VRAIE INSECURITE EST NE PAS<br />
AVOIR ASSEZ D’ARGENT A LA FIN DU MOIS !</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>LA VRAIE PEUR EST DE SE TROUVER<br />
AU CHÔMAGE OU EXPULSE DE CHEZ SOI !</strong></p>
<p><em><strong>Réseau Antifasciste Genève (RAGE)</strong> – Contact : <a href="&#109;&#97;&#105;&#108;&#116;&#111;&#58;&#114;&#97;&#103;&#101;&#64;&#99;&#114;&#121;&#112;&#116;&#111;&#108;&#97;&#98;&#46;&#110;&#101;&#116;">rage@cryptolab.net</a></em></p>
<hr size="1" />
<div>
<p style="text-align: left;"><sup><sup>[1]</sup></sup> <a href="http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Les-auteurs-d-un-tract-antisemite-condamnes/story/25589976" target="_blank">http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Les-auteurs-d-un-tract-antisemite-condamnes/story/25589976</a></p>
</div>
<div>
<p style="text-align: left;"><sup><sup>[2]</sup></sup> <a href="http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/3558054-ge-une-bande-de-citoyens-surveillent-le-canton.html" target="_blank">http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/3558054-ge-une-bande-de-citoyens-surveillent-le-canton.html</a></p>
<p><sup><sup>[3]</sup></sup> Voir notamment le communiqué de presse de la Maison des Association (Le Courrier du 2 Mars 2013) suite au refus d’annuler une conférence co-organisé par l’association fasciste Égalité et Réconciliation. Un membre du Parti Socialiste insulte les jeunes qui s’étaient mobilisé contre la tenue de ce meeting qualifiant la vigilance antifasciste comme de l’extrémisme et de l’intimidation.</p>
</div>
</blockquote>
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		<title>Loi sur l’asile: les animateurs de la bataille référendaire exclus au profit… de ceux qui l’ont combattue</title>
		<link>http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9833</link>
		<comments>http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9833#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 May 2013 15:24:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Asile]]></category>

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		<description><![CDATA[Communiqué de presse de la GA Lausanne
Une conférence de presse aura lieu à Lausanne, lundi 6 mai 2013, pour présenter les raisons des opposants à la révision de la Loi sur l’asile, soumise au vote le 9 juin.
Or, ce ne sont pas les représentants des organisations qui ont porté cette bataille dès le début, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #c00000; font-weight: bold;">Communiqué de presse de la GA Lausanne</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Une conférence de presse aura lieu à Lausanne, lundi 6 mai 2013, pour présenter les raisons des opposants à la révision de la Loi sur l’asile, soumise au vote le 9 juin.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Or, ce ne sont pas les représentants des organisations qui ont porté cette bataille dès le début, et qui ont permis l’aboutissement du référendum, qui s’exprimeront à cette occasion. Ainsi, la Gauche anticapitaliste (GA), l’organisation qui a le plus contribué, avec les Jeunes Verts, à la récolte des signatures, avec plus de 2000 paraphes dans le canton de Vaud, a été exclue de cette conférence de presse.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pire: la parole sera donnée à des opposants… au référendum. Cesla Amarelle, appelée aujourd’hui à s’exprimer pour le non, qualifiait en effet notre combat<em>«d’erreur politique»</em> et invitait à <em>«dépasser l’étape de la dénonciation»</em> (<em>Le Courrier</em>, 28 septembre 2012). Elle considérait que le référendum ne servait qu’à «<em>aggraver le rapport de forces»</em> (<em>Le Courrier</em>, 3 décembre 2012). Quant à Jean-Michel Dolivo, de solidaritéS, il s’est inscrit contre le lancement du référendum prévoyant <em>«l’épuisement»</em> des militants, considérant que le référendum n’était <em>«pas une étape utile»</em> et qu’il ne ferait, au mieux, que <em>«conserver un statu quo» </em>(<em>Le Courrier</em>, 11 octobre 2012). Nous étions aussi accusés de «faire le jeu de l’UDC». Outre ces déclarations publiques, ces deux personnalités se sont aussi fortement mobilisées pour que leurs partis respectifs ne s’engagent pas à nos côtés dans le référendum, lançant même diverses initiatives destinées à faire diversion. Quant à Jacques Neyrinck, conseiller national du PDC et lui aussi appelé à intervenir lors de cette conférence de presse, la question d’un soutien au référendum ne se posait même pas: son parti est historiquement lié à la politique migratoire utilitariste des autorités fédérales, une politique strictement fonctionnelle aux intérêts des classes dominantes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C’est donc certainement une première absolue: un comité référendaire sera représenté publiquement par des orateurs qui ont combattu la raison même de son existence, à savoir le lancement d’un référendum!</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Enfin, il ne faut pas oublier que ce sont les camarades de parti de Cesla Amarelle et de Jacques Neyrinck qui mènent la campagne pour le oui au plan national. C’est Simonetta Sommaruga qui se bat, au nom du Conseil fédéral, pour faire passer cette loi inacceptable, poursuivant ainsi la politique initiée par Christoph Blocher; c’est le PDC qui a pris la tête de la campagne des partis bourgeois.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Bref, peut-on considérer comme étant «crédibles» pour appeler à voter non à la révision de la loi sur l’asile des politiciens qui, jusqu’à hier, acceptaient de fait cette loi et qui militent chaque jour avec ses principaux partisans? Est-ce «crédible» de donner la parole là-dessus à la représentante d’un parti, le PS, qui, comme le dit son ancien président Peter Bodenmann, «pas à pas, évide le droit d’asile» (<em>L’Illustré</em>, 31 octobre 2012)?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Tout cela dit, la GA ne perd pas de vue le principal enjeu de cette campagne: faire reculer les politiques xénophobes, qui ont pour fonction de diviser les salariés pour mieux les exploiter. Et, dans ce cadre, nous ne nous trompons pas d’adversaires. La politique d’asile – ou plus exactement la politique de non-asile – joue un rôle majeur dans ces processus de divisions entre les salariés. Dans notre campagne pour un non le 9 juin, ce sont ces éléments que nous mettons en avant. Tout comme nous dénonçons l’asile fiscal accordé si généreusement aux capitalistes et dictateurs du monde entier, aux multinationales et autres Cahuzac. Une politique, dans ce cas, très généreuse et «ouverte». Et pour cette politique d’asile-là, comme pour l’autre, silences complices et pratiques réelles couvrent un spectre politique très large qui n’épargne pas ladite «gauche». Nous ne faisons pas partie de cette gauche-là.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Bref, notre exclusion de la conférence de presse de lundi prochain, au profit des professionnels de l’apparition médiatique, n’enlève rien à notre détermination à faire campagne pour un NON de gauche et de classe le 9 juin prochain.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"> </span></p>
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		<title>«Made in Bangladesh» ou la terreur «Made in capitalisme»</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 14:15:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Exploitation]]></category>
		<category><![CDATA[Mondialisation]]></category>

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		<description><![CDATA[par Prashad Vijay &#8211; Article publié sur avanti4.be
Mercredi 24 Avril, un jour après que les autorités du Bangladesh ait demandé aux propriétaires d’évacuer leur usine de confection qui employait près de 3.000 ouvriers, le bâtiment s’est effondré, faisant plus de 300 morts. [Ndlr: C'était l'estimation peu après les événements. Le 10 mai, on compte 1034 morts]

Dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>par <a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?page=auteur&amp;id_auteur=8161">Prashad Vijay</a> &#8211; </em><span style="font-style: italic;">Article publié sur </span><a style="font-style: italic;" href="http://www.avanti4.be/analyses/article/made-in-bangladesh" target="_blank">avanti4.be</a></p>
<p><em><a href="http://www.avanti4.be/analyses/article/made-in-bangladesh" target="_blank"></a></em>Mercredi 24 Avril, un jour après que les autorités du Bangladesh ait demandé aux propriétaires d’évacuer leur usine de confection qui employait près de 3.000 ouvriers, le bâtiment s’est effondré, faisant plus de 300 morts. [Ndlr: C'était l'estimation peu après les événements. Le 10 mai, on compte 1034 morts]</p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Dans ce bâtiment, appelé Rana Plaza et situé a Savar, un faubourg de la capitale Dacca, on produisait des vêtements pour la filière qui part des champs de coton de l’Asie du Sud, se poursuit avec les machines et les travailleurs du Bangladesh et se termine dans les boutiques de vente au détail sur les deux rives de l’Atlantique. Sont cousus ici tant des vêtements de marques célèbres que ceux qui sont vendus dans les Wal-Mart et autres grandes chaînes de distribution.<a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/tumblr_m6u1df9SWV1qz864mo1_500.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-9825" title="tumblr_m6u1df9SWV1qz864mo1_500" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/tumblr_m6u1df9SWV1qz864mo1_500-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Les secouristes ont pu sauver 2.000 personnes mais plus de 300 ont trouvé la mort et ce chiffre pourrait encore augmenter. Il n’est pas inutile de rappeler que le nombre de morts dans l’incendie de l’usine Shirtwaist Triangle à New York de 1911 était de 146. Le nombre de morts ici est déjà deux fois plus important. Cet «accident» intervient cinq mois après l’incendie de l’usine textile Tazreen, le 24 novembre 2012, qui a tué au moins 112 travailleurs.</p>
<p>La liste des «accidents» est longue et douloureuse. En avril 2005, une usine de vêtement à Savar s’est écroulée, tuant 75 travailleurs. En février 2006, une autre usine s’est effondrée à Dacca, faisant 18 morts. En juin 2010, un autre bâtiment s’est effondré à Dacca, tuant 25 ouvriers. Ce sont les «usines» de la mondialisation du 21<sup>e</sup>siècle &#8211; des bâtiments construits à peu de frais pour un processus de production reposant sur de longues journées de travail, des machines de troisième main et des travailleurs dont toute la vie est soumise aux impératifs de la production à flux tendu.</p>
<p>Ces usines au Bangladesh font partie du paysage de la mondialisation qui se répète dans les usines le long de la frontière américano-mexicaine, à Haïti, au Sri Lanka et dans d’autres endroits qui ont ouvert leurs portes une industrie du vêtement faisant bon usage du «nouvel ordre productif et commercial» des années 1990. Des pays soumis qui n’avaient aucune volonté patriotique de se battre pour leurs citoyens et n’éprouvaient pas le moindre souci face à l’affaiblissement à long terme de leur ordre social se sont précipités pour accueillir la production de vêtements. Les grands producteurs de vêtements ne voulant plus investir dans les usines, ils se sont tournés vers des sous-traitants, en leur offrant des marges de profit très étroites et en les forçant ainsi à gérer leurs usines comme des bagnes industriels pour les travailleurs.</p>
<p>Le système de sous-traitance a permis à ces entreprises multinationales de décliner toute responsabilité pour ce qui était fait par les propriétaires de ces petites usines et de profiter des avantages de produits bon marché sans que leurs consciences soient souillées par la sueur et le sang des travailleurs. Il a également permis aux consommateurs du monde occidental d’acheter des marchandises en grande quantité, en finançant souvent cette consommation par le crédit et l’endettement, sans se soucier des méthodes de production. A l’occasion, une explosion de bonne conscience libérale se retournait contre telle ou telle entreprise, mais il n’y a pas eu de prise conscience globale du fait que la manière dont fonctionne la filière Wal-Mart rend tout à fait « normales » les manières de produire et les pratiques commerciales qui ont provoqué l’une ou l’autre de ces campagnes.</p>
<p>Les travailleurs bangladais n’ont pas été aussi dociles que les consommateurs occidentaux. Tout récemment, en juin 2012, des milliers de travailleurs de la zone industrielle d’Ashulia, en bordure de Dacca, ont mené des actions de protestation, exigeant augmentations de salaires et meilleures conditions de travail. Pendant des jours, ils ont fermé trois cents usines, bloquant la route Dacca-Tangali à Narasinghapur. Ces travailleurs gagnent entre 3.000 et 5.500 taka (38 à 70 dollars) par mois ; ils voulaient une augmentation mensuelle de 1.500 et 2.000 taka (19 à 25 dollars) par mois. Le gouvernement a envoyé 3.000 policiers pour sécuriser les lieux et le Premier ministre a assuré qu’il se pencherait sur la question, sans s’engager davantage. Un comité de trois membres a été mis en place mais rien de substantiel n’est sorti de ses travaux.</p>
<p>Consciente de la futilité des négociations avec un gouvernement soumis à la logique de la filière textile, la population ouvrière de Dacca a explosé d’une colère violente au fur et à mesure qu’arrivaient les nouvelles de l’effondrement du Rana Plaza. Les travailleurs ont fermé la zone industrielle autour de Dacca, bloquant les routes et démolissant les voitures. L’insensibilité du patronat regroupé dans l’Association des Fabricants de Vêtements du Bangladesh (BGMEA) a jeté de l’huile sur le feu de la colère des travailleurs. Après les manifestations de juin dernier, le dirigeant de la BGMEA, Shafiul Islam Mohiuddin, a accusé les ouvriers d’être impliqués dans <em>« une sorte de conspiration »</em>. Il a affirmé qu’il n’y aurait <em>« aucune logique à augmenter les salaires des travailleurs »</em>. Cette fois-ci, le nouveau président de la BGMEA, Atiqul Islam, a suggéré que le problème n’était pas la mort des travailleurs ou les mauvaises conditions dans lesquelles ils peinent mais <em>« l’interruption de la production en raison de troubles et de hartals [grèves] »</em>. Ces grèves, a-t-il dit, sont <em>« juste un autre coup dur pour le secteur du vêtement »</em>. Il n’est donc pas étonnant que ceux qui sont descendus dans les rues aient aussi peu confiance dans les sous-traitants et le gouvernement.<a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Bangladesh-Paysage-devaste_galleryphoto_paysage_std.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-9826" title="Bangladesh-Paysage-devaste_galleryphoto_paysage_std" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/05/Bangladesh-Paysage-devaste_galleryphoto_paysage_std-300x174.jpg" alt="" width="300" height="174" /></a></p>
<p>Les tentatives pour diminuer l’exploitation ont été jusqu’ici contrecarrés par une pression organisée du gouvernement et par les avantages qu’offrent l’assassinat des opposants. Le moindre point positif dans la loi du travail du Bangladesh est immédiatement éclipsé par la faiblesse de son application par le Département de l’Inspection du Travail. Il n’y a que 18 inspecteurs et inspecteurs adjoints pour surveiller les 100.000 usines établies dans la région de Dacca où sont situées la plupart des usines de confection. Si une infraction est détectée, les amendes sont trop faibles pour inciter à des réformes. Lorsque les travailleurs tentent de former des syndicats, la réponse brutale des directions suffit à briser leurs efforts. Celles-ci préfèrent affronter des flambées anarchiques de violence plutôt que la consolidation progressive du pouvoir des travailleurs.</p>
<p>En fait, la violence a conduit le gouvernement bangladais à créer une Cellule de gestion de crise et une Police industrielle, non pas pour surveiller les violations des lois du travail mais pour espionner ceux qui essaient d’organiser les travailleurs. En Avril 2012, des hommes demain du patronat ont enlevé Aminul Islam, l’un des principaux organisateurs du Centre pour la Solidarité des Travailleurs du Bangladesh. Celui-ci a été retrouvé mort quelques jours plus tard, le corps couvert de traces de torture.</p>
<p>Le Bangladesh a été le théâtre ces derniers mois de manifestations remettant en mémoire les pages sombres de son histoire &#8211; à l’occasion du procès contre des dirigeants du parti islamiste Jamaat-e-Islam responsables de terribles actes de violence contre les combattants de la liberté en 1971 &#8211; qui ont amené des milliers de personnes à occuper la place Shanbagh à Dacca. Cette manifestation s’est transformée en confrontation politique entre les deux partis traditionnels du pays, marginalisant les appels à la justice pour les victimes de la violence. Cette protestation a enflammé le pays, qui a ensuite réagi très fort face à la terreur vécue au quotidien par les travailleurs du secteur de l’habillement. L’«accident» du bâtiment de la Rana Plaza pourrait donner un nouvel élan à un mouvement de protestation qui autrement risquait de partir à la dérive.</p>
<p>Pendant ce temps, dans le monde occidental, le fait que l’attention est braquée sur la guerre contre le terrorisme et sur le ralentissement de l’économie empêche toute introspection sérieuse sur un mode de vie qui repose sur une consommation alimentée par l’endettement, au détriment des travailleurs de Dacca. Pourtant, ceux qui sont morts dans le bâtiment de Rana Plaza sont les victimes non seulement des malversations des sous-traitants, mais aussi de la mondialisation du 21<sup>e</sup> siècle.</p>
<p><em>Article publié sur <a rel="nofollow external" href="http://www.counterpunch.org/2013/04/26/the-terror-of-capitalism/" target="_blank">www.counterpuch.org</a> et disponible en anglais sur <a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28519" target="_blank">Europe solidaire sans frontières</a>. </em><em> Traduction pour avanti4.be : Jean Peltier.</em></p>
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		<title>La fin de la modernité juive d’Enzo Traverso</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 14:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture & Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[
Par Mehdi Belhaj Kacem
POUR QUI SONNE LE GLAS ? Depuis la création de l’État d’Israël, c’en serait fini de la longue tradition progressiste juive. Dans un essai érudit et polémique, Enzo Traverso analyse ce tournant conservateur des intellectuels et ranime le souffle révolutionnaire d’une pensée à contre-courant.


Historien et essayiste subtilement engagé, Enzo Traverso est l’un des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><em>Par <a href="http://www.philomag.com/mehdi-belhaj-kacem">Mehdi Belhaj Kacem</a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #c00000;">POUR QUI SONNE LE GLAS ? Depuis la création de l’État d’Israël, c’en serait fini de la longue tradition progressiste juive. Dans un essai érudit et polémique, Enzo Traverso analyse ce tournant conservateur des intellectuels et ranime le souffle révolutionnaire d’une pensée à contre-courant.</span></p>
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<div>
<p><span style="color: #000000;">Historien et essayiste subtilement engagé, Enzo Traverso est l’un des intellectuels italiens les plus remarquables de notre temps. Spécialiste « gentil » de l’histoire du judaïsme, il fait paraître un livre qui devrait, au moins par son titre, faire parler de lui : <em>La Fin de la modernité juive. </em>Si la teneur en est aussi complexe que le destin du judaïsme lui-même, le propos peut en être résumé simplement : il y a encore peu, les créateurs juifs étaient synonymes de dissidence et de progressisme radical ; depuis la création de l’État d’Israël et, surtout, depuis son devenir-central dans les querelles géopolitiques planétaires, le signifiant « juif », indépendamment des engagements propres à chaque Juif concret, est devenu le cheval de Troie « Plexiglas » du néoconservatisme contemporain. Traverso résume lui-même à gros traits : <em>«Si la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle a été l’âge de Franz Kafka, Sigmund Freud, Walter Benjamin, Rosa Luxembourg et Léon Trotski, la seconde a plutôt été celle de Raymond Aron, Leo Strauss, Henry Kissinger et Ariel Sharon.»</em></span></p>
</div>
<div>
<p><span style="color: #000000;">Voilà pour le diagnostic, à la fois plutôt flagrant et propre à faire se lever tous les boucliers de la bien-pensance en qualifiant son auteur d’«antisémite». On aimerait que ses ennemis tout désignés y regardent à deux fois : si Traverso peut être soupçonné d’une chose, ce serait plutôt de philosémitisme aggravé, étayé par une connaissance impressionnante de la culture et de l’histoire juives. Il est donc fondé à remarquer que là où le créateur juif, philosophe, écrivain ou artiste, fut depuis Spinoza le paradigme souvent indépassable de l’homme du<em>« contrepoint et de la dissonance »</em>, il semble aujourd’hui volontiers se faire le porte-parole avant-gardiste des ordres les plus dominants, conformistes et brutaux. Non seulement les droites européennes classiques brandissent leur philosémitisme et leur prosionisme comme un pavillon de complaisance, mais même les extrêmes droites ont, depuis une décennie, fait la paix – singulièrement en France – avec leur vieille obsession négative. Israël, comme avant-poste de la lutte de la civilisation contre la barbarie : le refrain est désormais si connu que nous bâillons en l’entendant.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D’aucuns (et on entend déjà Alain Finkielkraut) rétorqueront à Traverso que c’est précisément en ce point que les intellectuels juifs ne laissent pas d’être à contre-courant. Là où le culte de la tolérance, de l’Autre, du Progrès, du cosmopolitisme, du bonheur et de la liberté obligatoires, triomphe depuis, disons, Mai 68, le devoir de l’intellectuel juif de talent est, toujours et encore, d’être en dissonance : et donc de défendre ce qui risque d’être enseveli, à savoir la tradition, l’éducation (voire le dressage), l’identité atavique, la radicalité généalogique inextirpable, etc. Discours tentant, auquel on pourrait à son tour objecter que, d’un autre côté, ce sont à nouveau les identitarismes qui triomphent partout, les replis sur soi, les traditionalismes littéraux, etc. Et donc que l’intellectuel juif, bien malgré lui, risque de se faire le complice des pires crimes de demain, si ce n’est d’aujourd’hui. Et ainsi de suite, dans un débat en forme de quadrature du cercle vicieux…</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Or c’est là où l’essai de Traverso se révèle passionnant. Il ne prend pas le « Juif » comme une entité fixée une fois pour toutes, fût-ce dans la figure héroïque moderne – Marx ou Freud – du prophète laïc révélant à son époque de révolutionnaires vérités ; mais bien comme un lieu, un foyer de contradictions qui reflètent celles du monde lui-même. Quand la confusion, la perte de tout principe assuré, est devenue la règle, alors ce « miroir », historiquement envisagé, nous en dit long sur nous-mêmes. Les Juifs, <em>« au fond,</em> […] <em>ont incarné la modernité dans ses diverses dimensions, puisqu’ils en ont été à la fois les précurseurs, les acteurs, les critiques et les victimes ».</em> De Spinoza à Freud, de Marx à Einstein, de Heine à Benjamin, le Juif est à la fois le persécuté et le prophète, l’homme du Livre ancestral de l’Occident et de la Révolution radicale. Ceci parce que cela, depuis toujours. Il apporte les tables des Lois nouvelles et les brise à la fois.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’intérêt de l’essai de Traverso est de nous livrer, en moins de deux cents pages, <em>toute </em>cette complexité archéologique. Une figure intellectuelle majeure du XX<sup>e</sup> siècle retient alors son attention : Hannah Arendt. Parce qu’elle n’était ni réactionnaire, ni simplement <em>« progressiste de gauche »,</em> ni tout à fait libérale, ni uniquement anticommuniste, comprenant la cause sioniste et émettant pourtant les plus sérieuses, et prophétiques, réserves sur l’idée même d’un « État juif », elle préfigure ce qui devrait être, au cas où les choses ne tourneraient pas trop mal, le profil de l’intellectuel qui vient. Les pages que Traverso lui consacrent sont à la fois admiratives et critiques.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le principal apport d’un tel livre tient au fond à la complexité qu’il réintroduit dans un débat impossible sans elle. Cette complexité est celle de notre époque qui a perdu un saint principiel simple auquel se vouer. Rien ne nous garantit désormais que l’universalisme soit davantage positif ou souhaitable que le particularisme, pas plus du reste que le contraire. Autrement dit : toute forme de confort intellectuel nous est désormais interdite. C’est à cela que Traverso nous oblige.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/04/2707175463.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-9817" title="2707175463" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/04/2707175463.jpg" alt="" width="184" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p>Article publié sur <a href="http://www.philomag.com/les-livres/grand-angle/la-fin-de-la-modernite-juive-6997" target="_blank">http://www.philomag.com/les-livres/grand-angle/la-fin-de-la-modernite-juive-6997</a></p>
</div>
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		<title>Trois conférences dans le cadre de la campagne «NON à la révision de la Loi sur l’asile»</title>
		<link>http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9695</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 23:19:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Asile]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence]]></category>

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		<description><![CDATA[[ 13 mai 2013; 19:30 au 21:30. 14 mai 2013; 20:00 au 22:00. 15 mai 2013; 20:00 au 22:00. ] Migration et asile dans les pays de l’Union européenne : quelles orientations et quelles alternatives ?
 
Avec Alain Morice
Directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), chercheur à l’Urmis (Unité de recherche Migrations société, université Paris Diderot), membre de l’association Migreurop (http://www.migreurop.org)

Le 9 juin aura lieu une votation sur un nouveau durcissement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='ec3_iconlet ec3_past'><table><tbody><tr class='ec3_month'><td>mai</td></tr><tr class='ec3_day'><td>13</td></tr><tr class='ec3_time'><td>19:30</td></tr></tbody></table></div>
<div class='ec3_iconlet ec3_past'><table><tbody><tr class='ec3_month'><td>mai</td></tr><tr class='ec3_day'><td>14</td></tr><tr class='ec3_time'><td>20:00</td></tr></tbody></table></div>
<div class='ec3_iconlet ec3_past'><table><tbody><tr class='ec3_month'><td>mai</td></tr><tr class='ec3_day'><td>15</td></tr><tr class='ec3_time'><td>20:00</td></tr></tbody></table></div>
<h2 style="text-align: right;"><span style="color: #000000;"><span style="color: #c00000;">Migration et asile dans les pays de l’Union européenne : quelles orientations et quelles alternatives ?<br />
</span> </span></h2>
<h2 style="text-align: right;"><span style="color: #000000;">Avec Alain Morice</span></h2>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), chercheur à l’Urmis (Unité de recherche Migrations société, université Paris Diderot), membre de l’association Migreurop (http://www.migreurop.org)</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;"><br />
</span></span><span style="color: #c00000;"><span style="font-weight: normal;"><em><strong>Le 9 juin aura lieu une votation sur un nouveau durcissement de la Loi sur l’Asile. Un de plus, et qui en préfigure de nouveaux, d’ores et déjà en discussion au Parlement</strong></em></span><span style="font-weight: normal;"><em><strong>.</strong></em><br />
</span></span><span style="color: #c00000;"><span style="font-weight: normal;"><span style="font-style: normal;">Dans ce cadre, nous proposons d’avoir une réflexion sur ce qui se passe au sein de l’Union européenne, en compagnie d’un chercheur reconnu : quelles sont les politiques en matière de migration au sein de l’Union européenne ? Quelles orientations ? Quelles conséquences, et quelles alternatives promouvoir ?</span></span></span></p>
<address style="text-align: center;"></address>
<address style="text-align: center;"><span style="color: #c00000;"><span style="font-weight: normal;"><span style="font-style: normal;"><span id="more-9695"></span><br />
</span></span></span></address>
<address style="text-align: left;"></address>
<address style="text-align: left;"><span style="font-style: normal;"><span style="color: #000000;"><strong>Fribourg</strong> : lundi 13 mai à 19h30, au Centre Fries (Rue G. Techtermann 8 )</span></span></address>
<p><span style="color: #000000;"> <strong> Lausanne</strong> : mardi 14 mai, à 20h, à Pôle Sud, (Flon, Rue J.-J. Mercier 3)<br />
<strong>Genève</strong> : mercredi 15 mai, à 20h, à la Maison des Associations (Salle Dumont, 15 Rue des Savoises)</span></p>
<p><strong><strong><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;">A lire sur le sujet:</span></span></strong></strong></p>
<ul>
<li><span style="color: #000000;">Tract et argumentaire <em><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=8109" target="_blank">Non à la révision de la LAsi!</a></em></span></li>
<li><span style="color: #000000;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=7958" target="_blank">Pourquoi nous participons au référendum</a> paru dans <em>L’Anticapitaliste</em> n°78</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=7767" target="_blank">Droit d’asile liquidé ? </a>paru dans <em>L’Anticapitaliste</em> n°77</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=7138" target="_blank">Révision de la Loi sur l’asile : la honte !</a> paru dans<em> L’Anticapitaliste </em>n°72</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=4880" target="_blank">Vols spéciaux – De faux débats pour camoufler un vrai antagonisme… de classe</a> paru dans<em>L’Anticapitaliste</em> n°55</span></li>
<li><span style="color: #000000;"><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=7284" target="_blank">Rester là, quoiqu’il en coûte…</a>, témoignage d’une lectrice de<em> L’Anticapitaliste</em></span></li>
</ul>
<p><strong><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=7974"><span style="color: #000000;">Revue de presse et informations supplémentaires</span></a></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/04/GA_Conf_Morice_A5.pdf"><img class="alignleft size-large wp-image-9810" title="GA_Conf_Morice_A5" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/04/GA_Conf_Morice_A5-580x822.jpg" alt="" width="580" height="822" /></a><br />
</strong></p>
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		<title>Vidéo de la manif NON au pillage des matières premières!</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 23:27:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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		<description><![CDATA[
Vidéo réalisée par Kevin Seisdedos
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			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/_HuUyJiKMyY" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Vidéo réalisée par Kevin Seisdedos</p>
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		<title>Lettre ouverte au comité unitaire de la manifestation NON au pillage des matières premières!</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 22:14:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilisation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Chères et chers amis-e-s et camarades,
par la présente nous aimerions revenir en quelques points sur la manifestation du lundi 15 avril contre le sommet mondial des matières premières. Dans le but notamment de rebondir sur une critique qu&#8217;on a pu entendre concernant notre irruption en direction du palace, selon laquelle « lorsqu&#8217;on est dans une manifestation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Chères et chers amis-e-s et camarades,</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">par la présente nous aimerions revenir en quelques points sur la manifestation du lundi 15 avril contre le sommet mondial des matières premières. Dans le but notamment de rebondir sur une critique qu&#8217;on a pu entendre concernant notre irruption en direction du palace, selon laquelle « lorsqu&#8217;on est dans une manifestation organisée par un collectif unitaire, on n&#8217;entreprend rien qui n&#8217;ait pas été décidé collectivement à l&#8217;avance par ce collectif ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Même si nous admettons qu&#8217;il aurait fallu mieux se coordonner « avant et pendant », nous estimons aussi que sans une certaine spontanéité on ne va pas loin dans ce genre de situation et qu&#8217;il est justement précieux de savoir s&#8217;adapter pour profiter des opportunités qui s&#8217;offrent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Comprenons nous : lorsqu&#8217;on arrive à 1000 devant un palace remplis de celles et ceux qu&#8217;on dénonce comme criminels (« la faim est faite de main d&#8217;homme ») et qu&#8217;on apprend avec surprise qu&#8217;il n&#8217;y a que 10 policiers postés dans le parc, il est plutôt positif que quelques un-e-s prennent assez vite l&#8217;initiative de se diriger en direction de l&#8217;entrée. Respecter la légalité dans laquelle il est compréhensible qu&#8217;un collectif unitaire large (et notamment les personnes qui « donnent leur nom » à la police) soit forcé de s&#8217;inscrire ne doit pas nous mener à la paranoïa.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les objectifs de telles manifestations divergent de ceux d&#8217;une manifestation de salarié-e-s sur les retraites publiques ou d&#8217;étudiant-e-s contre la hausse des taxes, par exemple. Il ne s&#8217;agit pas ici de construire un rapport de force direct en espérant arracher des réformes immédiates. Ce ne sont pas nos cris et nos discours qui vont leur faire arrêter leur business. Les démonstrations comme celles de lundi ont plutôt une fonction symbolique, et servent à mettre en lumière ces réalités dégueulasses pour tenter de stimuler des débats et discussions sur la question. Dès lors c&#8217;est d&#8217;autant plus important de faire le plus de bruit médiatique possible, pour autant qu&#8217;il ne desserve pas la cause. Dans ce cas concret, un débordement pacifique mais déterminé nous semblait légitime et réalisable :</span></p>
<ul>
<li>le flot des manifestants aurait sans problème pu entrer dans le hall de l&#8217;hôtel pour faire un sit-in de protestation sans avoir à se confronter violemment avec une police absente (du moins avant que les fourgons n&#8217;arrivent). Ce coup d&#8217;éclat aurait eu beaucoup plus de retentissement et aurait mieux achevé le but pédagogique de conscientisation que nous avions.</li>
<li>contrairement à ce que certains ont prétendu, le risque qu&#8217;il y ait de la casse sérieuse et nuisible n&#8217;était pas réel, comme c&#8217;était le cas à Genève il y a quelques années lors d&#8217;une manifestation contre l&#8217;OMC. Par ailleurs, la place d&#8217;un service d&#8217;ordre et des « personnalités » aurait été d&#8217;être à l&#8217;intérieur du parc, en première ligne pour nous protéger face la police et avancer pas à pas vers l&#8217;hôtel plutôt que de dissuader les gens de rentrer. Un service d&#8217;ordre doit avoir pour but de faire respecter la légitimité d&#8217;une action (et nous estimons qu&#8217;elle l&#8217;était) et non vouloir assurer aveuglément et à tout prix sa légalité.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les contraintes de la police ou de la presse (de « l&#8217;ordre »), c&#8217;est une chose, qu&#8217;il faut bien sûr prendre en compte. Mais les transgresser n&#8217;implique pas toujours d&#8217;être qualifiés de terroristes. Par exemple, à Berne en juin dernier lorsque 10&#8217;000 jeunes se sont retrouvées pour manifester et faire une fête sauvage qui a duré toute la nuit pour défendre la vie nocturne, la police n&#8217;avait tout simplement pas les ressources pour intervenir, bien que ça n&#8217;ait pas dû leur plaire. Les partis politiques, UDC compris on dû admettre (même s&#8217;ils déploraient les déchets) que les jeunes avaient raison dans leurs revendications et personne ne condamna la manifestation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous pensons vraiment que nous avons raté une belle occasion d&#8217;entrer dans l&#8217;hôtel et d&#8217;entraver temporairement le bon déroulement du sommet, ce qui aurait eu un réel retentissement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Pour ces raisons, nous adressons nos critiques à celles et ceux qui ont, par leur intervention au micro ou par d&#8217;autres moyens, contribué à empêcher les choses de se dérouler ainsi, alors qu&#8217;il y avait la légitimité et le nombre pour y parvenir.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Cette initiative, que nous n&#8217;avons pas été les seuls à prendre, aura néanmoins permis de pouvoir réaliser l&#8217;action « Occupy Beau Rivage » dans les jardins du Beau Rivage et non pas de l&#8217;autre coté de la route, comme cela était prévu initialement, même si, et c&#8217;est regrettable, certain.e.s se sont désolidarisé.e.s.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous sommes bien évidemment ouverts à des discussions sur ce type de situation afin d&#8217;arriver (espérons-le!) un jour à mieux se coordonner dans l&#8217;espoir de faire sortir le mouvement altermondialiste de sa situation de faiblesse actuelle, ce que notre collectif unitaire à commencé à faire. De ce point de vue, la présence et la participation active d&#8217;une « nouvelle génération engagée » est positive. C&#8217;est bien là le point positif sur lequel il nous faut toutes et tous prendre appui pour la suite.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nous vous prions de recevoir, cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades, nos salutations militantes et anticapitalistes,</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">la GA Lausanne</span></p>
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		<title>Politiques néolibérales et effondrement de l’Etat malien</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 21:55:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Dette]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Ugo Palheta


La déliquescence de l’Etat malien vient de loin : elle plonge ses racines non seulement dans la capacité de l’impérialisme français à maintenir son emprise, malgré la conquête de l’indépendance politique en 1960, mais aussi dans les politiques brutales imposées depuis les années 1980 par ce bras armé du capital occidental que sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong><span style="color: #000000;">Par Ugo Palheta</span></strong></em></p>
<div id="main" style="text-align: justify;">
<div id="node-36757">
<p><em><span style="color: #c00000;">La déliquescence de l’Etat malien vient de loin : elle plonge ses racines non seulement dans la capacité de l’impérialisme français à maintenir son emprise, malgré la conquête de l’indépendance politique en 1960, mais aussi dans les politiques brutales imposées depuis les années 1980 par ce bras armé du capital occidental que sont les institutions internationales – au premier rang desquels la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).</span></em></p>
<p><strong><span style="color: #000000;">« Ajustement structurel »… aux exigences du capital</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;">Si le néolibéralisme s’est manifesté dans les pays riches du centre à travers des régressions sociales imposées aux travailleurs (en termes de salaires, conditions de travail, protection sociale, services publics, etc.), c’est sous la forme de plans d’« ajustement structurel » qu’il s’est présenté dans les pays périphériques ou semi-périphériques : en Amérique du sud et en Afrique dès les années 1980, en Asie du Sud-est dans la deuxième moitié des années 1990.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« Ajustement structurel » est une de ces expressions qui composent la langue de plomb des institutions internationales, largement dominées par les puissances occidentales. Derrière la croissance économique – toujours à venir – que ces institutions font miroiter, il s’agit en chaque cas d’imposer l’ajustement des pays pauvres aux exigences des capitalistes et puissances du Nord. Cherchant à toute force à rétablir leurs taux de profit, ces derniers ont évidemment vu dans les pays dominés un terrain de chasse favorable à leurs intérêts.</span></p>
<p><img class="alignright size-medium wp-image-9785" title="neoliberalism" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/04/neoliberalism-300x254.jpg" alt="" width="300" height="254" /><span style="color: #000000;">Il s’agissait ainsi pour eux d’intensifier l’exploitation des pays du Sud, qui n’avait jamais cessé, malgré la conquête par les peuples colonisés de l’indépendance politique. En effet, à la domination directe propre au colonialisme avait succédé la domination indirecte caractéristique du néocolonialisme. Fondée sur une collaboration étroite entre la bourgeoisie impérialiste, soucieuse du maintien de l’ordre dans les zones qui demeurent sous son influence, et la bourgeoisie des pays semi-coloniaux, chargée d’imposer cet ordre (et rétribuée grassement en échange), cette domination indirecte a pu (et peut) s’avérer tout aussi brutale que la domination coloniale.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Néanmoins, dans un certain nombre de pays, des nationalisations, parfois importantes, avaient pu être opérées, limitant partiellement l’emprise des puissances occidentales. Dans le cas du Mali, les nationalisations réalisées sous Modibo Keita dans les années 1960 étaient largement considérées par les Maliens comme des « acquis du peuple »[<a id="nh1" title="Rappelons d’ailleurs que Modibo Keita fut déposé en 1968 par un coup (...)" rel="footnote" href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28494#nb1">1</a>] ; ainsi du monopole du commerce extérieur sur un grand nombre de denrées alimentaires, à travers la SOMIEX, qui s’était substituée aux compagnies coloniales et visait à stabiliser les prix au sein du Mali.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est à s’approprier ces conquêtes qu’ont travaillé les puissances occidentales dans les années 1980 et 1990, en s’appuyant sur les institutions internationales. En effet, les politiques d’« ajustement » imposées par ces institutions se sont notamment traduites au Mali par des privatisations massives et des coupes dans les budgets publics, qui ont laissé l’économie et le peuple malien exsangues.<br />
</span></p>
<p><span style="font-weight: bold;"><span style="color: #000000;">Le chantage de la dette</span></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: bold;"> </span>Afin de rétablir une tutelle intégrale sur l’économie des pays du Sud, les puissances occidentales ont notamment usé d’un instrument particulièrement efficace de destruction des services publics et des systèmes sociaux (même limités) : la dette. Comme en Grèce aujourd’hui, cet instrument leur a permis d’imposer un chantage scandaleux à des peuples évidemment hostiles à la mise en coupe réglée de leurs ressources[<a id="nh2" title="Voir les travaux du CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du (...)" rel="footnote" href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28494#nb2">2</a>].</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Outre le franc CFA (FCFA), lui-même instrument de domination monétaire des ex-colonies de l’Etat français[<a id="nh3" title="Sur ce point, voir l’article de Jean Nanga, « FrançAfrique : les (...)" rel="footnote" href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28494#nb3">3</a>], le mécanisme de la dette permet en effet aux puissances occidentales de contrôler l’économie de ces pays, dans une logique évidente de recolonisation. En ce qui concerne le Mali, la dette s’établissait en 1968 à 55 milliards de FCFA, pour atteindre 1766 milliards en 2005 ; ainsi a-t-elle été multipliée par trente en un peu plus de 30 ans.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En 1992, quand Alpha Oumar Konaré parvient au pouvoir et qu’est engagé un processus de démocratisation du pays, l’Etat malien est ainsi supposé rembourser une dette de 3 milliards d’euros, ce qui correspond alors à peu de choses près au PIB du pays. Comment s’étonner, dès lors, qu’une partie essentielle des recettes fiscales – 60 % selon un article du magazine Basta ![<a id="nh4" title="Eros Sana, « Mali : les véritables causes de la guerre », http://www.bastamag.ne" rel="footnote" href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28494#nb4">4</a>] – ait servi, pendant de nombreuses années, à rembourser cette dette, au pur profit des puissances et banques occidentales.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Certains rappelleront, pour nuancer ce détournement de fonds légalisé, que le G8 a décidé en 2005 d’annuler une partie de cette dette (preuve au passage que le paiement ou l’annulation d’une dette est toujours, pour un Etat, une question de choix politique et de rapport de forces). Mais outre la mobilisation large qui a rendu possible cette annulation, il est probable que les puissances l’aient décidée dans la mesure où le fardeau était devenu trop lourd et menaçait la perpétuation même du système en question. Pour continuer à faire payer un débiteur, individu ou Etat, encore faut-il que ce dernier soit maintenu en vie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Comme partout ailleurs, le chantage de la dette a permis aux créanciers, non seulement de priver les peuples du Sud de toute influence véritable sur les choix de politique économique dans leurs propres pays, les créanciers faisant la loi (parfois au sens propre de l’expression, comme on le voit en Grèce ou au Portugal actuellement), mais également de les contraindre à « ouvrir » leurs économies. Là encore, le mot d’ « ouverture » permet de masquer la violence d’une politique qui consiste toujours à livrer en pâture l’économie des pays pauvres au capital.</span></p>
<p><span style="font-weight: bold;"><span style="color: #000000;">Paupérisation, destruction des cultures vivrières et privatisations en cascade</span><a href="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/04/neoliberalwomen.jpeg"><img class="alignright size-medium wp-image-9786" title="neoliberalwomen" src="http://www.gauche-anticapitaliste.ch/wp-content/uploads/2013/04/neoliberalwomen-300x363.jpg" alt="" width="300" height="363" /></a><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">S’il est extrêmement juteux pour les capitalistes, le mécanisme de la dette a pour propriété essentielle d’étouffer dans l’œuf toute possibilité de développement économique, puisque les ressources fiscales qui pourraient être utilisées pour financer la construction d’infrastructures ou l’achat de machines permettant l’accroissement de la production et des échanges internes aux pays du Sud, sont systématiquement détournées vers le remboursement d’une dette odieuse et injuste, car issue en bonne partie de la colonisation.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une autre conséquence du chantage de la dette a consisté dans la réduction drastique des cultures vivrières au profit d’une agriculture tournée vers l’exportation et fortement spécialisée. Ainsi les pays du Sud deviennent-ils fortement dépendants d’une monoculture, mais également des cours du marché mondial, auquel ils sont intégrés à marche forcée (via le conditionnement des prêts du FMI). Dans le cas du Mali, c’est le coton qui a joué ce rôle de principal produit d’exportation, puisqu’il représentait en 2000 pas moins de 47 % des revenus d’exportation du pays.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cela permet en retour aux produits étrangers d’envahir le marché des pays du Sud, en concurrençant (et en appauvrissant) les producteurs locaux, contraints dès lors au sous-emploi ou de se reconvertir dans la monoculture. Comment imaginer qu’un paysan du Mali puisse jouer sur le même tableau qu’une multinationale du Nord gavée de subventions publiques ? Le résultat évident de cette politique, c’est la paupérisation de vastes segments de la population malienne, à tel point que le Mali se classait en 2011 au 175ème rang sur 187 pays en termes de développement humain[<a id="nh5" title="Pour plus de détails, voir Jean Batou, « Mali : refuser la géopolitique du (...)" rel="footnote" href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28494#nb5">5</a>].</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’autre conséquence cruciale, ce sont les privatisations en cascade qui accompagnent toujours les plans d’« ajustement structurel ». FMI et Banque mondiale sont en effet passés maîtres dans l’art d’imposer, au prétexte du paiement de la dette, la vente à prix bradés d’entreprises publiques. Or ces privatisations engendrent immanquablement une détérioration non seulement des conditions de travail mais du service proposé, et privent les Etats de tout moyen d’intervention dans la vie économique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi la distribution d’électricité au Mali passe-t-elle aux mains du groupe Bouygues en 2000, avant que l’Etat malien – devant le scandale de prix devenus exorbitants – prenne la décision de racheter ses parts à Bouygues, moyennant plusieurs centaines de millions d’euros. De même, dans le secteur du textile – qui emploie une grande partie de la population active malienne – c’est le groupe français Géocoton qui a raflé la mise. Dans la téléphonie s’opposent deux groupes : l’un contrôlé par Orange (Ikatel) et l’autre – la SOTELMA – qui est en cours de privatisation et devrait finir dans l’escarcelle de Maroc Telecom, entreprise elle-même contrôlée par… Vivendi.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans le secteur du rail, la privatisation d’un patrimoine dont la valeur est estimée à 105 milliards de FCFA a été réalisée pour 5 milliards, au profit du consortium franco-canadien Canac-Getma et, malgré des mobilisations importantes des travailleurs et de la population, s’est traduite par la suppression de deux tiers des gares, le licenciement de 612 cheminots et la destruction de certains de leurs acquis sociaux. En ce qui concerne l’or malien, l’extraction et la gestion en a été privatisée sous l’influence de la Banque mondiale et c’est Bouygues qui en est devenu acquéreur, à travers sa filiale la SOMADEX.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est dans ce contexte d’une domination croissante du capital étranger sur l’économie malienne, d’un délabrement des services publics et d’un accroissement des inégalités, qu’il faut comprendre l’affaiblissement, et même l’effondrement, de l’Etat malien dans la période récente. A travers l’intervention militaire de l’Etat français, l’impérialisme prétend donc apporter une solution à un problème qu’il a lui-même contribué en grande partie à créer. Car, sans même parler ici de la déstabilisation de la région induite par l’intervention occidentale de 2011 en Libye, il apparaît évident que l’audience acquise par l’islamisme, au Sahel et ailleurs, plonge ses racines dans la misère imposée aux peuples et la négation de toute souveraineté populaire. Celles-ci sont les effets inévitables des politiques néolibérales mises en œuvre par les institutions internationales, elles-mêmes sous domination des puissances occidentales.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Article publié dans : <a href="http://www.npa2009.org/taxonomy/term/2651">Revue Tout est à nous ! 42 (avril 2013)</a></em></span></p>
</div>
</div>
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